ᴀɴɢᴇʀ ɪssᴜᴇs
sᴀɴᴢᴜ x ᴏᴄ
•Tiraillé par sa rage, Ary finit par se jeter toute entière dans l'enfer que représente Sanzu.
•Mais, la porte qui retiens cette rage s'avère être bien trop fragile, et bien trop t...
La chaleur de sa main réchauffe la mienne, je sens sou souffle s'échouer sur peau froide, il est là, si proche de moi. Je le dévore du regard, debout sûr ce toit, le vent faisant valser mes cheveux blancs dans l'air frais de la nuit. Nos pas se coordonnent pour former une danse silencieuse, le vide anime nos ouïes, nos mains se serrent, il me fait tourner puis me rattrape.
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Son léger sourire me laisse un arrière-goût de douceur, il saisît mes deux mains me regardant fixement.
"Tu sais, à mes yeux, tu seras toujours la première, je l'ai compris le jour où je t'ai croisé cette matinée pluvieuse, ton regard dit tellement de choses..."souffle-t-il.
Je sens une chaleur s'installer au fond de mon cœur qui accélère la cadence me poussant à serrer mes doigts contre les siens. Je me jette à son cou, le serrant le plus fort possible, quelques gouttes de pluie s'abattre sur nous, puis un torrent d'eau froide, nos sourires se perdent sous une pluie battante.
Je souris en continuant de valser l'entraînant avec moi, nos pas, on a maintenant un rythme, celui de la pluie, cette pluie qui pour une fois prends une tournure belle et délicate plutôt que son éternelle parure d'ennuis et de tristesse, mes cheveux blancs se plaquent contre mon front, les siens se rabattent en arrière fonçant légèrement, nous nous perdons dans la petite végétation qui a élu domicile ici, la pluie refroidi notre peau.
Je sens ses doigts glissés contre ma peau trempée, grelottants, nous rentrons dans la cage d'escalier, souriant à pleines dents, dans ses moments où notre personnalité calme et douce fonctionnent à l'unisson, nos tendances psychopathiques et froides restent en retrait comme prête à céder la place quelques instants à la beauté de notre innocence. Ma main serrée dans la sienne, la douleur d'exister s'estompe, le monde est plus calme, plus doux, je dévale les escaliers à ses côtés, sortant de l'immeuble sous la pluie battante qui trempe nos vêtements.
Sanzu passe ses bras autour de mon corps, me serrant comme pour m'empêcher de partir, comme pour me rappeler ce que je m'apprête à perdre. Cette existence funeste ne m'aura donc laisser que lui, celui dont j'ai besoin, celui que j'aime à en crever. Je joins mes lèvres aux siennes, la pluie battante se mêle à notre baiser, son étreinte se desserre avant de me lâcher, je le rejoins dans sa voiture, le regard fiché dans le sien...
Mon corps frison, mon regard se perd sur la ligne pluvieuse de l'horizon, je me laisse bercer, emporté par la fatigue, je ferme les yeux, confortablement installés dans le siège de la sportive. Mon corps s'endort peu à peu, je me sens flotter, bercé par sa voix...
Un courant d'air froid me tire de mes rêves, j'entrouvre les yeux, coucher dans le lit de Sanzu, je l'observe enroulé dans la couette, découverte, je frissonne en me levant, m'avançant vers la salle de bain. Je bâille en marchant péniblement jusqu'au grand miroir depuis lequel j'observe mes cheveux blancs emmêler, mon regard froid me ramène si violemment a la réalité, je dois préparer le début de l'assaut.
Depuis quelques jours, le Wukong est considéré comme égal du Bonten, la panique a envahi nos rangs, dans quelques jours, j'assassinerai Shion et mettrais terme à la guerre froide pour engager le conflit. Je perdrais Sanzu, mais je serais enfin le boss à la hauteur du sang d'Izana.
Tout est prêt, le rendez-vous, le lieu, le plan... Je n'ai qu'à venir, le tuer et devenir la femme puissante et influente que je dois être. C'est pourtant si simple, mais je ne peux me soustraire à perdre Sanzu, lorsque l'assaut sera lancé, il saura, il saura que tout ce temps, je trahissais le Bonten que tout ce temps, je réduisais à néant l'avenir qu'il avait passé des années à monter pour nous...
