Chapitre 15

44 7 59
                                    

Nuage d'Hirondelle se réveilla en sursaut. Elle ne savait pas ce qui l'avait réveillée, mais maintenant, elle entendait un petit bruit étrange. Elle se leva silencieusement, et sortit en prenant garde à ne pas écraser une queue au passage. Elle sortit, et observa longuement le fin croissant de Lune visible dans le ciel. Elle sentait le froid mordant et la neige glaciale sous ses pattes, mais pour être honnête elle s'en fichait un peu.

Il n'y avait pas le moindre bruit. Pas même celui du vent. Rien. Juste le silence... la femelle noire et blanche chercha en vain le ce qui l'avait réveillée, mais il n'y avait pas grand-chose.

La nouvelle apprentie était comme dans un havre de paix. Malgré la poudreuse sous ses pattes déjà transies, elle s'assit et contempla les étoiles. Il y en avait plein. Rien ne venait briser le calme ambiant. Elle se sentait si tranquille... comme si rien ne pouvait l'atteindre. Elle était juste là, au milieu du camp, comme si un miracle allait se passer.

Mais finalement, elle se redressa et rentra, où la chaleur de ses camarades apaisa ses tremblements. Elle se roula à nouveau en boule dans son nid, mais elle ne parvenait pas à s'endormir. Nuage d'Hirondelle ne savait pas combien de temps elle était restée immobile à écouter les respirations endormies des autres novices, mais après ce qui lui sembla une éternité le soleil pointa.

La femelle noire et blanche nota avec un certain amusement que la tanière avait été placée de sorte que à l'aube, la lumière pénétrait à flots dans la tanière, et réveillait probablement tout le monde, et elle se demanda si c'était le hasard ou pas. Elle s'assit en baillant bruyamment, tirant du sommeil ceux qui avaient trouvé une astuce pour dormir tranquillement et soupira. Elle fit sa toilette avec quelques coups de langue rapides, et quand son mentor pénétra dans la tanière elle était tout à fait prête pour sa journée.

- Je n'ai jamais vu d'apprentis déjà prêts lors du premier jour, dit-il. Tu as l'air différente des autres !

- Je dois le prendre bien ou mal ? questionna la novice.

- Plutôt bien. Allez, file avaler un morceau, après la journée va commencer. Et ça sera intensif.

La femelle noire et blanche fila vers le tas de gibier, qui ne méritait même plus le nom de tas. Elle prit une entité souris racornie qu'elle dévora en deux bouchées, puis se dépêcha de rejoindre Pelage Vide. Elle sautilla sur place pour se réchauffer et demanda :

- On fait quoi ?

- On découvre le territoire. Et si on est assez rapide, je pourrais te donner une leçon de chasse rapide.

Ils se dirigèrent ensemble vers le tunnel de ronces, et son pente lui donna quelques instructions. Puis, lorsqu'ils se retrouvèrent définitivement dans la forêt, il la prévint :

- Attends-toi à des journées très intensives. Tu dois t'en durcir le plus vite possible, et plus tu apprendras, mieux ça sera. Pour explorer nos terres, on va commencer par découvrir les frontières afin que tu les connaisse, puis on va s'enfoncer plus à l'intérieur. Suis-moi.

Ils se mirent à courir à travers la forêt, et Nuage d'Hirondelle sentit qu'elle aurait toutes les peines du monde à tenir un rythme aussi soutenu. Soudain, son mentor s'arrêta et elle faillit foncer dans son arrière-train, mais s'arrêta à temps. Il lui expliqua :

- Tu vois là les Rochers Acérés. Je te déconseille de grimper dessus, sinon tes coussinets vont finir en sang. Certains les appellent aussi les Rochers Sanglants, car il parait qu'il y a longtemps, ce terrain était convoité par le Clan de la Flamme aujourd'hui disparu, et que cet endroit a été l'objet de nombreux affrontements.

- Alors on n'est pas loin de la frontière ? demanda l'apprentie.

- Oui. Si tu tends bien l'oreille, tu peux entendre le bruit d'une rivière. C'est ce qui nous sépare de la Terre des Exilés. Tu constatera ça par toi-même. Viens.

