Chapitre 14 : Inquiétude

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Luna 

Il t'a laissée une lettre chez toi ? me demande Maelle, pour la deuxième fois au moins, depuis que je l'ai appelée en panique après avoir lu le contenu de cette lettre.

— C'est bien ça. Mais ce qui m'inquiète, ce n'est pas tant ce qu'il a écrit, il me l'avait déjà dit ce matin chez Alex, mais plutôt le fait qu'il ait réussi à obtenir mon code d'accès, alors que je l'ai changé au début de la semaine.

— Attends, comment ça, chez Alex ? Quand je me suis réveillée, il m'a dit que tu étais partie vers 5h45.

— J'étais partie, mais j'ai dû revenir ; j'avais oublié mon sac dans sa chambre.

— Qu'est-ce que ton sac faisait dans SA chambre ? Tu as couché avec lui ?

— Mais ça va pas ? Jamais je n'aurais fait ça ! Il y a eu quelques complications avec Lucas, et j'ai été plus ou moins obligée de dormir sur le canapé, qui se trouve dans la chambre d'Alex.

— Rien d'important, je vais bien, c'est le principal. Je m'en veux de lui cacher ce qu'il s'est passé avec Lucas, mais je ne veux pas l'inquiéter. Elle se fait déjà beaucoup trop de soucis par rapport à Zack.

— Luna, que s'est-il passé dans la chambre ? insiste-t-elle.

— Rien du tout, je te le dirai si c'était si important. Ne t'inquiète pas pour ça.

Un silence s'installe entre nous, avant qu'elle ne cède finalement.

— Et qu'est-ce qui s'est passé d'autre ?

— J'ai fait une crise d'angoisse après son appel. Alex m'a retrouvée recroquevillée dans le couloir, il m'a prise dans ses bras et a essayé de me réconforter.

Je recule précipitamment mon téléphone de mon oreille quand ma meilleure amie pousse un cri aigu.

— C'est TOUT ? Mais c'est énorme ! Alex Hawkins t'a prise dans ses bras et t'a rassurée. J'ai toujours su qu'il avait un faible pour toi.

Je manque de m'étouffer en avalant ma salive de travers.

— Je peux savoir d'où tu sors ça ? Tu es sûre qu'on parle toujours du même Alex ? Pour moi, ce gars, c'est un brun à peine plus grand qu'1m90, arrogant, prétentieux et insupportable. Ah ! Et j'allais oublier : il ne se soucie de personne d'autre que de sa petite personne.

— Tu as oublié un détail : il est indécemment beau !

— Au fait, tu n'es pas censée être en couple ? demandai-je.

— Aux dernières nouvelles, c'est toujours le cas, mais il faudrait être complètement aveugle pour ne pas voir à quel point Hawkins est beau. C'est une putain de divinité grecque.

Je lève les yeux au ciel en écoutant le discours de Maelle ; c'est vrai qu'il n'est pas si mal... mais on parle quand même d'Alex Hawkins.

— On parle de moi ? demande Ben, apparaissant soudain.

— Qu'est-ce qui te fait croire qu'on parle de toi ? l'interroge sa copine.

— Vous avez parlé de beauté et de dieux grecs, c'est indéniablement ce à quoi je ressemblais.

Je pouffe en entendant sa réponse.

— Je suis désolée de te décevoir, Ben, mais Maelle parlait d'Alex. D'ailleurs, tu ferais bien de la surveiller, je pense qu'elle perd la tête.

-Même si je ne suis pas aux anges d'apprendre que ma copine trouve que mon meilleur ami ressemble à une putain de divinité grecque, je ne peux pas lui donner tort, Alex me donnerait presque envie de devenir gay. Aïe, pourquoi tu m'as frappé ? se plaint Ben.

— Tu préfères Alex à moi ? s'insurge Maelle.

— Maintenant que tu poses la question... C'est un paramètre à prendre en compte. Aïe ! Mais arrête de me taper, je vais finir par avoir un bleu. J'entends alors des bruits de course, et la voix de Ben se fait de nouveau entendre.

— Mon cœur, je te conseille d'arrêter si tu ne veux pas que je fasse de même. Sa voix est devenue plus grave. J'écarquille les yeux de dégoût.

— Si vous pouviez éviter de vous chauffer alors que j'entends encore toute la conversation, ce serait très aimable pour mes pauvres oreilles.

La communication se coupe avant que je ne puisse dire autre chose. Je connecte mes AirPods à mon téléphone et lance ma playlist. J'ai souvent entendu dire que le type de musique qu'on écoute détermine notre état d'esprit. Je me demande ce qu'on dirait du mien. Je peux écouter quatre fois la même musique parce que je la trouve émouvante et qu'elle remue quelque chose en moi. Parfois, je passe d'un tube des années 80 à la chanson "Daylight" de David Kushner, en passant par un morceau de piano joué par Charles Leclerc. Ma playlist n'a aucune logique, c'est indéniable.

Je mets le son à fond et prépare ma tenue pour demain. Une mini-jupe brune en cuir, assortie d'un chemisier blanc et d'une paire de cuissards bruns, devrait faire l'affaire. Je sors un de mes sacs à main assortis et dépose l'ensemble sur le divan en velours de mon dressing. Après m'être assurée que toutes mes affaires étaient bien préparées et que mon penthouse était rangé, je me dirige vers ma bibliothèque où trône un magnifique piano demi-queue.

Pour ma défense, c'est ma mère qui m'a obligée à apprendre à jouer. Elle prétendait que ça me servirait un jour. J'ai du mal à y croire, mais je dois avouer m'être attachée à cet instrument. C'est une échappatoire qui me permet de me perdre dans les notes et d'ignorer le monde extérieur. Je dispose mes mains de part et d'autre des touches et joue quelques accords avant de me lancer dans une reprise de la composition Comptine d'un autre été de Yann Tiersen. Mes doigts survolent les touches, et la douce mélodie s'élève dans l'air, m'emportant avec elle. Mon esprit devient silencieux, me laissant quelques minutes de répit, loin de Zack et de tous mes problèmes. Il ne reste que moi et la musique. Quand les dernières notes résonnent dans le silence, je réouvre les yeux et prends une grande inspiration.

Tout va bien se passer. Je vais finir par trouver une solution.

From Hâte To LoveOù les histoires vivent. Découvrez maintenant