Hope
J'entendais la porte claquer dans mon dos. Le bruit de la serrure vint renforcer mon sentiment d'emprisonnement. Malgré les lumières éteintes, je parvenais toujours à distinguer mon reflet. Je me mis a fixer cette fille devant moi, cherchant désespérément à me reconnaître en elle. Quelque chose brûlait en moi, quelque chose de tout sauf agréable. Je me laissai sentir cette douleur sans lâcher le miroir des yeux. Je voulais la ressentir, plus que tout, je voulais me faire payer. J'ignorai de quel acte précis je voulais me punir, mais plus je regardai cette fille plus j'étais convaincue qu'elle devait souffrir. Elle le méritait plus que n'importe qui.
On m'avait conduite dans cette chambre sous l'ordre de Calario. J'avais tout de suite éteint les lumières, toujours dans cette optique de me punir. Car dans le noir complet, la beauté de cette pièce ne pouvait pas me distraire. M'obligeant encore et toujours à faire face à mes pensées, renforçant toujours plus ce besoin de souffrir . Je me décidai à fermer les yeux, lassée de percevoir mon reflet en face de moi.
C'est ce moment qu'ils choisirent pour refaire surface. Les souvenirs vinrent me heurter de plein fouet. Je voyais ce visage. Cet homme au costume noir, que je pensais avoir rencontré il y a à peine quelques heures. Ses mots que je refusais d'assimiler devenaient impossibles à nier quand tout en lui m'était désormais familier. Ses traits s'allignaient sous mes yeux, réveillant en moi un sentiment que je ne pensais jamais connaître.
J'avais un père.
Ça ne m'avait jamais frappé mais une boule me cella la gorge à l'idée qu'avant ce jour, je n'en avais pas un. Je n'avais pas le moindre souvenir d'enavoir eu un. Mon corps fut secouer de tremblements à cette pensée, et les larmes se mirent à remonter. Je n'arrivais pas à mettre un mot à ce que je ressentais, car malgré la tristesse qui m'envahissait, il y'a avait comme une forme de soulagement en moi. De reconnaissance de pouvoir ressentir ce souvenir. Celui dont je n'avais jamais ressenti le besoin, et qui pourtant était venait de combler un vide dont je ne soupçonnais pas l'existence.
J'avais un père.
Une larme perlait à mes yeux, et sans réellement me contrôler, je me remis à enfoncer mes ongles dans ma chaire. Mon euphorie se mit à disparaître alors que la douleur s'intensifiait sur ma paume. Ma conscience me poussait à arrêter mais c'était plus fort que moi. Aucune larme n'avait coulé contrairement au sang qui vint recouvrir ma main.
"On ne pleure pas chez les Lopez"
Pour la toute première fois depuis l'accident je me revoyais enfant. Tout était flou et je ne comprenais à peine le contexte. Ces mots cependant résonnaient clairement dans ma mémoire.
"Ça faisait mal mais, Papa allait être fier de moi..."
J'avais un père.
Soudain la réalité me frappa. Cet homme n'était pas uniquement ce sentiment d'amour inexpliqué qui venait de me prendre. Cet homme était également une source d'effroi. Cet homme était un baron de la drogue. Un homme dangereux. Un homme qui même en ayant aucun souvenir de lui j'aspirai à rendre fier.
J'arrêtai d'enfoncer mes ongles dans ma paume. Ce geste inconscient prenait désormais du sens. Je tentai de revoir ce souvenir dans l'espoir de mieux comprendre. De savoir qui était Cet homme que je jugeais être à la hauteur de rendre mon père fier.
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Locura
General Fiction"Qui suis-je ?" Pas ce qu'elles se demandent dans les films pour enfin être elles-mêmes, ou une autre connerie de ce genre. Non. À ce moment-là, je m'étais vraiment demandée qui j'étais... Comment je m'appelais ... Où est-ce que j'étais ... Qu'est c...