XIII - Un passé sanglant

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Appartement de John, le même jour, bien plus tôt...

Il était encore tôt et il faisait tout juste jour. John était dans son lit, sans pour autant réussir à dormir. Il venait de se réveiller en sursaut suite à un énième cauchemar dans lequel c'était lui qui tuait Hanz. Mais même sans cela, il avait peu et mal dormi, et c'était pire que d'habitude. Enfin, c'était logique vu les récents évènements.
Ce fut alors que son téléphone portable, un modèle assez moderne pour l'époque, sonna. Dans un mouvement lent, John l'attrapa et décrocha. C'était Anaelle.

<< A : Salut John...
J : Qu'est-ce qu'il y a ?
A : J'ai euh...été promue, à la place de M.Kruger.
J : Vraiment ?
A : Oui.
J : Bravo à toi...
A : Merci...
J : C'est tout ce que tu voulais me dire ?
A : Oui...Du coup, je vais te laisser. On se revoit peut-être la journée.
J : Ouais...À plus.
A : À plus et repose toi bien.>>

John raccrocha et posa son téléphone. Il soupira. Cela faisait beaucoup à encaisser mais ce n'était pas vraiment un problème pour lui. Il n'était ni triste, ni heureux, ni plus énervé que ça. Il était plutôt sans émotions. Rapidement, il se mit à réfléchir à comment il pourrait faire suffisamment souffrir cette maudite Seuchen Königin pour la faire payer. Des idées très noires défilaient dans sa tête. La démembrer, la brûler, la découper morceau par morceau, la donner à manger aux cochons... C'était comme si son cerveau venait de faire sauter tous ses verrous moraux.
Après plusieurs minutes à penser à tout ça, il s'assit sur le bord de son lit. Il repensait maintenant à comment il en était arrivé ici, aussi bas et aussi loin. Il replongea dans sa mémoire, pour visualiser son passé.

Gurunwald, Est de la Naradie, il y a dix ans, un jour d'été...

Gurunwald était un petit village charmant et bucolique de l'Est du pays, non loin de la frontière polonaise. Ce fut ici que John avait grandi et vécu jusqu'à ses dix ans, avec ses parents, Lynda et Erwin Fraug. Justement en parlant d'eux, ils étaient en train de se balader gaiement avec leur plus jeune fils. Visiblement, John était très heureux même si son frère Ysal, partit à la capitale pour une formation avec les Chasseurs, lui manquait un peu.

<< J : On rentre ?
L : Tu veux déjà rentrer ?
J : Oui !
L : C'est dommage tout de même...
E : Eh bien, s'il ne veut plus marcher, rentrons. On s'est déjà bien baladé.>>

Ils firent demi-tour, alors qu'ils se trouvaient proches de la sortie du village.

Alors qu'ils avaient quasiment fini leur retour chez eux, ils tombèrent sur leurs voisins. Il s'agissait des époux Karent, plus précisément, Maximus et Victoria Karent avec leur fille Salima. En les voyant comme cela, habillés d'une robe bordeaux pour la mère, d'une chemise bleue et d'un pantalon pour le père, et d'un simple haut blanc ainsi qu'une jupe rouge pour leur fille, on ne se doutait pas qu'il s'agissait en réalité d'une famille de médecins bien connue dans la région. Enfin, pour les parents bien sûr. Ils étaient de bons médecins mais aussi de bons voisins, toujours prompts à aider ou discuter avec les Fraug. Leur fille, très discrète, sortait parfois jouer avec John. Les deux s'entendaient plutôt bien mais il la trouvait parfois un peu bizarre, surtout avec ses dents toutes pointues. Un peu bizarre comme certaines choses concernant cette famille tel le fait que Salima était strictement interdite de sortie si elle était seule, elle ne pouvait pas aller chez d'autres personnes seule non plus, et que Salima avait parfois des marques étranges sur le corps ou même qu'ils n'invitaient que très très rarement des personnes chez eux. Les parents semblaient également très autoritaires et Salima, très soumise à eux. Mais ça paraissait comme des broutilles, surtout qu'ils faisaient parfois des soins ou des auscultations gratuites. Même John s'en fichait. D'ailleurs, c'était connu que c'était une famille de Morphasms, mais comme ils étaient médecins pour tout le monde, on les voyait d'un plutôt bon œil.
Là, ils étaient souriants mais semblaient un peu tendus avec leur fille qui, pareil, ne semblait pas non plus des plus heureuses. Quand ils virent la famille de John s'approcher, ils se tournèrent vers eux et leur tension sembla disparaître d'un coup.

The City of WaltsaOù les histoires vivent. Découvrez maintenant