Chanson du chapitre n°18 : Ycare et Zaz - Animaux fragiles.
Chapitre n°18 :
« Les gens heureux pleurent tout autant que les gens tristes ».
1er décembre 2023 – 12h30.
« Il me rappelait que j'avais encore des raisons de me battre, et de à quel point c'était une force ».
Indigo, Sous le souffle d'un nouveau Printemps.
Je souris, émerveillée. Comme ma vue se résumait à deux énormes caisses et à la silhouette élancée de Lek à mes côtés, je n'avais pas fait attention à la décoration du café lorsque nous y étions passés pour atteindre la salle de repos. Cruelle erreur. J'avais alors manqué un tableau des plus enchanteurs. Sur le comptoir, une série de bougies s'étalait, leurs teintes pastel formant comme un minuscule arc-en-ciel sur le bois sombre du buffet. Arc-en-ciel qui paraissait se prolonger sur l'ensemble du café, avec les tables qui représentaient chacune une couleur, dont les nappes et les couverts étaient personnalisés en fonction de celle choisie et se mariaient parfaitement avec la bougie qui y était posée et qui était du même coloris, accentuant le tout. Cette avalanche de couleurs donnait au café un air d'harmonie et d'unité et aux clients, l'impression de visiter un musée des couleurs. Chaleureux et convivial, avec les coussins éparpillés un peu partout sur le sol et sur les chaises et le doux parfum des bougies qui faisait voyager partout dans le monde.
-C'est magnifique, Lek...
J'avais le sentiment d'être plongée dans la maison d'un livre jeunesse illustré, tant la douceur qui en émanait se rapprochait de l'univers si réconfortant des histoires pour enfants. Tout le café appelait à se sentir bien et en paix avec soi-même. Lek rit. Et ce fut un peu plus de chaleur apportée à cet endroit qui en était déjà rempli.
-Ravi que ça vous plaise, déclara-t-il en me faisant un clin d'œil complice.
-Ce n'est pas simplement que ça me plait. Je ne sais pas comment l'exprimer mais...C'est comme si je venais de passer le pas de ma porte d'entrée et que je retrouvais enfin mon chez-moi..., expliquai-je, complétement transportée. Vous avez réussi à donner au café la sensation de bien-être que nous n'étions pas parvenus à trouver jusqu'à présent, vous comprenez ?
Plus que n'importe quel autre compliment, ce fut celui-ci qui parut rendre Lek fier de lui et qui illumina son visage d'un franc sourire. Je repensai à notre conversation sur son travail et le fait que ce dernier ne le rendait pas heureux. En cet instant, il l'était pourtant, sans aucun doute.
-Je crois que je comprends, oui. Merci de me l'avoir dit, Merry. Si ce que je fais permet de vous rendre heureuse ou, au moins, vous faire sourire, alors j'en suis fier. Savoir que cela a un tel effet sur vous me donne une raison de continuer, m'avoua-t-il dans un souffle, et ma respiration s'accéléra. Tout du moins, tant que je serai ici. Je n'ai pas oublié notre discussion dans la réserve, rassurez-vous.
J'acquiesçai, à défaut de pouvoir articuler quoi que ce soit tant ma gorge était sèche et nouée par une émotion qui se rapprochait de la gratitude. Il y eut ensuite un moment de flottement entre Lek et moi, pendant lequel aucun de nous ne parla. Nos regards étaient rivés sur les derniers clients de la matinée qui riaient aux éclats et bavardaient devant un jus de fruit ou une part de gâteau. Plus que n'importe quel autre moment, celui-ci était précieux, sans que je ne sache vraiment pourquoi. Aussi précieux que la confiance que nous accordions à quelqu'un, d'une certaine manière.

VOUS LISEZ
Les Gens Heureux
Romans« Tant que nous parlons des morts, c'est un peu comme s'ils vivaient encore à travers nous ». Merry Alouette avait toujours cru en la magie de Noël. Et elle aurait aimé y croire encore aujourd'hui, en ce 1er décembre 2023, malgré ses 21 ans bien en...