Seven.

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Je n'ai pas mangé le plateau repas que l'on m'a amené à 19h, ni bu, ni rien fais d'autre que de retourner ma chambre à la recherche de mon doudou. Sauf que, non, j'ai appelé ma mère au téléphone , et elle l'a bien malencontreusement emmenée dans le sac de linges quand elle a rangée. Je ne voulais pas être si méchant avec elle mais je lui ai répété qu'elle aurait dû faire plus attention et qu'à cause d'elle je n'aurais pas de quoi me sentir bien. Elle a culpabilisé, beaucoup, elle m'a dit qu'elle ne pourrait pas l'amener pour le moment car son travaille l'en empêchait, je dois vous dire que mon monde s'est écroulé. Pour un bout de chiffon oui. Mais sa représente beaucoup plus qu'un simple bout de chiffon pour moi. J'ai raccroché après qu'elle m'est encore et encore rassurée à sa manière, mais malheureusement cela n'a servit à rien, je me sens si mal, et triste, je suis nul, j'ai 19 ans et je ne peux pas me passer de mon doudou, je n'est personne d'autre à qui j'ai envie de faire des câlins.

Deux coups à la porte se font entendre, et la porte s'ouvre sur Harry.
Encore? Je pense qu'il ne rentre jamais chez lui.

« Louis est-ce qu-, oh? Tu pleures? Qu'est-ce qui t'arrive Louis? » Il s'approche de moi comme pour mieux vérifier mes yeux, oui ils sont remplis de larmes..

Je secoue la tête, seule l'envie de ne parler a personne, de rester dans ma bulle.

« S'il te plaît.. » Il murmure, un peu désespéré, sur le moment je pense ressentir le besoin d'une présence, je me sens si seul.

« Elle est partie avec.. -je renifle en essuyant une larmes coulant sur ma joue- Ma mère est partie avec.. mon doudou sans faire exprès.»
En temps normale j'aurais été plus qu'embarrassé de dire cela à voix haute, mes actuellement mes pensées sont ailleurs.

Harry PDV

Oh.

Alors ce petit bout de chiffon qu'il laissait traîner sur son visage l'autre nuit, c'était son doudou.

Mon cœur me fait douloureusement mal, j'ai beaucoup d'empathie pour les gens, ce n'est d'ailleurs pas facile lorsque l'on est médecin.
Mais à ce moment là, voyant Louis recroquevillé sur son lit, blotti dans son joli gilet bleu, ne laissant dépasser que ses doigts, je ressent encore plus de douleurs qu'en temps normal. Je l'aime bien, il a l'air si fragile à ce moment là, et je me sens juste.. impuissant face à la situation.

J'essaie tant bien que mal de lui répondre quelques chose.

« Oh.. Je comprends, j'ai longtemps eus un doudou moi aussi et-»

Louis me coupe, presque en criant. Je suis d'ailleurs surpris sur le coup. Je parle peut-être trop.

« Non!! Vous ne comprenez pas. » sa voix qui se fait plus douce sur les derniers mots, se craque légèrement. Il se recule encore essayant de s'éloigner de moi le plus possible de moi. Sauf qu'il ne me laisse pas le temps de répondre.
« J'ai 19 ans mais, merde j'en ai besoin plus que tout! J'ai besoin de sa. Vous ne savez pas le vide que je ressent actuellement.. Et.. Mince, désolé de vous avoir crié dessus, vous cherchiez à m'aider et moi je-»

Il commence à s'agiter un peu alors j'agis vite avant que cela ne parte en crise d'angoisse.

« Louis, Louis, c'est bon, c'est ok, il n'y a aucun mal, tu es contrarié et je le comprends parfaitement. » Je m'approche de lui, cherchant son regard, et il lève enfin ses yeux bleus vers moi. Je me rends compte qu'ils ont vraiment une jolie couleur.
Il passe ses mains sur son visages en soufflant, comme pour se redonner du courage.

« Merci. »

« Qu'est-ce que tu dirais de.. manger un peu? Quelque chose dont tu aurais envie? Je sais que la nourriture n'est pas très bonne ici. » J'essaie de lui faire décrocher un sourire, et ça fonctionne, je suis tellement heureux de pouvoir faire sourire quelqu'un même dans une situation comme celle-ci, qui n'est pas facile à gérer pour une personne atteintes de troubles du comportement.

