Chapitre 5

114 15 0
                                    

Elle fut réveillée le lendemain matin par le bruit de la machine à café. Ce simple fait aurait dû la surprendre et la convaincre de se redresser en sursaut du canapé où elle avait finalement passé la nuit. Au lieu de cela, elle s'emmitoufla un peu plus dans le plaid qui le recouvrait, allant même jusqu'à y enfoncer son visage. Elle ne savait pas à quelle heure elle était revenue du cabanon dans le jardin, mais elle était certaine de manquer cruellement de sommeil.

L'odeur du café tout juste prêt la força à ouvrir les yeux peu de temps après et ce fut finalement le bruit d'une tasse déposé sur une surface dure qui la convainquit de sortir la tête de sa couverture. Elle croisa aussitôt le regard de Katsuki, qui eut un mouvement de recul avant de retourner dans la cuisine.

Sayuri aurait pu lui demander s'il lui voulait quelque chose en particulier pour s'approcher d'elle de cette manière, mais toute réflexion fut coupée courte lorsqu'elle vit la tasse de café chaud sur la table basse, tout proche d'elle. Elle sursauta, s'emmêlant dans la couverture pour pouvoir en sortir. Elle n'était pas suffisamment réveillée pour réfléchir correctement à la situation, mais plusieurs choses étaient claires à ses yeux.

Katsuki aimait le café. Au bout de plusieurs jours, ce fait avait été évident. Habituellement, Sayuri se réveillait la première et en préparait aussitôt, de manière à ce que l'hybride en ait à disposition. Ce matin, puisqu'il était le premier levé, il avait fait du café lui-même. Il n'était même pas venu à l'esprit de Sayuri qu'il sache allumer la machine à café, bien que ce ne soit pas d'une grande difficulté.

— Oh, pardon ! s'exclama-t-elle en posant les pieds sur le sol. Je ne me suis pas réveillée à l'heure aujourd'hui...

L'hybride ne dit rien, la dévisageant tandis qu'il buvait une gorgée de sa propre tasse, à l'autre bout du comptoir. Sayuri se concentra alors sur la tasse posée sur la table basse pour l'attirer à elle. C'était exactement le café qu'elle aimait, avec un peu de lait.

Elle était touchée qu'il ait décidé de préparer une tasse pour elle aussi malgré ce qui s'était passé la veille. Il ne faisait aucun doute que si elle n'était pas en état de somnolence, il ne se serait même pas approché d'elle.

— Merci pour le café, lui sourit-elle alors. Et... Oh, tu veux manger quelque chose ? Il faut que je prépare ton petit-déjeuner !

Si faire du café avait été facile pour lui, elle ne savait pas s'il était capable de cuisiner, même s'il l'avait déjà vu faire. Sayuri se débarrassa de son plaid et prit sa tasse en se dirigeant doucement vers la cuisine, suffisamment lentement pour laisser le temps à Katsuki de s'éloigner à son propre rythme. Il contourna le comptoir à l'opposé d'elle, avant de s'asseoir sur le tabouret où il s'installait toujours.

— Est-ce que tu veux goûter à des pancakes ce matin ? Ça ne te lasse pas de manger des œufs tous les matins ? Je peux faire cuire du bacon avec si tu veux !

Elle se tourna suffisamment vers lui pour le voir hocher ou non la tête. Il eut un moment d'hésitation avant de hocher une seule fois discrètement et Sayuri ouvrit le réfrigérateur pour prendre les ingrédients qu'il lui fallait, avant de passer à ceux dans ses placards.

Elle avait besoin d'une partie du comptoir pour préparer la pâte à pancakes, aussi eut-elle un œil sur Katsuki. Ce fut en le voyant porter une main à son cou qu'elle releva doucement les yeux vers lui. Il eut le temps de se gratter un instant le cou avec le dos de la main, avant de surprendre le regard de Sayuri et de tout stopper.

Cela lui faisait toujours quelque chose de voir ces cicatrices circulaires, mais elle pensait avoir suffisamment pleuré et enragé dans la nuit pour ne plus y réagir. Elle était soulagée que sa réaction n'est pas plus effrayée Katsuki que cela. Elle s'était presque attendu à ce qu'il ne veuille plus la voir pendant au moins une journée entière.

Réapprendre à vivreOù les histoires vivent. Découvrez maintenant