Chapitre 26

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Le soir, pour le dîner, nous étions tous à table à l’exception de Tantie Korotoum, la première femme de Tonton Abdoulaye ainsi que de Tamsir qui était encore à Yamoussoukro pour ses compositions.

─ Pourquoi Tantie Korotoum est absente aujourd’hui ?

─ Elle est malade, répondit mon tuteur.

─ Qu’Allah facilite sa guérison !

─ Amine, répondirent Tonton Abdoulaye et sa deuxième épouse.

Léa, quant à elle, se contenta de me dévisager.

─ Bouba, tu es hypocrite hein ! Dis plutôt que t’es content qu’elle ne soit pas là, me marmonna Habiba à l’oreille.

Je l’avoue, parmi les épouses de l’ami de mon père, je n’aimais que Tantie Maïmouna qui est sa deuxième femme et la seule à avoir des enfants dans la maison. Je n’aimais ni Léa, ni Tantie Korotoum. Je détestais Léa car j’ai trouvé son comportement hautement déplacé. Le fait qu’elle se soit permise de fricoter avec le mari de sa patronne jusqu’à devenir sa rivale était abject. Quant à la première épouse de mon tuteur, je la trouvais aigrie, froide et vicieuse. En vérité, elle ne m’avait jamais rien fait de mal. Mais, elle ne dégageait pas une bonne aura. Cela s’avéra suffisant pour que je ne la porte pas dans mon cœur.

─ Bouba, comment s’est passé ton premier jour à l’université ?

─ Ça s’est bien passé tonton.

─ C’est tout ?! s’étonna Tantie Maïmouna. Est-ce que tu t’es fait de nouveaux amis au moins ?

─ Oui, deux nouveaux amis. Je dirais même trois, rajoutai-je en pensant à Kolo.

Ma tata préférée sourit spontanément pour exprimer sa satisfaction.

─ Est-ce qu’il y a une fille sur laquelle t’as crushé là-bas ? demanda la petite sœur de Tamsir.

─ Crushé ? Ça veut dire quoi ?

─ Tout ce temps que tu es à Abidjan et tu ne sais pas ce que ça veut dire ?! T’es trop villageois. Je reformule : n’y a-t-il pas une go qui a fait trembler ton cœur là-bas ?

─ Hmm…non non.

Elle ne semblait pas très convaincue par ma réponse mais elle n’insista pas.

─ Bouba, il te reste combien dans ton argent ? demanda subitement Tonton Abdoulaye.

Les questions fusaient de part et d’autre. J’avais l’impression qu’on faisait mon procès. La question de mon tuteur me plaça en bien inconfortable posture. Toutefois, je fis l’effort de garder mon calme. Je ne voulais rien laisser paraître.

─ 67500f, mentis-je.

Je n’osais pas lui avouer qu’il ne me restait que 10000f vu que je m’étais offert le luxe de dilapider mon argent du mois pour faire plaisir à des personnes que je ne connaissais ni d’Adam ni d’Eve.

─ C’est bien ça ! Tu gères bien ton argent. Habiba, tu devrais prendre exemple, dit-il en indexant sa cadette.

Après le dîner, je rejoignis Adrien dans la cuisine. J’avais l’intention de lui demander de me garder les restes du repas pour le lendemain. C’est ce que je comptais manger lors de la pause entre les cours vu qu’il ne me restait plus suffisamment d’argent. Je trouvais mon idée assez ingénieuse dans la mesure où non seulement, cela me permettra d’économiser mais aussi de bien manger car les plats d’Adrien sont délicieux.

─ Même si je réchauffe les pâtes demain matin, d’ici la pause-déjeuner, elles seront froides, m’avertit Adrien. Tu es sûr que tu ne veux pas manger un repas chaud à l’université ?

BOO BAH !BxB! Où les histoires vivent. Découvrez maintenant