Pardonne-moi Sanzu, je suis sûr que tu peux comprendre ce que je ressens, je dois être au-dessus, en haut, loin devant, je ne peux pas me soustraire à rester derrière, à être secondaire. Je dois être la tête d'affiche, je dois réussir pour mon frère, car lui et moi, on est les mêmes.
Je passe mon visage sous l'eau froide du robinet, mouillant quelques mèches de mes cheveux blancs. Mon regard se plante dans celui de mon reflet.
"Je dois le faire... Je dois me battre..." je souffle appuyé sur mes deux mains.
Je sens que la fin sera funeste... Mais peu importe... Je dois être à la hauteur de mon frère.
Mes pas résonnent dans la ruelle déserte, le sol humide et froid éclabousse mes bottes noires, le bas du visage enfuit dans mon col, les mains dans les poches, j'avance silencieusement dans l'air de ce début de matinée.
Tokyo est bien calme aujourd'hui, tout semble différent, mon souffle est calme, mon cœur léger, tout va bien, et pourtant, je ne peux arrêter d'appréhender, comme si quelques chose allait surgir d'un côté de la ruelle d'un instant a l'autre. Je savoure cet instant, qu'est-ce que c'est rare d'être seule, nous ne sommes jamais vraiment seuls dans cette ville, des gens, partout des gens qui nous entourent, nous enferme, nous oppresse.
Je passe ma langue sur mes lèvres, tentant de percevoir le gout de son baiser, ce baiser qui s'apparente à un adieu. Ce matin, quand je me suis réveillé vers 5 heure pour partir, Sanzu était debout, il disait sentir quelques chose d'étrange, comme un pressentiment... Je me suis dit que décidément, rien ne trompe son instinct, je lui ai soufflé que tout allait bien, que j'avais juste besoin de souffler un peu, je sais qu'il ne m'a pas cru, mais il n'a pas tenté d'insister, il n'a pas essayé de me suivre, je le sais, car j'ai gardé la localisation de son portable sur le mien...
Actuellement, il est dans son café préféré. J'avais joint mes lèvres aux siennes, et pour ce qui semble être la dernière fois, je l'ai serré contre moi. J'aurais voulu en faire plus, lui dire à quel point j'étais désolé, pleurer toutes les larmes de mon corps dans ses bras, mais je n'ai rien fait de tout ça, je suis resté là, face à lui, partagent ce moment en n'osant à peine imaginer le tragique destin qui allait nous séparer.
Mais voilà, maintenant, je dois envisager la suite, le début d'une nouvelle histoire. Tant de vie dans une si courte existence... Je m'installe sur le banc en question, le banc que Shion Madarame avait cité dans son message codé. Il n'est pas encore là, heureusement, je ne me suis pas ménager pour arriver en avance pour rien, je sers la lame de mon arme dans ma poche en serrant les dents.
Shion a une confiance presque aveugle en moi, quand il viendra je ne lui laisserai pas le temps de comprendre, je le planterai avant de le laisser là, dans cette ruelle froide. Sous ma capuche, j'observe la buée se former après chacune de mes expéditions. Les minutes s'écoulent, les quarts d'heure, puis enfin, des bruits de pas retentissent dans la ruelle.
Le voilà, ma victime. Je me lève avant de souffler froidement, me dirigeant vers lui, le visage toujours dans le col de ma veste, je presse le rythme de ma marche, j'avance vers lui, plus que quelques mettre, je serre l'arme dans ma main cacher dans ma poche.
Shion s'apprête à dire quelques chose, mais trop tard, je l'ai déjà percuté, plantant mon arme dans son buste par la même occasion. Il reste muet quelques secondes, je continue ma route m'éloignant de lui, entendant le son de son corps s'écraser au sol.
Ça y est. J'y suis. Je suis en haut, la guerre froide viens de prendre fin. J'avance, déterminer, je pense soudainement à Sanzu, à comment je pourrais retourner sur mes pas, dire que tout ça n'était que pour coincer Shion, que tout ça était pour sauver le Bonten de sa descente aux enfers, mais je sais que je ne le ferais pas, je sais que quoi qu'il arrive, je voudrais être en haut.