ᴀɴɢᴇʀ ɪssᴜᴇs
sᴀɴᴢᴜ x ᴏᴄ
•Tiraillé par sa rage, Ary finit par se jeter toute entière dans l'enfer que représente Sanzu.
•Mais, la porte qui retiens cette rage s'avère être bien trop fragile, et bien trop t...
J'ai passé les deux dernières semaines cloitrer chez Sanzu, munit d'un tas de papier, d'adresses de nom, de numéro de téléphone. J'en ai perdu toute notion de temps, dans le noir de cette pièce, volets et rideaux clos, rien ne peu m'atteindre.
Oups ! Cette image n'est pas conforme à nos directives de contenu. Afin de continuer la publication, veuillez la retirer ou mettre en ligne une autre image.
J'ai passé les deux dernières semaines cloitrer chez Sanzu, munit d'un tas de papier, d'adresses de nom, de numéro de téléphone. J'en ai perdu toute notion de temps, dans le noir de cette pièce, volets et rideaux clos, rien ne peu m'atteindre.
Je sombre dans un sommeil perturbé quelques instants quand c'est nécessaire et je garde la tête plongée dans les dossiers le reste du temps. Mes recherches ont porté leurs fruits, je l'ai trouvé, j'ai trouvé ma mère.
Elle a déménagé pour un quartier encore plus miteux que le précédent. Sanzu lui, était rentrée plus d'une fois amoché, c'est dernier temps, cette existence lui mène la vie dure, mais je sais qu'il ne changerait ça pour rien au monde.
Les mains sur le volant de ma voiture, le regard planté sur la route, je saisis ma cigarette fumante entre mes doigts bronzés. C'est vêtu d'une chemise noire, une cravate, et un pantalon également sombre, comme en deuil d'une vie meilleure, que je m'en vais chez ma mère.
Je gare la voiture de sport le long de la barre d'immeuble en question, je laisse mon regard s'égarer dans le rétro ou mon visage livide s'y reflète. Je sors de la voiture, marchant calmement jusqu'à la porte entre ouverte, tant mieux ça m'évitera de sonner.
Je pénètre dans le couloir insalubre, pas d'ascenseur en marche, j'entame ma montée dans l'escalier, mes pas résonne dans la cage métallique, l'air humide et crasseux qui se dégage de cet endroit me répugne, je me surprends plusieurs fois à passer mon bras devant mon nez.
Les lumières automatiques ne fonctionnent qu'un étage sur deux, et quand elles sont allumées, elle clignote, propageant leurs lumières verdâtre sur ces murs humide et froid aux peintures craquelés. J'arrive à l'étage cinq.
Je m'avance face à la porte 13. Je sors la main de ma poche l'apprêtant à toquer. Ma main gauche frôle du bout des doigts les photo gardé au fond de ma poche. Je toque.
Quelques secondes s'écoulent, un doigt sur l'œil de judas, j'attends d'entendre un bruit, un grincement, un mouvement. La poignée s'actionne, la porte s'ouvre dans un grincement glacent, et la voilà, ce visage marqué par le temps, celui de ma mère. Je sens un frisson parcourir ma peau au contact de son regard froid.
"Je suis revenu." dis-je simplement.
Mes mots semblent comme absorbée par la lourdeur de la scène.
Elle hésite quelques instants, je ne sais pas à quoi elle pense, peut-être qu'elle regrette, peut-être qu'elle me voit maintenant, dans un costard qu'elle ne pourrait se payer même en y mettant quelques organes et se dis que faire amie amie avec sa fille ne serais pas une si mauvaise idée.
Elle ouvre finalement la porte, l'appartement en désordre s'offre à mes yeux. Des bouteilles, des cendriers, des déchets, beaucoup de déchets, dans l'évier, sur le carrelage sale, dans le coin de la pièce, au pieds de la poubelle absolument débordante.
Elle tire une chaise de la petite table perdue dans la crasse de cette cuisine, je m'assois face à elle, toujours pas un mot. Je reste là, a observé son regard vide et froid, j'observe la couleur des murs à peine visible, j'écoute le bruit des voisins, le son d'une télé derrière les cloisons, le son des voitures et des engueulades dans la rue.
