Chapitre 11

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Après les derniers mots de Sam, Maeve reste silencieuse et immobile, comme figée dans les mots qui piquent son cœur comme une lame aiguisée. La vérité c'est qu'elle ne sait ni quoi dire, ni quoi faire. Elle regarde Sam, les yeux brillants. Pourquoi ? Pourquoi est-elle bloquée à ce point, incapable de lui dire à quel point elle l'aime, à quel point elle est désolée ? Devant son silence, Sam esquisse un sourire tragique.

- Sam, je...

Mais Maeve est interrompue au début de sa phrase, les mots suspendus dans le vent par un simple bruit : la sonnerie de son téléphone. Levant le doigt en demandant à Sam d'attendre, rien qu'une seconde, elle décroche et entend Reine à l'autre bout du fil.

- Il est l'heure, fille de l'ange.

Maeve raccroche, interdite. Elle regarde l'horloge fixée au mur au-dessus du lit, contrite. Alors qu'elle allait parler à Sam, lui dire de l'accompagner, de venir voir ce que Reine était capable de faire, Sam prend les devants et secoue tristement la tête.

- J'ai compris, dit-il, et je n'ai pas du tout envie de m'imposer. Dean et moi, on va reprendre la route.

- Sam, s'il te plaît...

- Tu peux y aller, la coupe-t-il. Je connais le chemin.

Maeve est résignée. Ils sont allés trop loin, du moins pour l'instant, et elle n'a pas le temps d'arranger les choses. Alors, en silence, les jambes tremblantes, elle récupère ses clés de voiture et avance doucement vers la porte de sortie. Avant de s'en aller, pourtant, elle ne peut s'empêcher de se tourner vers l'homme qu'elle aime. Elle le regarde, une seconde, puis deux, et elle avance la main vers lui et touche lentement le col de sa veste. Elle sent l'odeur de Sam contre son coup, cette odeur enivrante qu'elle aime tant et dont elle connait tous les arômes. Et finalement, gardant en mémoire cette odeur, Maeve ferme les yeux et ouvre la porte de la chambre, quittant l'hôtel dans un coup de vent et assez vite pour ne pas faire marche arrière.

Elle prend la voiture qu'elle a volée près de l'aéroport à son arrivée, malgré les contre-indications de son GPS qui lui indique qu'elle serait plus rapide à pied, et se laisse aller à divagations. Elle est néanmoins surprise lorsqu'elle voit apparaître sur la banquette passager la silhouette de son père la fixer avec de grands yeux. Pas aussi grands, néanmoins, que les siens.

- Papa ??

- Je t'avais prévenu, répond Castiel. Je t'avais dit que je viendrais au moindre appel, à la moindre prière.

- Mais, je ne... oh.

- Eh oui. Alors, où allons-nous ? Attend, c'est la voiture de Dean garée sur le parking ?

Alors, Maeve lui raconte tout. Elle parle de son voyage aux Maldives et de sa rencontre avec Hermogène, de ses informations sur la cape et de son retour aux États-Unis. Elle parle de la prêtresse vaudou, et ça n'a pas l'air d'étonner Castiel outre mesure. Puis, enfin, elle parle de Sam. Elle explique à son père la situation aussi simplement que possible, relatant leur conversation et la difficulté de Maeve à parler de ses sentiments. Castiel reste là, sur la banquette passager, et il écoute. Il écoute sa fille lui raconter ses peines de cœur, ses difficultés à se trouver et il se dit que, finalement, même après presque trente années une femme a toujours besoin de son papa. Soulagé de se sentir utile, heureux de pouvoir aider, Castiel donne à Maeve le peu de conseils qu'il se sent à même de donner dans la situation présente.

- Sam t'aime, lui dit-il, c'est indéniable. Tout en respectant ta décision il t'a suivi de loin, ces dernières semaines, je l'ai vu à l'œuvre : à tenter de récupérer des informations aux quatre coins du monde, et... à vérifier les registres de la morgue de chaque État. Chaque jour. Il est fou amoureux de toi, et à mon avis il était aussi mort de peur. Je pense qu'il a pris ton départ comme une trahison, et que ça a été difficile. Mais... a-t-il eu l'air de vouloir t'empêcher de retrouver Reine ?

- ... Non.

Maeve regarde devant elle, pensive. Elle sait, au fond d'elle-même, que son père a raison. Évidemment qu'il a raison. Et elle aurait dû le comprendre.

- Papa, tu... Merci.

Alors, Castiel tend la main vers celle de sa fille, sur la boite de vitesse, et sourit. Voilà le plus beau mot qu'il aurait pu entendre de sa part.

- Je serais toujours là quand tu en auras le besoin, Maeve. Toujours. Durant toute ta vie sur Terre, et toute ta vie au Paradis.

La seconde d'après, Castiel a disparu et Maeve, retrouvant le sourire, a la sensation d'enfin trouver cette paix intérieure que Reine voulait tant la voir obtenir.

La Voie des Anges - Partie Finale (A Supernatural Story)Où les histoires vivent. Découvrez maintenant