Chase le savait, quand on joue avec le feu, on finit par se brûler. Il a atteint sa cible et entre eux, les étincelles ont déclenché un brasier dont les flammes ont tout ravagé sur leur passage. Le désir les a consumés et lorsque la combustion est a...
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Quatre jours. Déjà quatre jours que mon monde a volé en éclats. Encore une fois. Quatre jours que la tempête s'est abattue sur nos vies, emportant tout sur son passage : les rires, les moments de partages, les sourires et la sérénité de notre maison.
Quatre jours que Maï est inconsolable, que nous la regardons sombrer un peu plus à chaque heure qui passe. Ses parents sont arrivés le lendemain de la fusillade et le corps de Linh sera transporté dans sa ville natale pour y être enterré lorsque l'enquête sera terminée.
La maison, notre petit havre de paix, là où je me sentais le mieux depuis le décès de Sophia, est devenu un endroit où règne le chaos et le chagrin. Linh n'est plus là pour nous faire rire le matin, Maï Ly semble avoir perdu la vie en même temps que sa jumelle et Lexie ne sait plus où donner de la tête. Partagée entre la peur que quelqu'un s'en prenne à elle et son devoir d'amie, elle tente de garder la tête haute pour épauler notre colocataire. Mais ce n'est qu'une façade. Je l'ai vue s'effondrer dans sa chambre, tard le soir. Je l'ai entendue pleurer sous la douche. Je l'ai aperçue sécher discrètement une larme qui roulait le long de sa joue. Et dès que James passe pour nous apporter son soutien, elle ne le lâche plus d'une semelle. Elle a peur. Tellement peur. Et je ne peux pas la rassurer parce que je ne sais même pas si elle est encore en danger.
C'était trop pour moi. J'ai affronté des orages un bon nombre de fois, je me suis toujours relevée. Mais pas cette fois. L'ambiance à la maison est trop pesante, le fantôme de Linh me hante la nuit et flotte au-dessus de mon lit, comme un rappel constant que tout est de ma faute. Je ne supportais plus de voir les garçons passer le pas de la porte chacun leur tour, pour s'assurer que nous tenions le coup, mais sans jamais nous apporter la moindre bonne nouvelle concernant l'état de santé de Joe. La culpabilité m'a assaillie. Alors je suis partie. Comme toujours.
C'est chez Ethan que j'ai choisi de me réfugier, loin de tous ces gens que j'ai mis en danger et à qui j'ai causé tant de peine. Il m'a apporté son aide et son soutien et lorsqu'il m'a proposé de passer un peu de temps chez lui, j'ai accepté. J'étais effondrée et incapable de continuer à affronter le regard de Lexie et de Maï en me levant le matin.
J'ai fui, encore une fois. J'ai fui, et sans me battre cette fois-ci. Parce que je n'étais plus capable de le faire.
– Harmonie ? Qu'est-ce que tu fais encore en pyjama ?
Je détourne le regard de la fenêtre pour croiser les yeux d'Ethan. Cela fait déjà trois jours que je traîne dans son appartement. Il m'a laissé son lit, se contentant du canapé, et je n'en suis pas sortie depuis que je suis arrivée. Il m'a apporté mes repas dans la chambre, il m'a obligée à me lever pour aller jusqu'à la salle de bain. Il a prévenu que je n'irais pas au travail cette semaine, parce que j'ai été incapable de le faire moi-même. Il a été là pour moi, tout simplement.
– Allez ma belle, debout. Tu vas rater l'hommage. – J'ai pas envie d'y aller.
J'aimerais argumenter, lui dire que je ne suis pas prête à dire définitivement au revoir à Linh, que je n'ai pas le courage d'affronter les regards de mes amis. J'aimerais lui dire que j'ai peur que Tom m'attende en bas de l'immeuble, peur de revoir Chase et les hématomes sur son visage qui me rappellent tant cette affreuse journée. J'aimerais parler, me confier, mais j'ai la gorge nouée et les larmes retrouvent le chemin de mes joues sans que je ne puisse les retenir.