Ils coururent encore un tout petit peu, et ils arrivèrent ensuite à torrent qui gazouillait joyeusement. La femelle noire et blanche remarqua des pierres qui dépassaient plus loin, et ne put s'empêcher de frissonner à l'idée que des solitaires pouvaient aller et venir sur leur territoire.

- Bientôt, la glace se formera. D'ailleurs, tu peux déjà en voir sur les bords, dit son mentor. Allez, poursuivons.

Ils continuèrent donc, mais Nuage d'Hirondelle avait l'impression que ses pattes faiblissaient déjà. Mais elle s'en fichait un peu. Elle voulait juste servir son Clan le mieux possible, et pour cela, elle devait mettre ses souffrances de côté. Mais elle avait le s'estimait qu'elle s'essoufflait beaucoup trop vite, ce qui lui donna un regain d'énergie. Non. Elle allait tenir le coup.

Puis elle remarqua que si elle courait assez vite, comme depuis tout à l'heure, elle ne s'enfonçait pas dans la neige. Et c'était beaucoup plus pratique ainsi. Elle comprit alors pourquoi Pelage Vide maintenait le rythme.

Ils couraient depuis assez longtemps le long de la rivière, quand soudain son mentor s'en écarta pour s'enfoncer dans la forêt. Presque aussitôt, une affreuse odeur lui chatouilla les narines, et ils s'arrêtèrent peu après, sortant du couvert des arbres. La femelle noire et blanche fronça la truffe en marmonnant :

- Beurk ! C'est quoi cette affreuse odeur ?

- C'est le Clan de la Terre. Nous sommes actuellement assis dans la Clairière. Tu ne dois jamais pénétrer dans la forêt de l'autre côté, car sinon tu enfreindrais la loi.

- Mais lorsque nous quitterons l'endroit, comment savoir où se poursuit la frontière ?

- Alors déjà, tu sens leur odeur affreuse à une bonne dizaine de longueur de queues de renards alors tu ne risque pas de la rater. Et ensuite, dès que nous quitterons la clairière leur territoire se détourne, répondit Pelage Vide. Tu comprends ?

- Oui... bon, on continue ?

- Tu es vraiment une bouée d'énergie. Mais si tu n'as pas besoin de repos, allons-y.

Ils coururent à nouveau, sur une distance assez longue encore. Puis ils quittèrent la forêt et se retrouvèrent dans la lande, où la couche de neige était encore plus épaisse. Heureusement que Nuage d'Hirondelle ne s'enfonçait pas !

Lorsqu'ils s'arrêtèrent, la femelle noire et blanche fut surprise de sentir de la pierre en-dessous de la poudreuse.

- Nous sommes juste à côté des Gorges aux Crocs Pointus. Je te déconseille fortement d'y tomber, car tu y laisserais probablement la vie. J'imagine que tu sens à nouveau l'odeur du Clan de la Terre ?

La novice acquiesça silencieusement. À nouveau, l'odeur dégoûtante s'imposa à elle.

- Ici, nos territoires se rejoignent à nouveau. Et cette portion de territoire est très convoitée en ce moment...alors je te conseille d'autre très prudente quand tu es dans le coin.

L'apprentie hocha à nouveau la tête, et son mentor poursuivit :

- Le reste des frontières, c'est juste la Forêt Perdue. Personne n'aime s'y aventurer, car les renards et les blaireaux ainsi que les solitaires y sont très nombreux. Je te propose maintenant de s'enfoncer un peu plus dans nos terres.

Ils se mirent à nouveau en route, mais cette fois, Nuage d'Hirondelle avait réellement mal aux pattes. Mais pas question de se plaindre ! Elle continua sa route en serrant les dents.

NDA : Juste pour vous prévenir, si j'ai séparé l'exploration du territoire, c'est parce que sinon c'était trop long. J'espère que vous ne m'en voulez pas, et je vous dis à la prochaine !

À la recherche de la vérité - Le Clan Ailé [LGDC] [ABANDONNÉ, PAS DE SUITE]Où les histoires vivent. Découvrez maintenant