Chase le savait, quand on joue avec le feu, on finit par se brûler. Il a atteint sa cible et entre eux, les étincelles ont déclenché un brasier dont les flammes ont tout ravagé sur leur passage. Le désir les a consumés et lorsque la combustion est a...
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Je patiente dans le hall de la maison depuis un moment lorsque Harmonie descend enfin les escaliers. Ses talons noirs claquent contre le sol, sa robe évasée de la même couleur se balance à chacun de ses pas et ses boucles blondes lui tombent devant les yeux.
Quand elle relève la tête pour me regarder, un sourire étire le coin de ses lèvres. Elle est épuisée, aussi bien moralement que physiquement. Je le sais, je le sens, mais cette fois, elle garde la tête haute et ne se laisse plus abattre.
- Tu es prêt ? demande-t-elle en attrapant son manteau. - Pas vraiment mais avons-nous réellement le choix ? - Mes parents ne te connaissent pas, je ne t'en voudrai pas si tu restais ici. - J'ai dit que je viendrai et je n'ai pas pour habitude de ne pas tenir parole.
Elle hoche la tête et, après avoir embrassé Eliott et Mégane, elle ouvre la porte et nous quittons la maison pour rejoindre la voiture.
La discussion que nous avons eue ce matin semble avoir apaisé les tensions entre nous et, étrangement, je ne la sens pas aussi angoissée que ce que j'avais imaginé. Non, elle n'a pas bien pris la nouvelle et oui, je culpabilise toujours autant de l'avoir entraînée avec moi dans mes conneries mais je m'attendais à ce qu'elle parte une seconde fois en courant. Je ne lui ai pas seulement balancé au visage qu'elle était la cible d'une personne, je lui ai confié toute la vérité. Je n'ai pas encore décidé si j'étais soulagé de l'avoir fait ou si je me sentais encore plus mal de la savoir dans la confidence. Parce qu'elle ne s'est pas contentée de rester auprès de moi pour m'écouter, non, elle a fait bien mieux - ou bien pire - elle a décidé de se battre contre Tom avec moi. C'est complètement dingue. Elle veut m'aider, se confronter à un homme qu'elle ne connaît même pas. Et là non plus, je ne sais pas si j'admire son courage ou si je suis effrayé par sa décision.
- Tu es trop silencieux, souffle-t-elle en s'arrêtant à un stop. Tu appréhendes la soirée ? - Est-ce que je devrais ? - Tu n'as rien à craindre de ma mère, je crois qu'elle essaye de renouer le contact. Mon père en revanche... Il y a fort à parier qu'il va passer son temps à dénigrer mes choix de vie. - On rentre quand, déjà ?
Les commissures de ses lèvres se relèvent doucement et je ne peux m'empêcher de soupirer. Nos vies sont sans dessus-dessous, tout part en vrille et pourtant, nous devons continuer à faire comme si tout allait bien. Jusqu'à présent, je parvenais à garder l'équilibre, à marcher le long de la frontière qui divise les deux parties qui composent ma vie : le chaos et la lumière, la folie et la normalité, la criminalité et l'innocence. Je connais un côté par cœur. L'étudiant que je suis n'aspirait qu'à une seule chose : rembourser sa dette pour que son quotidien ne soit plus qu'en une seule partie, loin des armes et des crimes. Tout se passait bien. J'aurais pu y parvenir si je n'avais pas commis une erreur. Depuis que le regard azur d'Harmonie s'est posé sur mes revolvers, tout a basculé. La seconde partie de ma vie, celle que je vivais caché, a traversé la frontière pour empiéter sur celui que je rêvais d'être et pire encore, elle s'est étendue si loin qu'elle a pris le pas sur la vie d'une autre personne.