TW : tristesse, traumatismes
La fille aux fourmis était allongée sur le béton, elle était comme souvent vêtue d'une veste d'un rose pâle mélancolique et d'un pantalon gris, et comme à son habitude une tresse glissait sur son cou fin.
"Dis, tu crois que quelqu'un pourrait me réparer ?"
Elle regarda Eli avec de grands yeux qui semblaient contenir toutes ses interrogations bien trop grandes pour ce petit corps.
Eli ne répondit pas, alors la petite fille considéra cela comme un signal pour débuter un monologue."Moi j'aimerais pas être normale, mais je veux juste plus souffrir... Comment on fait pour ouvrir le coffre ? Et puis même si je l'ouvrais tu crois pas que ce serait comme la boîte de Pandore ? Tu crois pas que tout ça ça rendrait les gens malades ? Parce qu'ils croient tous que l'ours est une peluche, mais c'est pas vrai. Alors si ils savaient tu croit qu'ils pleureraient ? Moi je pleurerais pas. Mais je pleure que pour les petites choses. Je pleure quand ça fait juste un pschiooou, je pleure pas quand ça fait un boum. Mais si on me disait quelque chose comme ça je serais quand même très très triste. Comme si on avait mit un océan dans mon coeur, mais ça sortirait pas.
Je pense pas que je vais dire à maman. Ni aux autres. Je le dirais jamais, jamais ! Il faut que je creuse encore dans la mer pour cacher mieux le coffre. Tu es la seule à qui je peux parler. Des fois j'aimerais te faire des câlins, mais je peux pas, alors j'en fait à ma maman mais elle comprend pas pourquoi je suis aussi triste. Personne comprends. Même toi je sais pas si tu comprends.
Peut-être que t'aime juste marcher sur ma main et tu comprends pas pourquoi je parle autant, mais je te parle quand même, parce que j'ai que toi."La fille aux fourmis ramassa une feuille pour la morceler et la donner à ses amies.
"Tu sais, y a un truc qui est bizzare. C'est avec toi que je sort du silence, mais en même temps comme j'en sort je m'y enfonce. Tu es le silence, tu es mon silence. Mais ça ne me déplaît pas, je me serait enfoncé quand même sans toi alors autant avoir une amie. Regarde, j'essaye de sourire, j'ai du mal tu sais. Parce que pour moi le sourire c'est pas joyeux. C'est crash pschioouuu ! Mais les grands ils comprennent pas. Ils disent que je suis précoce, je crois que c'est un truc pour dire intelligent, mais y en a qui disent que je suis très bête et bizzare. C'est eux qui sont bizzares, moi aussi, tout le monde !"
Il y eu un silence, parmis d'autre, et malgré ce qu'elle disait, une larme coulait sur sa joue.
"Eli... Des fois j'aimerais couler au fond de l'océan, encore plus qu'avant... Mais je veux pas être seule à savoir si je fait ça, alors tu te souviendras de moi hein ? Je vais pas mourir mais je voudrais juste ressentir moins de choses, être plus forte, peut-être que l'ours partira si je suis plus forte. Enfin je sais pas. De toute façon, si je fais ça y'aura d'autres enfants cassés. Et quand on est cassés comme ça on est cassé pour toujours. Je m'en fiche un peu des autres, mais comme moi je suis déjà cassée, autant le rester et protéger les autres."
"Eli... Tu m'oublieras un jour ? Parce que moi non. Même si tu es mon silence, tu resteras dans mon coeur tordu pour toujours."
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La fille aux fourmis
PoesíaC'est l'histoire d'une petite fille avec une grande clé et d'une fourmi qui voulait bien écouter ses monologues.