Chapitre n°3

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Chanson du chapitre n°3 : Loving Caliber - Christmas Memories.

Chapitre n°3 :

« Forêt de sapins ».

1er décembre 2023 – 8h55.

« Pour moi, la magie est comme une lumière dorée. Et quand je regarde de plus près, je remarque qu'elle est partout. Elle est une myriade de pépites dorées parsemant le monde et aujourd'hui, je la trouve dans ton regard ».

                                                                                                         Axel, Sous le souffle d'un nouveau Printemps.

     C'est agréablement surpris que Luc et moi découvrîmes notre patron Albert aux côtés de nos collègues lorsque nous les rejoignirent. Ses cheveux coupés court et d'un gris aux sublimes reflets argentés, il approchait approximativement des soixante-dix ans et restait en plutôt bonne forme, malgré certains soucis de santé et de vieillesse sûrement inévitables pour son âge. Depuis quelques années maintenant, il pouvait demander sa retraite, mais il avait toujours proclamé qu'il ne le ferait que quand sa vue l'abandonnerait et que ses jambes lâcheraient pour de bon, car, jamais au grand jamais, il ne pourrait quitter sa librairie pour une autre raison que son corps lui faisant faux bond définitivement. Mais personne ne possédait les capacités pour que le temps s'arrête. Ainsi, il ne se présentait à la librairie plus qu'une fois par semaine, ces temps-ci, de vieux rhumatismes et autres problèmes affaiblissant cet homme si généreux et au cœur d'or. De derrière, comme nous le vîmes avec Lucien, il semblait avoir le plus grand dos du monde. Et que sur ses épaules, reposait une vie entière de rencontres, de voyages, de paysages et de contes, d'histoires entremêlées, de livres, de bravoure et d'Amour. En dépit de son petit mètre-soixante que la vieillesse n'avait pas aidé, il paraissait immense d'un savoir et d'une bonté qui n'avaient d'égales que la beauté de son âge avancé. Albert était bien plus que notre patron, à nos yeux. Il était la raison même du pourquoi la vie était belle et méritait d'être vécue.

     Quand il nous vit, il se détacha du carton qu'il tenait dans les mains pour nous adresser un grand sourire.

     -Oh, bien le bonjour vous deux ! nous lança-t-il avec chaleur. Comment allez-vous ce matin ? Le temps est radieux, ne trouvez-vous pas ? Quelle chance avons-nous que ce premier décembre soit déjà sous le signe de l'hiver et de ses grandes chutes de neige !

     D'un naturel loquace, il nous posa une multitude de questions qui auraient pu déstabiliser n'importe quel inconnu mais qui, pour nous ses employés, nous firent simplement sourire. Ce sera le jour où il se taira qu'il faudra s'inquiéter, et non l'inverse !

     -Parfaitement bien, surtout depuis que je me suis reregardé pour la centième fois mes épisodes préférés d'Indiana Jones hier soir, tranquillement avachi sur mon canapé, et vous ? répondit Luc, aussi bavard que son patron.

     Ils y en avaient qui disaient « tel maître, tel chien », d'autres « tel père, tel fils », et bien, chez nous, nous disions « tel employeur, tel employé ». Que vouliez-vous ? Albert n'avait ni chien, ni fils. Seulement quatre chats et deux filles. Et une femme formidable. Ce dernier acquiesça pensivement.

     -Oh ! s'exclama-t-il, sa voix débordant de bienveillance et de douceur. Tu sais, Lucien, il fait beau, la librairie va de bon train, ma famille se porte bien et j'ai légèrement moins mal aux hanches qu'hier, ça ne peut donc qu'aller !

     Sur ces mots emplis de sagesse et d'amour, il éclata d'un rire franc qu'il suffisait d'entendre pour se réconcilier avec la Terre entière. Luc approuva puis focalisa son attention sur le carton que le vieil homme portait à bout de bras, nul autre que l'un de ceux apportés par Thomas précédemment.

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