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ET DANS LES LARMES DE CEUX QUI VIVENT, JE LAVE LE SANG DES ▬▬ MARTYRS ▬▬
‣ S03E04 petit spoiler
La nuit était tombée sur la vaste plaine, donnant aux arbres plantés en son centre une allure de créatures de l'ombre. Telles des tâches d'encre difformes, ils étendaient leurs branches semblables à des griffes sur la toile autrefois paisible qu'était la voie lactée. Et, au cœur des entrailles du bosquets, des gémissements de douleur s'élevaient.
— Arrêtez...
Un bruit étouffé suivit d'un autre couinement retentit. Un homme en frappait un autre qui se trouvait adossé contre un arbre, maladroitement étalé sur le sol. Son vis-à-vis et agresseur le regardait sans n'afficher aucune émotion, comme à son habitude.
Après avoir lancé ce coup de pied dans le ventre du soldat qu'il interrogeait, Levi se pencha légèrement vers lui, signe qu'il attendait une réponse et ce, dans les plus brefs délais. Cela allait faire plusieurs heures qu'il l'interrogeait, sans succès. Il était quelque peu agacé.
— Où sont Eren et Christa ? demanda le noiraud de sa voix grave, presque grondante.
Deux jours auparavant, dans l'enceinte même du mur Sina, deux de ses soldats avaient été kidnappés par les membres des brigades spéciales qu'ils fuyaient alors. Ils avaient bien essayé de faire diversion en déguisant Armin et Jean, un jeune homme au long visage, en leurs collègues, sans succès.
Ces deux vies avaient énormément de valeur et devaient être préservées. Du premier dépendait la survie de l'humanité et, de la deuxième, la survie du premier. Autant dire que l'enjeu de cet interrogatoire était sans précédent.
Pourtant, l'homme au sol ne sembla pas le comprendre. Il se redressa quelque peu, restant au sol mais montrant sa détermination au caporal qui lui faisait face en le regardant droit dans les yeux. Ses cheveux gras et encrassés qui lui arrivaient au-dessus des épaules se secouèrent dans ce mouvement.
— Quels braves héros..., commença-t-il d'un ton sarcastique.
Il était assez vieux ou du moins, il semblait l'être. Après le champ de bataille, nul ne parvient à conserver cette innocence caractérisant les civils, tous vieillissent prématurément. C'est l'habitude de côtoyer la mort qui mène les soldats à en apparaître chronologiquement plus proche.
Seul Levi, du haut de ses trente ans, semblait déroger à la règle. Ce dernier regarda d'ailleurs avec dégoût la morve qui dégoulinait sur la barbe en brosse du soldat. Ce pleurnichard est écœurant, songea-t-il sans ne rien laissé paraître de ses émotions.