Chapitre 2 : Roue dans roue

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Barheïn, mars 2022.

Lorsque l'avion se pose à l'aéroport de Bahreïn-Muharraq, Adèle est encore à moitié endormie. Maxime a insisté pour qu'elle vienne avec lui en jet privé. L'ingénieure a accepté avec plaisir mais n'a pas beaucoup pu profiter du voyage tant elle était fatiguée. Elle se frotte les yeux, sa tignasse rousse en bataille, et se lève pour récupérer son sac à dos et sa valise. Maxime lui tend un mouchoir.

— T'as bavé, explique-t-il avec un sourire moqueur.

Elle s'essuie le coin de la bouche en râlant avant de descendre du jet. La chaleur la prend à la gorge dès qu'elle pose pieds sur le tarmac. C'est habituel ici, mais ça le surprend à chaque fois.

— Vivement l'hôtel, soupire-t-elle en avançant avec Maxime jusqu'au hall de l'aéroport.

— Tu veux visiter ma chambre avant d'aller te coucher ? propose-t-il.

— Non merci, y'a déjà assez de rumeurs sur mon compte.

— Mh, j'en ai entendu parler, répond Maxime. D'ailleurs, ça commence à devenir un peu vexant que tu ne m'aies pas encore dragué. Tu comptes t'y mettre quand ?

Elle lui donne un coup d'épaule pour faire taire ses railleries alors qu'il laisse échapper un rire amusé.

— On mange ensemble ce soir, au moins ? insiste-t-il. Je n'ai pas envie de rester dans ma chambre à ne rien faire.

— D'accord, mais un truc simple, cède-t-elle. Il ne faut pas que ça passe pour un rencard.

— Un fast-food ?

— Tu essaies de m'utiliser pour faire une entorse à ta diète ? plaisante Adèle.

— J'aurai tenté, répond-il en haussant les épaules.

— On peut se voir au restaurant de l'hôtel, si tu veux, mais fais-toi discret.

Elle monte dans son taxi après avoir convenu d'une heure de rendez-vous avec Maxime et profite de la climatisation un petit moment. Le trajet jusqu'à l'hôtel n'est que de quelques minutes mais elle préfère qu'ils le fassent dans des voitures séparées. Les photographes attendent déjà sûrement devant. Il la dépose devant le Art Hotel, une énorme bâtisse futuriste en verre. Adèle traverse le couloir de photographes massés devant la porte. Certains l'interpellent mais elle n'y prête pas attention. Le hall est sublime et immense, tapissé d'un sol en bois massif parfaitement ciré et de grands tapis verts qui indiquent les différentes directions. Le plafond est au moins à quatre mètres de hauteur et composé principalement de verre, ce qui crée un reflet lumineux unique dans toute la pièce. Elle est trop épuisée pour s'en émerveiller et récupère sa clé avant de monter au dixième étage. Elle ouvre la chambre, jette sa valise au sol et se laisse tomber sur le lit sans même prendre le temps de la visiter. Après quelques secondes, elle est plongée dans un profond sommeil. Elle se réveille en sursaut six heures plus tard lorsque le téléphone de la chambre sonne. Elle décroche avec une voix endormie.

— Madame Marne ? demande l'homme de la réception avec un fort accent.

— Oui ?

— Monsieur Morvan vous attend au restaurant, il...

— J'arrive ! le coupe-t-elle. Dites-lui que je suis désolée et que j'arrive dans dix minutes !

Elle raccroche et se précipite sous la douche, se déshabillant en un quart de seconde. Elle se savonne grossièrement avant de s'entourer d'une épaisse serviette dont les hôtels de luxe ont le secret et de courir vers sa valise. Elle en sort la première robe et l'enfile par-dessus ses sous-vêtements après s'être séchée. Elle applique du déodorant, se coiffe vite fait avant d'enfiler des chaussures simples et de sortir de la chambre en prenant soin d'emporter son sac à main et son portable. Elle se précipite vers l'ascenseur et arrive au restaurant où elle voit Maxime assis, en train de consulter le menu des vins. Le restaurant est décoré à l'image de l'hôtel, lumineux et luxueux. Elle vient s'asseoir face à lui, embarrassée.

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