Chapitre 3 : Capture

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Wanxirys était aussi gigantesque en superficie, que le Palais en son centre semblait minuscule comparé à la ville qui l'abritait, même si le gros hexagone complexe posé sur sa dune pyramidale était titanesque par rapport à tous les autres bâtiments.

Le Palais avait été construit sur une haute bute en partie verdoyante, pour le peu que le territoire hostile de Volgrim le permettait, et ses murs, même de très loin, semblaient impénétrables tant le Palais ressemblait à une forteresse imprenable.

Les nombreuses cheminées des imposantes masures de la capitale crachaient une fumée perpétuelle, grisâtre et clair, qui s'accumulait dans le ciel, ressemblant à la mousse boursouflée d'une épaisse couverture à peine percée par le soleil. Parfois, rarement néanmoins, les rayons parvenaient à franchir les nuages jaunes à gris-argents, en des rais de lumières de faibles intensités, mais d'une chaleur étouffante.

Quant aux rues, ruelles et avenues de la ville, elles étaient similaires à beaucoup d'autres sur Volgrim, semblable à Llorys, mais sans la dangerosité d'Estry. Elles étaient très propres et organisées, tout comme les bâtiments, et il était inutile de se prémunir des coups fourrés tels que les vols ou les trafics, car elles étaient correctement protégées. La preuve en était la tranquillité des lieux, avec sa population et ses touristes presque désinvoltes, leur bourse apparente.

Lorsque Lyre croisa une patrouille pour la quatrième fois, il ne put qu'adhérer à leur utilité, contrairement à Estry où ils faisaient office de tapisserie, et Llorys où leur seule priorité était de dénicher le prince. Les soldats garantissaient la paix dans les cités dont ils avaient la charge, ce qui offrait logiquement villages alentours une tranquillité et un bon équilibre fortement appréciable. Ils étaient menaçants de par leur simple présence, avec leurs armures métalliques et leurs uniformes noirs, mais ils étaient également utiles.

Ses tensions en berne à mesure que sa confiance en lui prenait le dessus sur son anxiété, Lyre finit par ignorer les patrouilles... même s'il ne pouvait s'empêcher de leur jeter de discrets coups d'œil en tripotant nerveusement le médaillon à son cou. Il était toujours d'un tempérament serein et savait contrôler ses réactions naturelles ou ses émotions, mais être si proche du danger ultime de sa vie entière lui filait des sueurs froides. Il avait l'impression d'être piéger par une souricière... Néanmoins, son enquête avait trop d'importance pour se préoccuper de sa propre sécurité. Des vies étaient en jeu, Lyre comptait bien savoir ce qu'il s'était déroulé dans la cité et faire cesser les rapts si par malheur ils se poursuivaient.

En tournant dans une rue, Lyre aperçut enfin le bâtiment qu'il recherchait, un hôtel de passes aux longs étendards rouge arborant une gracieuse colombe. Les indications des passants ne l'avaient donc pas menées sur une fausse piste. Devant l'hôtel, des prostitués hommes et femmes attendaient la venue des clients, ou profitaient d'une pause tabac et alcool avant de reprendre leurs minauderies et galipettes professionnelles.

Lyre grimaça, il savait déjà ce qui l'attendait s'il avait l'outrecuidance d'entrer à l'intérieur. La seule et unique fois où cet événement était arrivé, cela avait été pour fuir une patrouille qui l'avait repérée. Il s'y était réfugié le temps que les soldats abandonnent la traque, mais pour pouvoir en sortir, il avait dû jouer des poings. Il se souvenait encore comment le propriétaire s'y était pris pour tenter de l'emprisonner, en lui faisant contracter une fausse dette à vie qu'il ne pourrait jamais rembourser, acceptant de mentir aux soldats en échange d'une "petite signature" compensatoire sur son obscur contrat magique, écrit en petits caractères.

Lyre aborda un prostitué et lui demanda poliment où il pouvait trouver Dorian, un ancien Colonel reconverti. Un homme d'âge mûr, à la forte corpulence et la haute stature, avec des yeux vert lichen et des cicatrices zébrant son visage et ses bras apparent, répondit à sa place, sortant de l'hôtel de passes.

Les Diamants du DestinOù les histoires vivent. Découvrez maintenant