Les nerfs en pelote, j'observe ses courbes gracieuses qui m'ont tant apporté, et j'ai comme une soudaine envie de tout défoncer. Néanmoins, je me retiens. Elle mérite plus que ça, je n'ai pas le droit d'empirer la situation. Elle a tellement souffert ces dernières années, ce n'était qu'une question de temps.
Je le savais. Elle et moi le savions, mais j'espérais pouvoir repousser l'échéance le plus longtemps possible.
Le moteur de ma précieuse est mort.
Oui, c'est une voiture, et alors ? J'ai bien le droit de la choyer comme je l'entends ! Elle fait partie de ma vie depuis que j'ai seize ans. J'ai tondu des pelouses et nettoyé des piscines tous les étés de mes douze à mes seize piges. Elle m'a coûté mille dollars, et j'ai sué jusqu'au moindre centime.
Cette caisse a une valeur sentimentale, il n'en fait aucun doute. C'est plus qu'un tas de ferraille pour moi. Elle m'appartient, aussi pourrie soit-elle comme certains disent, mais j'ai comme l'impression que je vais devoir la laisser partir cette fois. Le coup de la réparation est plus élevé que sa valeur.
Elle a bien servi. Elle a été une bonne et loyale amie, elle ne m'a jamais laissé dans la panade... jusqu'à il y a deux jours.
— La main d'œuvre, j'en fais mon affaire, me rassure Tray.
Sa voix me ramène à l'instant présent alors qu'il referme le capot de ma beauté. La relation entre un mec et sa caisse peut s'avérer tout aussi étrange qu'intime. Surtout étrange, je l'admets.
— Non, oublie, décrété-je.
Son travail se doit d'être rémunéré, je ne peux accepter.
— Combien coûtera le moteur ? demande King, placé derrière moi.
Ian et lui m'ont accompagné ce matin, avant le début des cours. Tray a remorqué ma jeep l'autre jour, et jusqu'à hier soir, il n'avait pas pu y jeter un coup d'œil pour être fixé sur l'origine du problème.
Son garage est sacrément réputé à Oak Ridge, et très fréquenté par les étudiants. Ils font des prix intéressants, et ils ont plein de boulot sur les bras, ils ne chôment pas. D'ici peu, ils vont devoir embaucher quelqu'un de d'autre, ils vont finir débordés sinon.
— Nouveau, plus de mille dollars. D'occasion, un peu moins. Il s'agit d'une voiture du début des années deux milles, et même si elle n'est pas un classique, c'est difficile de trouver un moteur qui lui aille. Je vais fouiller les casses du secteur et j'espère en trouver un qui conviendra. Sinon...
Sinon, je n'aurais que deux choix possibles : un nouveau moteur qui va me coûter un rein, ou d'envoyer ma précieuse à la casse.
— Il n'y a pas une autre alternative ? s'inquiète Ian.
— Désolé, les mecs. Je ne peux pas faire plus. Je peux réduire les coûts, mais tout de même, il y en aura.
— Très bien, Ian et moi assumerons les frais du moteur, décide King.
Choqué, je me retourne. Qu'est-ce qu'il raconte ? À quel moment il a cru qu'il pourrait payer les réparations ? Mais surtout, à quel moment il a imaginé que je le laisserais faire ?
— Avant que tu dises quoi que ce soit, m'interrompt-il, j'ai utilisé cette voiture presque tout autant que toi.
— Oui, moi aussi. Il est normal que nous participions.
— J'ignore d'où vous est venue cette logique de merde, mais c'est non ! décrété-je.
— Combien de fois devrais-je te dire de ne pas jouer aux cons ? ricane le joueur de hockey, les bras croisés sur sa poitrine. Je ne te laisse pas le choix. Il n'est que justice que nous participions aux frais de réparation.

VOUS LISEZ
Oak Ridge Campus #2 Knight © (SOUS CONTRAT D'ÉDITION)
Romance#campus #romance #baseball #enemiestolovers #maladie #spicy "Dans le diamant, nous brillons, éblouis par la gloire." La poisse semble coller à la peau de Knight, le lanceur vedette de l'équipe de baseball de l'université d'Oak Ridge. Que ce soit da...