Chapitre 21

5 1 0
                                    

21.


Cela fait maintenant deux jours. Deux jours que je n'ai pas parlé à l'animateur. Deux jours que je ne vais pas au club ados. Je ne pourrais dire deux jours que je n'ai pas vu le grand brun car cela serait mentir. En effet je l'ai vu. Mais lui n'a fait que fuir mon regard et m'éviter à tout pris.
Et si cela fait deux jours que je n'ai pas été au club ados ce n'est pas parce que l'envie n'y était pas, même si je dois avouer qu'elle ne fut pas fort présente non plus. La raison pour laquelle je n'ai pas été c'est que mes parents, je ne m'y habituerais jamais, ont décidé d'augmenter le nombre de sorties en famille.
Pas que cela me déplaise, au contraire ce fut vachement chouette. Nous avons visité un château à moitié en ruine, un musée d'art contemporain et nous avons aussi été faire du shopping.
Je me suis acheté deux robes, un top et des nouvelles chaussures. Et, croyez le ou non, ma mère m'a offert une très jolie bague.
Malgré tout cela, je ne vais pas mentir. L'animateur m'a manqué. Je déteste cela d'ailleurs.
Mes pensées sont très, trop, souvent tourné vers le brun et j'ai écris deux poèmes sur lui. Je peux vous dire que ce n'est pas bon signe quant à mes sentiments envers le garçon. Je crains m'être attachée plus que ce qu'il aurait fallu. Mais malheureusement je ne peux revenir en arrière, ce qui est fait est fait.

Le plafond de ma chambre est ce que j'ai vu le plus durant ces deux derniers jours.
Je suis d'ailleurs encore entrain de l'admirer et le petit trou qui s'y trouve commence à m'intriguer plus que nécessaire.

Enfin soit.

Il faut que je parle au garçon. Qu'on
mette les choses au clair. Il faut qu'il me dise clairement qu'il n'y aura plus rien entre nous et qu'il ne ressent rien de plus que de l'attirance physique si je veux espérer tourner la page et me concentrer sur des choses plus importantes qu'un garçon.  
Je vérifie l'heure et me lève sachant pertinemment que la fin du club ados approche.

Une fois arrivé à hauteur de la cour du club, je vois les jeunes ainsi que les enfants commencer à se disperser et à partir.
J'aperçois l'animateur à l'intérieur de la salle entrain de ranger un jeu de société. Je m'approche et entre tout en fermant la porte pour que personne n'entende notre conversation.
L'animateur semble surpris de me voir mais je lis autre chose dans ses yeux que je n'arrive pas à déchiffrer. Quelque chose comme... De la tristesse ?

Serais-ce possible ?

Un faible '' salut '' sort de ma bouche et le garçon n'y répond que très brièvement.

Il continue à ranger la salle sans poser son regard sur moi et sans que je ne sache pourquoi, l'angoisse commence à monter en moi.

- On peut parler ? Dis-je si bas que je doute qu'il ai entendu.


- Je t'écoute. Répond le grand brun sans s'arrêter de ranger.

J'ouvre la bouche mais aucun son n'en sort. Les allers-retours du garçon me perturbe et font monter l'angoisse un peu plus.

- Est ce que tu peux arrêter deux secondes ! Dis-je alors un peu trop brusquement.

Le ton que j'ai pris ne surprend pas que moi étant donné la réaction de l'animateur. Il s'est stoppé net et la surprise peut clairement se lire sur son visage.

- Il faut qu'on parle. Dis-je plus calmement.


- Encore une fois, je t'écoute.

M'interdire c'est m'inciterOù les histoires vivent. Découvrez maintenant