La bave de l'escargot atteindra-t-elle les blanches pages ? C'est ce qu'on verra !
Ce livre regroupe des avis sur des textes donnés dans le cadre de concours, ou juste comme ça.
Avant tout je tiens à préciser que ceci n'est qu'un avis subjectif, mais j'espère qu'il saura t'aider. Également, toutes les remarques que je fais ici ne veulent pas dire que j'ai enlevé des points : si une critique me semble vraiment subjective, je l'écris quand même au cas où ça te semble pertinent mais je ne retire pas de points pour ça. Une fois les barèmes parus, je pourrai t'indiquer les remarques qui t'ont coûté des points. Si tu n'es pas d'accord avec ce que j'ai dit, si tu as des précisions à apporter ou des questions à poser, n'hésite pas à commenter !
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La couverture est simple mais elle est harmonieuse et fait son effet, on voit tout de suite de quoi va parler l'histoire. Le titre y est un peu difficile à distinguer, le mettre en blanc le rendrait peut-être un peu plus lisible. Je ne sais pas si tu peux y changer quelque chose mais la résolution de la couverture n'est pas très bonne, elle est assez vite pixellisée.
Le titre renseigne sur le thème de l'histoire, mais je le trouve un peu trop... simple peut-être, par rapport à ce que tu développes ensuite. Peut-être pourrais-tu en trouver un qui traduise le choix dont le personnage est privé, la fatalité de son destin... Je ne sais pas du tout, je me dis que ça pourrait apporter quelque chose en plus, montrer un autre aspect de l'histoire par rapport à la couverture.
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Le résumé est vraiment bien, il n'en dit pas trop sur l'histoire mais montre bien qu'on va lire ce qui peut pousser un homme au meurtre et non le récit d'un meurtre en lui-même.
Sur l'histoire en elle-même, j'ai peu de choses à redire. À titre personnel, j'ai trouvé la nouvelle trop courte pour y accrocher, mais ça relève de mes goûts et pas de sa qualité, je l'ai trouvée vraiment bien écrite et saisissante.
La mise en forme est bonne, peut-être pourrais-tu jouer sur la police d'écriture (gras ou italique) pour distinguer les phrases portant sur la mort (les « Elle est tout près », ...), je pense que ça pourrait les mettre en valeur, mais ce n'est pas une remarque négative, juste une suggestion. J'ai relevé deux fautes d'orthographe, « * Vous-même, vous avez le ventre vide » (tiret + virgule) et « Vous * courez les rues avec vos frères », mais en-dehors de ça tout est impeccable.
Le vocabulaire employé et le style d'écriture sont simples et efficaces, permettant de faire passer beaucoup d'informations en peu de mots ; le texte est court mais dense. À cet égard le rappel « Bien sûr, vous êtes pauvre » alors que tu parlais déjà de « misère » plus haut m'a semblé superflu, et donc gênant. C'est un détail mais ça m'a sauté aux yeux comme c'est la seule information répétée, en-dehors du « On ne choisit pas d'être meurtrier » (qui, elle, n'est vraiment pas dérangeante). À part ça, ma lecture a été très fluide. Le style ne m'a pas marquée par lui-même, mais il remplit sa fonction et est adapté à l'histoire.
Le fait de s'adresser au lecteur en désignant par « vous » le personnage principal est plutôt original et correspond vraiment bien à l'histoire, j'ai eu l'impression de voir le personnage se défendre face à ceux qui jugeraient ses actes immoraux, leur expliquer quelles en sont les raisons. Le fait de montrer la mort, d'abord sans la nommer, qui s'approche de plus en plus du personnage apporte aussi quelque chose, on sent la tension monter.
Mais puisque tu montres la tension qui monte, la nécessité de rapporter de l'argent de plus en plus pressante, je pense que tu pourrais montrer une vraie gradation, faire voir la situation du personnage qui se dégrade de plus en plus... Là j'ai eu l'impression que les choses en étaient toujours au même état de misère, donc la nécessité de tuer est compréhensible avec le contexte, mais je pense que je l'ai moins ressentie que si j'avais vraiment vu la situation se dégrader. J'ai eu l'impression de la comprendre mais pas de la « voir » (je ne sais pas si c'est très clair). J'aurais aimé voir l'engrenage de la violence, le piège qui se referme sur le personnage... Je pense que ç'aurait apporté quelque chose, que j'aurais davantage ressenti la fatalité sur laquelle insiste le « on ne choisit pas de devenir meurtrier ». Lorsque tu répètes cette phrase à la fin, j'ai eu l'impression que tu concluais une démonstration ; mais pour moi il y manquait quelque chose, je ne ressentais pas cette fatalité. J'avais l'impression que le narrateur estimait que son récit nous avait amenés à cette conclusion... sauf que je n'avais pas l'impression de la « voir » plus qu'au début de l'histoire. En soi le fait qu'une misère extrême peut nous contraindre aux pires extrémités, c'est quelque chose qu'on sait « intellectuellement » si je peux dire, sans l'avoir expérimenté ; donc pour moi, le but d'une nouvelle comme la tienne est précisément de nous donner une vague idée de cette expérience, de nous la faire ressentir, pour qu'on le sente, qu'on le comprenne au lieu de seulement le savoir.
Cela reste un détail, j'ai vraiment aimé ta façon de raconter l'histoire, le ton un peu accusateur du narrateur, les petites phrases sur la mort qui montrent son avancée inéluctable, son emprise grandissante sur le personnage... Certaines phrases m'ont semblé très expressives, laissant deviner beaucoup de choses en peu de mots : « Vos sœurs ont de belles robes, les joues de vos frères reprennent des couleurs » ; « Après tout, tout le monde est content, à l'exception des morts ».
Je trouve néanmoins un peu dommage qu'on en sache si peu sur ce que ressent le personnage à propos de ses meurtres. On sait ce qu'il en pense, mais on ignore ce que tuer lui inspire, sur le coup, s'il a de la compassion pour ses victimes, s'il finit par s'y habituer voire à y prendre du plaisir, ... C'est quelque chose qui a manqué à ma lecture, ça m'a donné l'impression que la nouvelle se concluait trop brusquement. Ça m'a donné l'impression que tu avais tout construit pour nous amener à la situation finale, où il se retrouve obligé de céder à la mort, mais que tu n'avais pas développé cette situation... Cela m'a laissée un peu frustrée je dois dire.
Pour continuer à chipoter, au cas où cela puisse être utile, je ne sais pas si le « On le devient » est vraiment approprié. Je n'y vois pas vraiment la notion de fatalité ou d'obligation qu'on ressent dans le reste du texte, ce verbe me semble un peu trop général. Après je n'ai peut-être pas compris ce que tu voulais dire.
Mais sinon, ta nouvelle m'a semblé très bien pensée, je ne peux pas vraiment parler d'attachement au personnage puisqu'il n'y en a pas vraiment, mais sa détresse était bien rendue. Elle a un côté très universel, on a l'impression que ça ne se déroule pas dans notre monde ou du moins pas à notre époque (tout dépend de l'endroit où l'on vit, après, je suppose), et quelque part j'ai trouvé que ça rendait l'identification plus facile. Bref bref bref, j'ai vraiment aimé, même si le format n'était pas idéal pour moi, ton texte était impactant.