Aux côtés de Satori, chaque seconde qui passait était asphyxiante. Prendre la parole s'avérait être une rude mission à relever pour le châtain, pourtant il le devait. Il devait lui dire qu'il n'était pas obligé d'attendre avec lui, qu'il avait l'impression de se retrouver au pied du mur, que cela lui donnait d'ailleurs un air de psychopathe fini. Enfin, il n'était pas non plus obligé de lui dévoiler tout cela, ce serait même préférable pour lui de façonner ses propos en bonne et due forme.
- Il a un peu de retard, lança-t-il finalement, tu n'es pas obligé d'attendre avec moi.
Son interlocuteur qui avait jusque là les yeux rivés au sol, planta son regard dans celui d'Oikawa. Son regard était si lourd et amer, il aurait presque eu pitié de lui si un tel frisson ne lui avait pas immédiatement traversé le corps.
- Bien, je vais faire ça. Rentre bien.
Le rouquin lui tourna le dos sans plus argumenter et s'éloigna de lui, si l'effroi ressenti antérieurement par Tooru fut bel et bien chassé, ce ne fut pas par un sentiment de paix mais plutôt par l'immense poids de la culpabilité. Il le savait bien au fond de lui, dans toute cette histoire, ce n'était certainement pas Tendou le monstre.
Plusieurs minutes s'écoulèrent durant lesquelles le cœur de Tooru se permettait, malgré la situation, de bondir à l'approche de chaque voiture. Enfin, vint le moment où la voiture qui s'approchait de lui était celle d'Iwaizumi. Le châtain était toujours tourmenté par les évènements, pourtant, durant un court instant, tout s'était envolé, ainsi, il monta dans la voiture en inspirant une dernière fois cet air si pur et empli d'insouciance. Bien que tout lui retomba dessus l'instant d'après, il se reprit en main et fit mine de rien.
- La prochaine fois prends tout ton temps, ce n'est pas comme si à cette heure-ci les beaux garçons comme moi étaient susceptibles de se faire enlever.
- Ravi de comprendre qu'il y aura une prochaine fois, répliqua le brun au volant, au passage, on n'est qu'en fin d'après-midi.
- Tu ne retiens que ce qui t'arrange, et peu importe l'heure qu'il est, à partir du moment où j'ai faim, c'est que la soirée débute, et là en l'occurrence, j'ai faim. On mange quoi ?
- Donc tu me demandes de venir te récupérer et maintenant tu me demandes ce qu'on mange, rêve toujours si tu comptes démarrer une démarche d'adoption, je préfère prévenir que guérir.
- T'es injuste, ça sonnait bien « papa », j'aurais été prêt à beaucoup de choses tu sais, ajouta-t-il faussement déçu.
- Tant que ça ?
Le sourire malicieux qu'affichait Hajime lui fit réaliser le tournant de la conversation et son ventre se tordit délicieusement lorsque leurs regards se rencontrèrent. Sentant l'air ambiant se réchauffer et brûler ses joues, Tooru ne put faire autre chose que détourner le regard pour le diriger sur les voitures à sa droite qui attendaient également que le feu passe au vert, cela eut pour effet d'amuser le brun qui laissa un rire étouffé s'échapper.
Suite à cela, le reste du trajet se fit dans le silence et semblait si long. Ils arrivèrent enfin en bas de l'immeuble d'Iwaizumi et prirent l'ascenseur avant d'atteindre son appartement. Lorsqu'ils entrèrent, la première chose que demanda Tooru fut l'emplacement du frigo qu'il se précipita d'examiner de fond en comble.
- C'est vide, constata-t-il, ton frigo est vide, il n'y a rien, je risque de mourir de faim d'ici peu si tu ne fais rien pour m'aider.
Iwaizumi se contenta de pouffer de rire avant de sortir son téléphone de sa poche droite.
- Y a-t-il quelque chose de drôle dans ce que je viens de dire ? s'indigna le châtain.
- Ça te va si on commande chinois ?
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Scary Boy [Iwaoi]
Fanfic1095 jours après son départ en Argentine, Iwaizumi retrouve Oikawa qui lui avait fait la promesse de ne pas l'oublier, peu importe le temps et la distance qui s'imposerait entre eux. Cependant, au premier abord il ne semble plus être celui qu'il ava...