Chapitre 27 - Knight ⚾

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Les prunelles chocolat de Poppy me sondent. Une courte distance nous sépare, mais j'ai l'impression de me retrouver à des miles, d'être incapable de l'atteindre. Pourtant, il me suffirait de quelques enjambées pour la rejoindre.

À deux doigts d'exploser, j'essaye de prendre sur moi. Après ce que j'ai fait, je n'ai pas le droit de lui demander des comptes, pourtant, j'en ressens un besoin viscéral. Elle... putain, elle mérite tellement plus que cette raclure !

Je devrais être heureux qu'elle ait tourné la page, qu'elle ne s'accroche pas à moi, à ce que je ne peux lui offrir. Bordel, c'était ce que je voulais, non ? Alors pourquoi est-ce que ça me met dans un tel état que l'autre blaireau ait posés ses sales lèvres sur les siennes ? Si douces et pures.

Je savais qu'elle voulait cesser les relations sans lendemain, se poser et entamer une histoire durable. Un vrai lien qui l'unirait à une autre personne. Et qu'ai-je fait ? Je me suis torché avec. J'ai foncé tête baissée, sans me poser les bonnes questions. Mon désir a pris le pas sur ma raison. Je me suis contenté d'agir, de suivre mes plus bas instincts sans penser un seul instant que j'étais en train de merder sévère.

J'étais conscient qu'elle serait ici avec lui, et l'hypothèse de les voir ensemble me foutait terriblement en rogne, mais assister à leur baiser... je n'étais définitivement pas prêt. Je pensais arriver à temps, pouvoir mettre un terme à cette pantomime et lui dévoiler les véritables intentions de ce sac à merde.

Parce que c'est bien la raison de ma venue, je n'aurais pas fait tout ce chemin juste pour foutre en l'air son date sans raison valable. Mais il semblerait que j'arrive trop tard.

1 heure plus tôt

Passer son samedi soir à déboucher des chiottes... ouais, clairement, ma vie craint. Cela fait trois jours que je n'ai pas arrêté entre les cours, les entraînements et le boulot. Une fois la journée finie, je suis tellement claqué que la seule chose que je fais en arrivant à l'appart, c'est m'endormir comme une masse jusqu'au matin suivant. Au moins, cela m'empêche de cogiter, c'est déjà ça de pris.

Soudain, la porte des toilettes s'ouvre et j'entends deux paires de pas marcher de manière totalement désynchronisée. Les rires gras des mecs me hérissent les poils de la nuque.

— C'est dans la poche, commence l'un d'eux tandis que le son caractéristique d'une braguette qui s'affaisse retentit.

— Tu as eu confirmation ? Ça y est ?

— Patience, tout vient à point à qui sait attendre. Au moins, il n'a pas abandonné la partie.

— C'est clair que le coup du petit frère l'avait pas mal découragé.

— Ouais, mais ce petit salaud est tenace. Ce n'est pas un « presque » Delta Zeta Kappa pour rien.

D'office, je me fige alors que je les entends pisser de l'autre côté de la porte. Ils se marrent comme les deux abrutis qu'ils sont. Un mauvais pressentiment me saisit, et cette histoire de petit frère m'est étrangement familière.

— À sa place, j'aurais abandonné lors du premier lapin. Il n'a vraiment peur de rien.

— L'art du jeu, de la séduction, certains ont ça dans le sang. Mais il fallait bien que ce soit un minimum compliqué. Sinon, ce n'est pas drôle. Lorsqu'elles résistent, il n'y a rien de plus jouissif.

Putain, j'ai l'impression d'entendre parler deux détraqués sexuels.

— C'est sûr que mettre au défi Kwan Soo de se taper la belle-fille de son coach, tu as fait fort, Chase.

Oak Ridge Campus #2 Knight © (SOUS CONTRAT D'ÉDITION)Où les histoires vivent. Découvrez maintenant