On m'avait appris que la communication est la clé de tout. Que ce soit dans les études, les relations sociales, le travail et dans la vie en général on m'a toujours aidée à savoir communiquer avec les autres. Je suis alors devenue quelqu'un de très...
Il n'est que vingt-deux heures. Pourtant, nous avons déjà fini de diner et l'ennui commence à m'étouffer de ses questions aussi lourdes qu'insensées. Je pousse ma chaise dans un dur crissement et me lève sèchement en prenant mon assiette. Je me dirige vers l'évier et y dépose mes couverts.
- Adèle ! s'exclame ma mère.
- Quoi ? lui dis-je en feignant l'innocence.
- Evite de te lever comme ça, ce n'est pas poli, me répondit-elle.
- Pardon maman, je peux monter ?
- Oui, vas-y.
Je viens de dépasser mes dix-sept ans et ma mère est toujours aussi collante que quand j'en avais cinq. Je sais qu'elle fait tout cela pour mon bien mais sincèrement, ce n'est pas la peine. Tout ce qu'elle me rabâche a longueurs de journées, je le sais déjà. Et, si je ne fais pas d'efforts, c'est juste que je n'en ai pas envie. J'en fais déjà un énorme pour afficher ce sourire inébranlable devant les autres alors je n'ai pas envie de le faire ici.
Tout le monde y cache quelque chose, derrière ce sourire. Tout le monde, sans exception. Moi j'y cache l'ennui. La lassitude d'une routine inchangée et du dégoût d'une société où les gens ne cherchent plus à comprendre quelqu'un qui s'évince des autres et qui ne sourit plus.
Je me dirige vers l'escalier en marchant doucement pour ne pas éveiller les soupçons de mes parents.
Arrivée en haut des escaliers, je pousse la porte de ma chambre pour y entrer et la referme doucement derrière moi.
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Ma chambre est le seul endroit où je me sens moi-même. J'y passe d'ailleurs le plus clair de mon temps libre.
Je colle mon dos à la porte et soupire. Layla ne va pas tarder à m'envoyer un message. Il est bientôt vingt-deux heures trente, il me reste juste le temps de me doucher. Je prends une serviette propre et file à la salle de bains. Je retire mes vêtements et observe, dans le miroir, ce corps que les gens trouvent si beau mais que je n'arrive pas à aimer, mon corps. Je file dans la douche et ouvre l'eau qui se met à couler sur mon visage. Je me savonne, me rince et me sèche. Je me maquille légèrement, histoire de ressembler à quelque chose et sors de la salle de bains en serviette. J'ouvre mon dressing et attrape un Dickies que j'enfile et retrousse au niveau de mes hanches. Je mets un top blanc et prends ma sacoche Carhartt. J'y fourre des chewing-gums, un billet de cinquante euros et du papier à rouler, Jean les avait oubliés la dernière fois, autant prévoir au cas où.
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