« Aurél, tu vas pas le croire, je crois que j'ai trou- »
Il se tut en voyant que le plus jeune s'était endormi en se retournant vers lui. Celui-ci s'était adossé à l'arbre au centre du laboratoire – la nature ayant repris ses droits des siècles auparavant déjà – après la prise de sang et il l'avait regardé tendrement frôler les plantes de ses doigts comme pour jouer avec elles avant de lui tourner le dos pour étudier de plus près son sang au microscope. Il enleva les gants en caoutchouc qu'il avait sur les mains et se leva de sa chaise afin de rejoindre le plus jeune près de son arbre. Il s'accroupit face à lui et l'observa attentivement, un air sérieux sur le visage. J'ai l'habitude des prises de sang. Mais à chaque fois, ça me fait la même chose. Cette phrase que lui avait dit le plus jeune quand il était venu le chercher chez Élias et qu'il l'avait vu vaciller sur ses jambes, au bord du malaise, lui revint soudain.
« Aurél... » l'appela-t-il doucement en portant une main à son visage pour caresser celui-ci.
Il ne savait pas s'il s'était endormi à cause du temps qu'il avait pris – il faisait déjà nuit dehors – ou bien s'il était tombé dans les pommes à cause de cette prise de sang. Il avait été tellement concentré sur ses recherches qu'il s'était même pas préoccupé de lui et de savoir s'il allait bien. Le plus jeune poussa un petit soupir à son contact et il le vit ouvrir les yeux petit à petit, l'amenant à reculer sa main à regret :
« Eh... Comment tu te sens ?
— Guillaume... Tu as... Tu as fini...? Tes recherches... Sur mon sang...? balbutia Aurélien et il hocha la tête, attendri par l'air immensément fatigué qu'il avait encore sur le visage.
— Oui. On rentre ? Je te raconterai tout ça à la maison, ok ? Ce que j'ai trouvé. »
Aurélien le regarda d'un air surpris, puis hocha la tête, et il l'aida à se relever, se doutant pertinemment bien qu'il était bien trop dans les vapes pour ça. Aurélien chancela encore une fois en se levant et lui tomba dessus, ce qui n'était pas pour lui déplaire, ce qui lui fit penser au matin où il s'était réveillé avec le plus jeune dans ses bras, littéralement. Ça avait été bien. Et là, aussi, c'était bien. Aurélien lui, pourtant, se mit à rougir d'embarras et s'excusa aussitôt :
« Dé-Désolé...
— Tout va bien, ne t'inquiète pas. Est-ce que tu penses pouvoir marcher jusqu'à la maison ? lui demanda-t-il et Aurélien hocha la tête, un air gêné sur le visage. Bien... Allons-y alors. »
Il se décala légèrement afin de pouvoir glisser une main sur la nuque du plus jeune et il le sentit frissonner au contact. C'était tellement agréable de l'avoir là, tout près de lui. Et encore plus après ce qu'il venait de découvrir. Comment une telle chose était même possible ?
***
« Et le... chat, c'est ça ? Tu sais aussi ? »
Aurélien releva la tête pour le regarder et une seconde après, son cœur vola en éclat en le voyant lui offrir un petit sourire fatigué. En rentrant, ils étaient directement allés manger, puis pendant qu'Aurélien allait se laver, il était allé nourrir sa mère dans sa chambre, celle-ci ne pouvant pas se lever. Ni même quitter ce lit par ailleurs. Elle était condamnée, jusqu'à ce qu'il trouve une solution. Un traitement, comme disait Aurélien. En sortant de sa chambre, il avait repéré un livre que son père avait l'habitude de lui lire sur la table présente dans sa chambre et s'était approché pour prendre celui-ci dans ses mains. Les animaux du monde. Il avait alors pensé à Aurélien et s'était dit que ça pourrait être pas mal de lui montrer ce livre. Peut-être que ça pourrait lui rappeler quelques souvenirs ? Le plus jeune, quand il était revenu dans la pièce principale, était déjà assis sur le canapé en train de se sécher les cheveux à l'aide d'une serviette et il avait senti un petit sourire apparaître sur ses lèvres, fortement attendri. Il l'avait alors rejoint et Aurélien lui avait souri en le voyant apparaître dans son champ de vision alors qu'il semblait perdu dans ses pensées. Il lui avait proposé de lire ensemble ce livre que son père lui lisait souvent avant d'aller dormir et le plus jeune lui avait lancé un regard surpris, avant de lui dire que ça lui ferait énormément plaisir. Il s'était alors déshabillé pour rester en tenue de lit et Aurélien s'était décalé en le voyant s'approcher du canapé. Il s'était allongé sur ce dernier et le plus jeune l'avait rejoint après avoir hésité un instant sur quoi faire. Puis, il l'avait senti poser sa tête sur son épaule pour être plus confortable pendant la lecture et ce simple rapprochement avait fait grandir une chaleur monstre en lui. Que c'était agréable, bordel. Il l'avait prévenu qu'il ne savait pas si bien lire que ça et que s'il voulait il pouvait le faire lui, mais Aurélien avait dit qu'il préférait l'entendre lui lire l'histoire lui alors il s'était exécuté. Et à mesure qu'ils découvraient les animaux d'avant, il avait demandé à Aurélien s'il savait quels bruits ces derniers faisaient. Et ce dernier savait, imitant chacun des animaux pour lui. C'était absolument fou.
« Mm... répondit Aurélien en hochant la tête doucement. Ça fait... Miaou, si je me souviens bien. Mi-aou... »
Il le vit sourire après avoir fait ce bruit tout simplement adorable et Aurélien ferma les yeux, un air doux sur les traits. Il pensa à ce moment-là à quel point leurs deux bouches étaient proches l'une de l'autre et combien il pourrait l'embrasser seulement en se penchant d'un millimètre vers lui. Il en avait tellement envie, bordel. Pourtant, Aurélien ne lui en laissa pas le temps car celui-ci vint se blottir contre lui en déposant sa tête sur son torse cette fois et son cœur menaça de s'échapper de sa poitrine de nouveau à ça.
« Je me sens bien avec toi, Guillaume... En... sécurité... Jamais... je ne m'étais senti aussi bien avant. » l'entendit-il murmurer.
Il posa une main sur son dos avec délicatesse afin de caresser ce dernier et une seconde plus tard, il sentit son souffle s'échouer de manière régulière sur sa peau, atteignant celle-ci à travers son débardeur. Ses yeux se posèrent sur sa mèche blanche qu'il n'avait remarqué qu'aujourd'hui et il se sentit fondre à la seule pensée qu'Aurélien s'était endormi tout contre lui et qu'il lui avait dit qu'il le faisait se sentir en sécurité. En sécurité. Lui. C'était la plus belle chose qu'on lui avait jamais dite. Et qu'en plus ça vienne de quelqu'un comme Aurélien, qui était un véritable miracle. C'était inimaginable. Alors il le serra un peu plus contre lui, véritablement heureux depuis longtemps.
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Fiction OrelxGringe - Le garçon venu d'ailleurs.
FanfictionAnnée 3000, après la Guerre Civile. En rentrant chez lui après être allé chercher des ressources dans la nature pour se nourrir, Guillaume voit un vaisseau s'écraser et en suivant sa chute, trouve un garçon blessé et inconscient.