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ET DANS LES LARMES DE CEUX QUI VIVENT, JE LAVE LE SANG DES ▬▬MARTYRS ▬▬
Péniblement, Emeraude se déplaçait parmi les couloirs sombres du château. En cette fin de journée, la plupart des soldats s’étaient réunis au réfectoire afin de diner mais la jeune femme, après la tranche de pain rancie du matin-même qu’elle s’était forcée à ingurgiter, peinait à se soulager sans ressentir d’immense douleur au niveau de sa plaie.
Alors, bien que cette décision allait à l’encontre des demandes formulées par son frère quant à sa rééducation, la jeune femme avait décidé de ne pas se nourrir autant qu’à l’accoutumée. La sensation que ses coutures allaient exploser à chaque fois qu’elle faisait ses affaires était aussi embarrassante que douloureuse.
D’autant que si elle mourrait des suites d’une telle hémorragie, elle était convaincue de pouvoir compter sur Conny, Jean, Sacha et Ymir pour graver en guise d’épitaphe qu’elle avait pousser son dernier soupir le cul à l’air.
Malgré la teneur des révélations remontant à la veille où s’était déroulée leur expédition, Emeraude ainsi que le reste de ses amis semblaient vouloir garder des sujets frivoles et enfantins en tête. Sans doute discuter d’excréments, déceptions amoureuses et débats sur la vie privée de leurs supérieurs était leur manière de digérer le fait qu’ils avaient consacré trois ans de leur vie à se battre aux côtés d’une traitresse.
Seulement maintenant, la jeune femme se déplaçait seule. A la lueur des torches accrochées à égale distance les unes des autres sur les murs de pierres, elle observait la façon qu’avaient les flammes orangées de projeter leur lueur ondoyante sur la tapisserie rouge aux motifs compliqués étendue sous ses pieds. Et, malgré elle, ses pensées ne cessaient de converger vers un visage précis.
— Connasse, murmura-t-elle simplement.
Elle avait beau se le répéter, repasser en boucle dans sa tête les images de la veille, une partie d’elle restait coincée dans le déni. Quelque part au fond, elle avait compris qu’Annie était une traitresse, que ces deux yeux bleus ne reflétaient point le ciel au-dessus de leur tête mais la tristesse de ceux trahis. Pourtant, tout en surface, s’étendant sur ces croyances en un sol fragile comme du givre à peine formée, l’idée qu’elle avait été son amie subsistait.
Car malgré leur premier affrontement s’étant soldé par une balafre, une épaule déboitée et une cuisse transpercée puis le second où elle aurait, sans l’aide de son supérieur, sûrement perdue la vie, elle ne pouvait s’empêcher de songer qu’elle ne s’était relevée de son combat contre les quinze titans que parce qu’Annie avait maitrisé son poing lorsqu’elle l’avait frappée et ne l’avait qu’assommée. Et ses pensées demeuraient obnubilée par sa transformation. La façon dont le corps de la blonde s’était articulé autour du sien afin de la préserver de l’explosion. Puis le fait que sa plaie au ventre avait été miraculeusement soignée avant l’arrivée de Levi, ne laissant qu’elle comme possible guérisseuse.