Quelle triste existence.
"Pourquoi tu es revenue."Demande-t-elle finalement, avachit sur sa chaise.
Son dos est vouté, ses cheveux emmêlés, ses vêtements larges et salles, sa peau ridée et ses yeux fatigués.
"Je suis là pour que tu me dises la vérité sur moi." dis-je simplement, espérant éveiller quelque chose en elle.
Son regard s'assombrit, elle pose ses mains sur la table en soufflant péniblement.
"Je veux que tu me dises qui est mon père, si j'ai des frères et sœurs, et ne me ment plus."
Le silence prend place à nouveau entre nous, elle penche la tête en avant, prenant une grande inspiration, comme prête à se séparer du poids de ses mensonges.
"Tu n'es pas ma fille."Lâche-t-elle..."Je t'ai recueillie, toi et un jeune garçon, ton frangin, quand vous étiez môme, enfin on me payait pour vous garder comme mes deux gosses, ta mère était une prostituée qui ne voulait pas s'encombrer de deux gosses, elle vous avait eu avec un Philippin tué par une petite frappe de quartier..."continue-t-elle.
Mon souffle saccadé se perd dans l'air aqueux de la pièce. Je sens mon crâne implosé sur mes épaules.
"Quand elle a arrêté de payer pour que je vous garde, j'ai décidé d'envoyer l'un d'entre vous en foyer, c'est tomber sur le gamin. Toi, tu es resté avec moi et mon ex. Celui qui était violent." Râle-t-elle d'un air désinvolte. "Vous étiez inséparable, j'ai pas voulu vous mettre ensemble au foyer parce que vous faisiez les quatre-cent coups ensemble, vous étiez violent avec tous les autres gosses. J'ai eu exactement la même discussion il y a une quinzaine d'année avec lui, je l'avais croisé au jeu d'argent..."
Mes souvenirs brumeux se pressent entre les parois de mon crâne pour donner un sens à ses paroles, mais rien, quelques odeurs, quelque image, mais c'est tout.
"Et puis voilà, tu as grandi, et quand il a fallu te faire croire à des frère et sœur, j'ai inventé ces liens avec la famille de mon ex, la famille Sano. Je voyais ça comme une espèce de revanche pour me débarrasser de toi le plus vite possible en t'envoyant là-bas."
La douleur que j'éprouve m'écartèle, je n'ai donc personne au monde ? Je ne suis donc que ce jouet qu'on trimballe de foyer en foyer ? Une larme trace un chemin le long de ma joue, je ne suis pas en colère, pas de rage, je suis simplement triste. Si déçue, je ne suis rien aux yeux de personne, je ne suis la fille de personne, je suis la famille de personne.
"Et... Ce frère ?" je demande tremblante.
"Ben dans mes souvenirs, il s'appelait hmh... Izana."
Le silence prend place en moi, pas de mot pour décrire cette sensation, pas de sens a cette vie, c'est comme si j'étais née hier. Je reste immobile, silencieuse, n'étant traversé par absolument rien. Je suis triste.
Je sors péniblement les trois photos de ma poche, les posant devant ma mère, silencieuse, j'attends d'observer sa réaction, je ne sais pas ce que j'espère, j'aimerais qu'elle me dise que ce n'est pas lui, que mon frère existe peut-être encore sur cette terre, qu'Izana Kurokawa n'est qu'une fausse pistes. Mais non.
Son regard suffit, elle sait, elle sait que c'est lui.
"Il a bien grandi, c'est un beau gars..."Murmure-t-elle la voix tremblante.
"Oui..."dis-je.
Je me lève, reprennent les photos, saluant cette femme qui n'est maintenant plus qu'une étrangère silencieusement, avant de m'avancer vers la porte, jamais, elle ne saura qu'il est mort... Mes pas résonnent dans le couloir puis dans ma tête.
Plus rien, je suis vide, un corps sans vie, une âme sans sœur.