Quand tout s'effondre...

2 1 0
                                    

Cette journée est gravée dans ma mémoire...
Cette terrible journée où tout a basculé, je m'en souviens comme si c'était hier...
C'est à ce moment là que j'ai perdu espoir, c'est à ce moment là que j'ai perdu ma famille, c'est à ce moment là que j'ai perdu envie de vivre...

Cette journée commença comme toutes les autres, c'était une matinée ordinaire de début d'hiver. Le soleil baignait dans un ciel bleu clair.
Mon frère et mon oncle était parti tôt le matin pour aller pêcher tous les deux même si je doutais qu'ils attrapent quelque chose par ce temps. Mais au fond, je savais que la seule véritable raison pour laquelle ils y allaient était que Blake adorait jouer avec la canne à pêche. Mon beau père se trouvait avec les hommes du village et discutaient de tout et de rien un verre de bière à la main. Ma mère dessinait tranquillement à la maison tandis que je lisais un vieux roman d'aventure perché dans un arbre à l'entrée de la forêt.
Soudainement, j'aperçus un homme portant une capuche se diriger vers le village en faisant trotter durement ses grandes bottes de cuir. Curieuse mais aussi aussi intrigué de voir cet homme que je ne connaissais pas, je descendis de mon perchoir pour l'épier discrètement.
L'inconnu marcha en direction du lac et s'arrêta entre deux ruelles pour se retourner :
« Qui est là ? » demanda-t-il « inutile de te cacher, je sais que tu es là. »
Prenant mon courage à deux mains, je sortis de ma cachette pou me montrer.
« Pourquoi me suis tu, petite ? » questionna l'homme méfiant.
L'enfant de treize ans que j'étais lui donna un regard étrange :
« D'habitude les étrangers se font vite remarquer, tout le monde se connaît ici » répondis-je à la fois curieuse et surprise « pourtant personne ne vous a vu arriver. »
L'homme se rapprocha de moi :
« Je suis très doué pour me faufiler » avoua-t-il « comment t'appelles-tu, jeune fille ? »
« Désolé mais on m'a toujours dit de ne pas parler aux inconnus surtout si ils ont l'air suspect. »
Je me mis à froncer les sourcils pour montrer ma méfiance mais je ne m'attendais pas à sa réaction :
« C'est fou... tu me rappelles une amie d'enfance » révéla-t-il.
Il se rapprocha encore plus près de moi mais même si je ne pouvais pas voir son visage, je remarquais qu'il fixait mes yeux comme s'il essayait de trouver quelque chose à l'intérieur, son expression confiante changea alors immédiatement sous son capuchon :
« Tes yeux... serait-ce... »
Je frissonnait à la mention de mes yeux et comme à chaque fois que l'on me faisait remarquer qu'il sortait de l'ordinaire, je m'enfuis à toutes jambes.
« Non ! Attends ! » s'écria-t-il en tendant la main vers moi.
Je me suis précipitée chez moi et me suis violemment enfermée dans ma chambre.
Je détestais que les gens ne serait-ce que mentionnent la couleur verte de mes yeux, si unique chez les GAS.
Je détestais mes yeux...
Pourtant à cet instant, j'ignorais que je venais de rencontrer la personne qui serait responsable de tous mes malheurs.
Je me remis à lire, cette fois ci dans ma chambre lorsque j'entendis soudainement ma mère crier :
« Tu n'as rien à faire ici ! Tu n'aurais jamais dû revenir ! Vas donc crever en enfer ! »
Étonnée d'entendre ma mère lever le ton, je me levais lentement pour ne pas faire de bruit puis je déverrouillais la porte de ma chambre avant de la franchir pour écouter discrètement la conversation :
« Kali... s'il te plaît... calmes toi... »
« Me calmer ?! Va-t-en ! Sale monstre ! Tu n'es pas le bienvenu ici ! »
Doucement, je m'accoudais à la rambarde de l'escalier pour mieux les entendre :
« Je veux seulement la rencontrer... » répondit calmement la seconde voix.
« Non ! Je refuse que tu fasses partie de sa vie ! Je m'y opposerai fermement ! » gronda sauvagement Calypso Valdi d'une voix ferme et déterminée.
« C'est mon dernier avertissement Kali ! » menaça tranquillement l'homme « si je ne peux pas être avec elle, je veillerai à ce que seuls le sang et la mort règnent sur ce village. »
Son ton froid et rempli de de cruauté m'envoya une série de frissons qui coulèrent le long de mon dos.
« Ma réponse reste la même ! » s'obstina ma mère.
À l'époque je ne me doutais pas que conversation allait sceller notre avenir.
« Alors tu l'auras voulu... »
