"La froideur de métal transperçait mes vêtements et me glaçait jusqu'aux os. J'étais allongée sur une sorte de table. J'ai tenté de bouger, cependant, mes pieds et mes mains étaient entravés. Un homme s'approcha de moi, mais il m'était impossible de voir son visage. Il tenait dans sa main droite une seringue remplie d'une solution bleuâtre.
— Il faut que ça fonctionne cette fois.
L'aiguille se dirigea vers mon cou et je sentis le liquide envahir mon organisme. Ce n'était rien de plus que quelques picotements aujourd'hui, c'était presque agréable par rapport à d'habitude. Après une minute pourtant, les fourmillements ont migrés vers un point dans mon dos, entre mes omoplates. La douleur fut si atroce que je me suis mise à hurler à plein poumons."
Je me réveillais haletante et en sueur. Depuis quand je faisais des rêves pareils?
Pas le temps d'y penser, il fallait que je me prépare pour aller en cours car je n'étais pas en avance. Un rapide coup d'œil autour de moi me stoppa dans mon élan.
Je devais faire un point là, parce que je n'y comprenais rien.
D'abord, je n'avais aucune idée de comment je m'étais retrouvée à l'infirmerie et ensuite, je faisais de mon mieux pour ne pas pleurer mais je souffrais le martyre. Les élancements de mon songe semblaient m'avoir poursuivis jusque dans la réalité, alors pour le moment, je ne me voyais pas survivre à une journée complète assise sur une chaise.
Il y avait autre chose aussi. Je me sentais vidée et épuisée, comme si j'avais volé un marathon.
Elora n'était pas là, est ce que je pouvais prendre ça comme un bon signe? Je souhaitais vraiment qu'elle aille bien et qu'elle ne se sente pas aussi désorientée que moi en ce moment.
Quelqu'un toqua à la porte et, sans attendre ma réponse, entra dans la chambre. L'homme ajusta ses lunettes sur son nez avant même de me regarder. Il devait avoir la trentaine et devait être l'infirmier puisqu'il portait une blouse blanche.
— Bonjour Sayana, comment te sens-tu ce matin?
Je le regardais avec de grands yeux ronds. Je devais avoir l'air perdu puisqu'il enchaîna:
— Sais tu quel jour nous sommes?
Je fouillais mes souvenirs récents. La dernière image qui me vint à l'esprit, c'était les profs nous expliquant le principe de l'évaluation de sport: une course d'orientation. Cependant, j'avais l'impression que c'était il y a une éternité.
Je fis non de la tête, ce qui raviva mes douleurs, si bien que des larmes se mirent à couler le long de mes joues.
— Tout va bien?
Il n'avait pas l'air méchant ce médecin, je pouvais bien lui parler non?
— Je ne me sens vraiment pas bien, ai-je murmuré entre deux sanglots. J'ai des vertiges et en plus, j'ai atrocement mal au dos, à l'épaule droite et aux jambes. Je ne sais pas comment je suis arrivée ici... Je ne sais pas ce qu'il m'arrive.
L'homme repoussa ses verres en haut de son nez et réfléchit à ma déclaration.
— Laisse-moi voir...
Il quitta l'embrasure de la porte où il se tenait depuis le début de notre conversation et activa son stana.
Capacité de détection donc. Pourvu qu'il trouve ce qui cloche chez moi.
Je ne comprenais vraiment rien à ma situation. J'espérais que ce n'était pas trop grave...
Au fur et à mesure que le médecin déplaçait sa main, des rides se creusaient sur son front. Cela me rendit encore plus anxieuse.
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OtherWorld - 1. Et cognoscetis veritatem
FantasyL'OtherWorld est en guerre depuis plusieurs dizaines d'années. Les enfants ayant perdu leurs parents sont envoyés dans un orphelinat où ils peuvent étudier jusqu'à leurs 16 ans. Sayana n'a aucun souvenir d'avant son arrivée à l'établissement alors...