Oups ! Cette image n'est pas conforme à nos directives de contenu. Afin de continuer la publication, veuillez la retirer ou mettre en ligne une autre image.
𖤓
ET DANS LES LARMES DE CEUX QUI VIVENT, JE LAVE LE SANG DES ▬▬ MARTYRS ▬▬
‣ S04E08 petitspoiler
Depuis plusieurs heures maintenant, le dirigeable se déplaçait dans un silence de plomb. Nul ne parlait du moins, presque. La plupart se contentait de regarder la forme située sous un drap blanc tendu dans la pièce principale.
Dan avait passé un bras autour des épaules de Jean. Leurs dos collés contre la paroi du véhicule, ils rivaient leurs yeux humides sur la défunte, peinant à croire ce qu’il s’était passé tantôt. Cela semblait surréel.
Coincés pour plusieurs heures aux côtés de la femme, ils sentaient que leur cœur ne battait qu’avec douleur dans leur poitrine. Des sanglots étouffés se faisaient entendre aux alentours, notamment à leur gauche où Bosuard serrait de toute ses forces un Conny tremblotant dans ses bras.
Le tatoué se tourna vers Jean. Il savait que celui-ci, même s’il ne le dirait jamais, lui était reconnaissant pour le simple geste qu’il exécutait maintenant. Son bras solidement entouré autour de ses épaules, le maintenant éveillé dans une heure où tout s’effondrait, il lui faisait savoir qu’il ne l’abandonnerait pas.
Lui et sa collègue se sentaient coupables. En cette nuit où tous pleuraient le décès d’une amie chère, ils avaient eu la chance de récupérer celle qu’ils croyaient perdue à jamais. Alors, demeurant aux côtés de ceux qui en avaient le plus besoin, ils se sentaient illégitimes de laisser exprimer leur peine face au corps à jamais endormi.
Seulement, comme s’il avait entendu ses réflexions silencieuses, Jean lâcha soudainement à voix basse sans détourner ses yeux de Sacha :
— Tu as le droit de pleurer, Dan. Elle comptait pour nous tous.
L’intéressé, à ces mots, sentit le creux dans sa poitrine gagner en profondeur. Il pinça fermement ses lèvres entre elles pour retenir le cri rageur qui venait de naitre au plus profond de lui et rabattu son bras libre sur le corps du châtain pour clôturer cette étreinte. Aussitôt, il le sentit se détendre contre son torse et des larmes vinrent imbiber le tissu de son haut.
Là, lové à l’abris des regards, Jean hurlait sa peine au travers de sanglots étouffés. Et le tatoué, jetant un autre regard à la défunte allongée sous ce linge blanc, lâcha une larme tandis que ses épaules se mettaient à trembler.