Chapitre 14

142 14 79
                                    

❝ Hope ❠

Je le suppliais. Je criais au déni de venir me protéger comme il avait toujours su le faire, mais elle me faisait déjà face, la réalité sous la forme d'un baron de la drogue qui me confirmait être mon géniteur.

— Tu ne me crois pas ?

J'eus un mouvement de recul à l'entente de sa voix, brisant mon état statique des instants précédents. Je répondis durement tentant de me convaincre moi-même.

— Non. 

Je me reculai à nouveau dès qu'il se tourna vers moi. Je ne déchiffrai pas son regard trop occupé à démêler mes émotions qui ne cessaient de se mélanger. Une partie de moi brulait d'espoir face à sa révélation tandis que l'autre mourait de peur.

— Va te laver, tu es recouverte de sang.

— Je vous demande pardon ?

Je ne pus réprimer un sourire excédé sentant que j'étais entrain de perdre le fil de la réalité. Il ne pouvait pas être sérieux.

— La salle de bain est à ta droite, tu y trouveras de quoi nettoyer tout ça.

Il se fout de moi !

J'ancrais mon regard dans le siens y déversant mon amertume. Je fis un pas en avant dans une quête de cacher ma vulnérabilité avant d'affirmer de la voix la plus confiante que je pus avoir.

— Pas avant d'avoir des explications.

Calario avança à nouveau sa main en ma direction. Je m'apprêtais à la repousser mais il me lança un regard se voulant dire que je devais lui faire "confiance". Aussi idiot que tout le reste de mes choix, je le laissais faire

Sa main vint se poser sur mon visage m'arrachant un frisson de peur que je m'efforçais de dissimuler en relevant la tête. Il souleva quelques mèches de cheveux juste au dessus de mon oreille et, encore fois, la réalité s'imposa à moi. Il se décala faisant en sorte que je sois face au miroir au fond de la pièce. Je n'eus pas besoin de regarder pour comprendre.

— Ne l'as-tu donc jamais remarqué ?

Même deux ans après, la cicatrice n'avait toujours pas disparu. J'avais toujours pris soin de la dissimuler avec mes cheveux si bien que je finissais moi même par l'oublier. Je tentais de me persuader qu'il y avait d'autres possibilités pour qu'il puisse être au courant, que peut être ce n'était que du bluff mais le déni refusa de m'aider.

— C'est lié à l'accident, déclarai-je rapidement, en m'éloignant de cet homme.

Je vis un sourire las et à la fois amusé se hisser sur ses lèvres me faisant serrer les dents d'avantage.

— Tu ne me crois pas, ou ne veux pas me croire ?

Je serai davantage les dents, forçant une expression neutre. Son visage en face de moi me paraissait si lointain alors que j'essayai d'y calquer le miens. Je le faisais sans doute dans l'espoir de démentir ses propos mais, aussi infime qu'elle pouvait être, je finis par distinguer une ressemblance.

J'entendis des coups répétés sur la porte me faisant faire volte-face.  Cette dernière s'ouvrit sous l'ordre de mon interlocuteur et mon sang se glaça en reconnaissant celui qui venait d'entrer.

— Qu'y a-t-il Juan ?

Je rivai à nouveau mon regard sur la baie vitrée, fixant la ville de San Diego. Je restai silencieuse, toujours de dos évitant le regard du dénommé Juan.

— Jefe, aviez-vous une réunion de prévue vendredi.

Ces mots vinrent confirmer ce que j'osai encore remettre en doute, me figeant encore plus sur place.

LocuraOù les histoires vivent. Découvrez maintenant