Représentation du monde

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Hélène rentre tard de son travail. Fatiguée, elle s'avachit sur son canapé, son chat vient la rejoindre, il se love contre elle, demande des caresses. Hélène soupire, le caresse, ferme les yeux et pense. A quoi ? Au monde qui l'entoure. Et qu'est-il ce monde ? Il peut être représenté par une myriade de cartes. Ces cartes qui ont évolué depuis l'Antiquité. Que les nouvelles découvertes, les nouvelles technologies ont changé. Ce n'est plus une petite motte de terre ne s'étendant qu'à ce que l'on voit. Non. Cela va bien plus loin, tellement loin que de nos jours notre monde s'étend à l'espace. Vous vous rendez compte ? Nous, qui nous imaginions être le centre de l'univers, nous sommes bien plus petits que nous le pensons. Qu'un petit point parmi des milliers sur la toile de l'univers. Enfin, c'est ce que les scientifiques et leurs machines disent. Hélène, elle, ne connaît que sa petite région où elle est née, a grandit, étudié puis maintenant y travaille. Elle n'a pas voyagé plus loin que cette région. Enfin si, une fois, pour un voyage scolaire. Elle avait alors regardé ce monde qui s'étendait face à elle - qu'elle ne connaissait qu'à travers des récits, des vidéos – avec les yeux grands ouverts. Ancrant au plus profond d'elle ces images, ces souvenirs si particuliers. Mais le monde comme elle se le représente visuellement n'est pas très grand. Sauf lorsqu'elle regarde toutes ces cartes, ces émissions qui lui apprennent tant de choses, à elle qui ne connaît rien.

En y repensant, il n'y a pas que la représentation visuelle du monde, non, il y a aussi celle intellectuelle. Dans cette représentation on retrouve la panoplie de cultures qui existent. Toutes uniques. Et pourtant la plupart rejetées. Pourquoi ? Tout simplement parce que les gens ne veulent que se contenter de celles qu'ils connaissent, leur cocon de confort, n'acceptant pas une qui diverge de leurs idées. Oui, après tout, pourquoi lorsqu'on peut découvrir un monde bien plus vaste il faut se contenter du petit peu que l'on a. Hélène se le demandait bien, elle aurait tout donné pour s'éloigner de la monotonie de sa petite vie bien rangée et en voir plus sur ce monde dans lequel elle est, sans vraiment le connaître.

Ce monde qui pouvait changer selon les émotions humaines. Une personne transie d'amour ne verrait que les beaux côtés du monde. Une personne dévastée par le chagrin se demanderait ce qu'elle a bien pu faire pour que le monde se retourne contre elle. Une personne envahie par la haine se représenterait le monde comme le gouffre des abysses n'attendant que de le voir sombrer en emportant tout ce qu'il peut dans sa chute. Les Hommes agissent sous l'émotion, Hélène le savait bien. Et selon les sentiments qui la traversent alors sa vision du monde change.

Hélène simple humaine parmi des milliards pouvait-elle dire qu'un jour elle ne s'était pas représentée le monde différemment d'aujourd'hui ? Non. Tout ce qu'on lui avait enseigné, tout ce qu'elle ressentait, influençait son jugement. Ce sont toutes ces différences dans chaque société qui font évoluer le monde, qui le représentent. Ce tout, que peu de monde accepte totalement. On aimerait se représenter le monde dans lequel on vit sans frontière, où les différences cohabiteraient en symbiose, un monde de paix sans guerre pour le déchirer, où les émotions n'altèrent pas le jugement. Cependant, ce sont toutes ces nuances qui le représentent. Des nuances à la fois visuelles et intellectuelles, des nuances que nul ne peut comprendre totalement. C'est ce que se disait Hélène en sombrant dans les profondeurs de son sommeil.


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Texte écrit pour un travail de HLP en première.

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⏰ Dernière mise à jour : Aug 15, 2022 ⏰

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