Partie 18 - L'histoire part I.

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Il se recula du plus jeune afin d'enlever sa cape et il le couvrit de cette dernière. Il devait le porter jusqu'à la sortie, il n'avait pas le choix, Aurélien étant complètement inconscient. Que ça soit à cause du sang qu'il avait perdu ou à cause de la fatigue, il ne pouvait pas le réveiller maintenant. Il n'eut cependant pas le temps d'aller plus loin que cette pensée qu'il entendit des bruits de pas dans son dos. Il se tourna brusquement vers la porte qui menait au couloir et juste quand il le fit, il vit celle-ci s'ouvrir. Un homme apparut alors et il prit aussitôt une posture défensive, se positionnant devant le plus jeune évanouit dans son dos :

« Tiens donc... Qu'est-ce qu'on a là...? » s'étonna l'homme en haussant les sourcils et à sa voix, il reconnut le scientifique qui était de dos quand il avait entendu cette conversation.

Celui qui avait traité les gens vivant dans les Terres Désolées de vermines et qui avait dit que ce ne serait pas plus mal si le monde explosait à nouveau. Il ne savait toujours pas ce qu'il avait voulu dire par là.

« Vous ne l'approcherez pas. Vous lui avez assez fait de mal comme ça, dit-il sèchement en sortant son arme et l'homme leva les mains devant sa poitrine d'un air surpris en le voyant pointer celle-ci dans sa direction.

— De mal ? Mais ce n'est qu'un retour normal des choses. Pour tout ce qu'il nous a fait subir par le passé. Et puis... c'est un Jug. Il ne ressent rien.

— Taisez-vous ! Je sais parfaitement qu'ils peuvent ressentir, tout comme nous, des émotions ! s'exclama-t-il en pensant soudain à Élias. Arrêtez de mentir, tous ! C'est faux et vous le savez ! Encore plus lui, qui est doté d'intelligence ! »

Il vit l'homme hésiter et il remarqua alors une tache rouge sur sa blouse. Comme... du sang.

« Qu'est-ce que vous avez fait ? Ce sang...

— On va dire que j'ai fait preuve... de persuasion. Je veux utiliser ce Jug pour notre peuple. Pour pouvoir vous soigner, dit l'homme et il comprit qu'il le prenait pour un habitant de la Citadelle à ça.

— C'est faux. Arrêtez de mentir, maugréa-t-il en serrant les dents de colère. Vous ne l'utilisez pas pour soigner les enfants. Vous voulez faire exploser le monde. De nouveau. Je vous ai entendu ! Qu'est-ce que vous avez voulu dire par là ?! Et pourquoi vous dites qu'il nous a fait du mal ?! demanda-t-il et il s'emporta en voyant l'homme hésiter. Répondez-moi !

— D'accord, d'accord... Si tu permets que je lance la vidéo... tu comprendras tout... »

Il hésita en l'entendant parler de vidéo, ne sachant pas vraiment ce que c'était, avant de se rappeler des mots d'Aurélien : je ne me rappelais plus mais ils m'ont montré. C'est à cause de moi que tout ça est arrivé. Ces morts... Il n'avait pas compris ce qu'il avait voulu dire par là mais l'homme avait dit la même chose à son collègue. Il acquiesça sans jamais lâcher le scientifique de son arme et celui-ci s'approcha prudemment d'une sorte de boîte rectangulaire près du mur face au lit d'Aurélien et il le vit appuyer sur un bouton. L'écran de la boîte s'alluma alors et il sursauta légèrement, ne s'y attendant pas. Des images apparurent alors à l'intérieur de la boîte, comme les images dans les livres que son père lui lisait quand il était plus petit mais en plus... réalistes. Et il reconnut Aurélien. Ce dernier était assis sur un lit dans une pièce qui ressemblait fortement à celle dans laquelle ils étaient maintenant, mais il eut l'impression en le regardant qu'il semblait plus jeune. Ses cheveux étaient totalement noir, sans aucune mèche blanche dedans, et à mesure que la vidéo avançait, il voyait un scientifique – toujours le même – le brancher à des câbles, lui parler bien qu'il n'y avait pas de son à la vidéo, faire des expériences sur lui. Et à un moment, il vit Aurélien se débattre et réussir à s'échapper en repoussant fortement le scientifique dans la pièce qui ressemblait à un laboratoire. Il le vit crier et il lui parut même qu'une aura l'entourait alors, comme une bulle prête à exploser. La seconde d'après, la vidéo montrait le scientifique, en sang. Le plus jeune regardait ce dernier d'un air effaré dans l'écran, puis il le vit se mettre à courir hors du laboratoire. La vidéo montra alors des images saccadées comme si ces dernières avaient été choisies soigneusement pour être collées les unes aux autres, et il suivit du regard le plus jeune qui s'échappait à travers les couloirs du laboratoire. Enfin, il le vit ouvrir une grande porte et s'arrêter net dans son élan. La vidéo montra alors ce qu'il voyait et il aperçut des centaines, si ce n'est des milliers, de cadavres ensanglantés au sol. Sûrement les ennemis des Progressistes, se dit-il. Le plus jeune tomba à genoux devant ce spectacle, en pleurs, et alors il le vit se recroqueviller sur lui-même alors qu'il se mettait à crier de nouveau – de douleur de toute évidence. L'instant d'après, une énorme explosion eut lieu, ce qui le fit sursauter, partant de lui, et il vit le laboratoire ainsi que tout ce qui l'entourait s'écrouler au sol. Les arbres et les buissons à ses côtés furent carbonisés, les fleures flétrirent, et les corps disparurent en poussière. Il resta sous le choc de cette explosion, le corps inanimé du plus jeune tombant à son tour au sol, comme sans vie, devant ses yeux. Il entendit un bruit de pas à ses côtés et il se retourna brusquement, pointant son arme sur le scientifique. Il avait failli l'oublier.

Fiction OrelxGringe - Le garçon venu d'ailleurs. Où les histoires vivent. Découvrez maintenant