Chapitre 1 - Urgence

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Tania

— C'est si désastreux ?

Je me passe la main dans les cheveux, complètement désemparée. Je vais tout perdre, c'est sûr... Comment ai-je pu être aussi bête ? Qu'ai-je fait de travers pour en arriver là ?

— Les finances sont plus que mauvaises... Nous sommes en banqueroute, on n'est plus capable de payer les fournisseurs depuis deux mois, et les dons ne suffisent plus à couvrir le reste. Je ne suis pas sûr que l'événement que tu as organisé samedi soir suffira à renflouer les caisses.

Vraiment dans la merde... Toutes ces petites bêtes comptent sur moi, ils sont dans ma clinique refuge, en attendant de trouver une maison qui pourrait subvenir à leur besoin. Et si ça continue, je devrais les abandonner à mon tour. Je ne peux pas... La culpabilité remonte dans ma gorge, créant une boule angoissante et étouffante qui m'écrase la trachée. Il faut que cet événement caritatif fonctionne, nous n'avons pas le choix. Je pose la main sur l'épaule de mon amie et la presse doucement.

— C'est moi qui prends la garde cette nuit, pour les urgences. Tu peux rentrer auprès de ta famille.

Morgane pince les lèvres et me scrute avec sévérité.

— C'est toujours toi qui prends les gardes, à quel moment comptes-tu te reposer ?

Je baisse la tête et bougonne plus pour moi que pour elle :

— Ce sont peut-être les dernières... laisse-moi en profiter.

— Bon, très bien !

Elle retire le stéthoscope d'autour de son cou pour le poser délicatement sur le bureau. Sa blouse rose suit le mouvement et se retrouve sur le dossier du fauteuil à roulette, qu'elle vient juste de quitter. Elle dépose un baiser amical sur la joue et fait le tour de la clinique et du refuge pour être sûre que nos patients vont bien avant de partir.

Je la regarde faire, c'est une habitude profondément ancrée en elle, et j'ai l'impression de me voir quand c'est elle qui prend la garde. Un dernier petit mouvement de main dans ma direction et mon amie quitte les lieux pour rejoindre sa famille. La solitude s'abat sur moi brutalement, je frissonne et serre mes bras contre moi. Après quelques minutes, j'attrape le tableau de comptabilité que Morgane a laissé sur le bureau pour y jeter un œil. Un soupir las s'échappe de mes lèvres, je ne sais vraiment pas comment faire pour rattraper ça. Dans l'idéal, il faudrait placer tous les chiens et chats du refuge et passer quelques mois sans pensionnaires, mais je sais d'avance que ce n'est pas possible. Mon autre option serait de quémander un peu d'argent à ma famille, mais rien que d'y penser, mes poils se dressent déjà sur ma peau.

Je me lève pour aller voir mon patient opérer aujourd'hui d'une fracture de la scapula. Cela arrive souvent chez les jeunes chiens, un peu trop fous.

— Alors, Oscar, comment vas-tu, mon beau ?

Korean Finger Heart - Lea DAGNEE ADAMOù les histoires vivent. Découvrez maintenant