« Un cookie au pépites de chocolat. » Il me dit avec un petit sourire espiègle. Je pense que j'aime le voir sourire, Louis n'est pas un patient comme les autre, j'ai l'impression de m'investir.. un peu plus? Mon cœur se brise chaque fois qu'il est en larme.

« Alors va pour un cookie au pépites de chocolat, je fais vite. »

Il est 23h30, et j'aurais dû rentrer chez moi depuis au moins 1h.. mais je pense que quelque chose me retiens, ou du moins quelqu'un. Je ne trouve pas l'envie de rentrer pour le moment, alors je reste, je n'est pas envie de laisser Louis comme ça, je pense que je me sentirais coupable alors que bon, je ne devrais pas. Mais il a besoin de moi.
Je pense.

Je remonte dans sa chambre, je suis partie à la supérette d'en face, leur cookies sont exceptionnels.

« Régales toi, je t'assure que tu n'en a jamais mangé des aussi bons que celui-ci. »

Il rigole. Son rire est réconfortant, je ne l'avais jamais entendu auparavant.

Il porte le cookie entre ses lèvres pour en goûter un bout.

« C'est délicieux. Merci beaucoup. »

« Ça me fait plaisir. » Et puis on se regarde quelque instant, il a l'air mal à l'aise alors je décide de tourner la tête pour lui parler un peu de son dessin sur son carnet.

-

Ça fait un bout de temps que je suis dans la chambre de Louis, je n'ai pas eus envie de la quitter, et il n'a pas montré de signe d'agacement vis à vis de cela, ni posé de question. Alors je suis resté, car je le voulais.

Il est 1h30 maintenant. Les couloirs sont d'ailleurs plutôt calme, seul le son de la télé se fait entendre dans la pièce, Louis est calme, je le vois d'ailleurs bailler un peu.

« Tu devrais peut-être dormir? » je lui suggère après qu'il est terminé de bailler.

Il secoue la tête immédiatement.

« Non.. Je ne peux pas, je n'y arriverai pas si je ne l'ai pas avec moi. »
Je comprends alors qu'il parle de son doudou, et je ne sais juste pas comment arranger cela, ma tête se tournant vers lui pour essayer de trouver une solution mais je n'en trouve pas.
« Avec sa sur ma tête, j'ai l'impression qu'on me fait un câlin, c'est comme vous peut-être avec votre femme ou copine par exemple, vous avez besoin d'elle lorsque vous vous endormez pas vrai? Eh bien moi c'est pareil sauf que ce n'est pas une personne. »

Son exemple est adorable, et bouleversant à la fois, ce qu'il ne sait pas c'est que je suis célibataire, et surtout pas hétéro. J'ai donc personne pour me faire des câlins le soir.

« Je n'est personne dans ma vie. Mais je comprends tout à fait. Essais juste de fermer les yeux pour te détendre, je vais abaisser la lumière. »

« Oh. Pardon. D'accord. », il semble un peu gêné par ma réponse, mais semble écouter mon conseil. Il s'installe un peu mieux sous ses couvertures, prenant soin de retirer son gilet, ne restant plus qu'en débardeur blanc, je ne dirais rien la dessus.

Après avoir baissé la lumière de sa chambre je m'assois sur le fauteuil près du lit, en scrutant mon téléphone, je ne sais pas pourquoi, mais je souhaite rester ici jusqu'à ce qu'il s'endorme. Je serai plus rassuré.

Je sens du mouvement sur le lit, et Louis se tourne, et se retourne encore, il semble ne pas trouver le sommeil, et je sens qu'il s'agite un peu. Il me regarde les yeux remplis d'épuisement, prêt à se fermer, sa couverture défaite par ses mouvements retiens mon attention, et puisqu'il fait un peu froid, je trouve cela judicieux de lui réajuster jusqu'à son menton.
C'est alors que ma main effleure son avant bras, mais je suis surpris par un petit doigt retenant ma main. Il a les yeux fermé, je ne sais pas vraiment ce qu'il se passe, si je dois la retirer ou non? Alors je tente de le faire car je ne pense pas ce geste soit approprié. Mais il l'a retient, là tirant presque. Alors je ne bouge pas, je reste dans cette position, sa main tenant fortement la mienne, son souffle s'échouant sur la peau de celle-ci, je pense qu'il avait besoin d'affection, d'un repère pour s'abandonner au sommeil.

Et c'est comme cela qu'il s'est endormi ce soir là.

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⏰ Dernière mise à jour : Jul 09, 2023 ⏰

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Centre psychiatrique. [L.S]Où les histoires vivent. Découvrez maintenant