« Je ne te laisserai pas ruiner sa vie à elle aussi ! » rugit-elle, ce qui provoqua la fureur de l'homme à ses côtés.
« Tu crois être la seule à avoir souffert toutes ces années ?! Tu peux me croire ou non, mais tu as détruit tout ce qui faisait ma vie ! » grogna-t-il furieux.
Sur ces mots, il partit en claquant la porte d'entrée du chalet.
Ma mère s'installa dans le salon sur un fauteuil avant de mettre sa tête entre les mains. Sachant qu'il ne fallait pas la déranger lorsqu'elle était en colère, je retournai dans ma chambre discrètement même si je savais que mes pieds grinçaient sur le parquet.
Ma tête dans mon livre mais plongé dans mes pensées, je ne réussis même pas à me concentrer pour lire correctement, finalement je me retrouvais à relire plusieurs fois la même phrase.
Pour me changer les idées, je sortis de chez moi par la fenêtre de ma chambre avant de faire du toboggan sur le toit pour finir par glisser le long de la gouttière.
J'étais habitué à grimper sans me blesser depuis que j'étais toute petite. Il ne me fallut donc pas longtemps pour atterrir sur le sol dur et froid le plus délicatement possible.
Mais comme si il suivait le mouvement de mes pas, un flocon de neige noire atterrit sur ma main au moment où je fis le premier pas.
Surprise et confuse, je relevai la tête vers le ciel pour voir que cette neige étrange continuait de tomber en masse.
Ce fut le point de départ du cauchemar...
Au début les voisins semblaient surpris de voir cette neige couleur de jais contrairement à la neige d'un nacre pure, et puis au bout de dix minutes celle-ci arrêta de tomber, ils cessèrent donc de se demander ce qu'il se passait et retournèrent à leurs occupations tout en émettant des théories toutes plus invraisemblables les unes que les autres.
Je me suis toujours demandé si ma mère ne savait ce qui allait se produire à l'avance. Je la voyais souvent à la fenêtre avec cet air nostalgique mais ce jour là, elle ne quitta pas une seule fois le regard de l'extérieur depuis l'apparition de la neige noire.
Et puis ce qui devait arriver, arriva...
Le cauchemar commença par un cri de terreur alors que je me reposai sur la neige les yeux fermés.
C'était la voix d'une femme en panique :
« Des obscureurs ! Ils arrivent en masse aux portes du village ! »
Ce cri engendra des murmures de panique et de terreur partout dans le village. Malheureusement personne ne put agir car un obscureur du vent déclencha une immense bourrasque de vent depuis le ciel gris.
La plupart des gens furent projeté en arrière, ce fut mon cas. Heureusement la neige amortit ma chute. Mais ce ne fut pas le cas d'un enfant à côté de moi qui se prit un arbre en pleine tête. Il mourut presque instantanément.
À cette vision, je sortis involontairement un cri à glacer le sang.
Je me relevais le plus rapidement possible en totale panique avant de courir en direction de ma maison.
Il y avait des dizaines d'obscureurs dès que l'on posait le regard quelque part. C'était terrifiant !
Quelques GAS utilisaient leurs pouvoirs pour les tenir à distance, ce qui devenait de plus en plus difficile.
Ma mère se trouvait devant la maison, elle regardait calmement le karma qui se produisait avec ce même air mélancolique et rêveur qu'elle portait si souvent.
« Maman ! Il faut qu'on parte ! » lui criai-je en courant vers elle.
« Non. »
Son ton était calme mais ferme avant qu'elle ne se justifie :
« Ce n'est pas mon destin et ce n'est pas le tien... les obscureurs nous encerclent, peu importe ce que l'on choisit de faire, c'est la mort assurée » sa voix était remplie de regrets alors qu'elle baissait les yeux.
« Alors quoi ? On va tous mourir ? »
« Oui... »
« Mais je ne veux pas mourir ! » rétorquai-je les larmes aux yeux.
« Tu ne mourras Aliénor » annonça ma mère en mettant une main sur ma joue.
« Je ne comprends pas... »
« Ally, écoutes moi très attentivement. »
Je levai lentement la tête vers elle pour croiser son regard. Étonnement cette fois je ne vis pas de terreur dans ses yeux saphirs.
« Tu vas survivre, tu dois survivre pour vivre ta vie, connaître le bonheur que ce village ne pourra jamais t'offrir » déclara-t-elle penseuse. Alors que j'ouvrai la bouche pour parler, elle m'arrêta « et pour ça tu dois devenir la GAS de. Bellatrix. »

Atterrir dans les étoilesOù les histoires vivent. Découvrez maintenant