Il y a des mystères qui ne devraient jamais être dévoilés. Lorsque des mots se posent sur leurs faces cachées, ils deviennent réels et ne prennent vie que pour tourmenter. Ils doivent rester scellés pour ne pas répandre la calamité aussi sûrement que le font les langues trop facilement déliées.
...
J'avais tous les documents en main. Je regardais le dossier rouge avec le croquis du fauve aux yeux de braise tracé par mon père, posé sur mon bureau. Il avait patiemment attendu, pendant toutes ces longues années que je parvienne jusqu'à lui pour le faire revivre.
Après cette visite dans le domaine de ma famille maudite, Pénélope et moi nous sommes revenus en ville. Tout le long de la route, j'étais perdu au milieu de mes pensées et je ne pipais mot. De temps en temps, elle me regardait du coin de l'œil tout en conduisant. Elle essayait de surprendre une expression sur mon visage. Au bout d'un long moment ni tenant plus, elle s'écria :
- Bon sang, qu'est-ce que tu as ? Tu vas peut-être, enfin, avoir des réponses à toutes les questions que tu te poses depuis si longtemps et pourtant tu n'as pas l'air très enthousiaste.
- J'ai un très mauvais pressentiment. Tout ça est trop simple, ce n'est pas normal.
En fait de simplicité je ne savais pas de quoi je parlais car tout n'était pas gagné. Isidore avait semble-t-il inventé sa propre langue. Personne n'était capable de décrypter tout ce charabia.
Chacune des feuilles que je découvrais à l'intérieur des notes de mon père était remplie de symboles bizarres et écrits dans une langue parfaitement inconnue de tous. Mis à part le petit mot qui m'était adressé, tout le reste n'avait aucun sens.
Il me fallait décoder des espèces de hiéroglyphes et cela pouvait être compliqué car je n'avais aucune idée de la façon de m'y prendre.
Je tournais et retournais le papier usé entre mes doigts, comme pour lui faire révéler ses secrets. Quelques formes cunéiformes se répétaient de façon très étrange. Certains ressemblaient à des dessins puériles . A y regarder de plus près, je fini
par me rendre compte que cela ressemblait à une sorte de bande-dessinée où défilait une histoire. C'était comme les récits de ma grand-mère mais ceux-là étaient sous forme de rébus.J'avais le candidat parfait pour m'épauler dans cette énigme : Isidore, mon ancien colocataire, mon associé dans plusieurs expéditions. Connaissant mon attrait pour les endroits insolites, il m'avait recommandé auprès des plus éminents spécialistes et grâce à lui, j'avais pu me faire une place parmi cette élite.
Ses études littéraires l'avaient menées à ce perfectionner dans la traductions des écritures anciennes. C'était le meilleur dans le genre, il avait fait ses preuves auprès des plus grands noms et s'était forgé une excellente réputation.
Je lui donnais rendez-vous dans un bar où nous avions nos habitudes depuis nos retrouvailles, sous prétexte de se revoir après un long moment d'absence mais je ne lui dit rien de l'affaire qui m'intéressait et pour laquelle je voulais solliciter son aide. Je voulais lui faire la surprise et voir la tête qu'il ferait lorsqu'il découvrirait ma trouvaille. Nous en avions parlé ensemble à plusieurs reprises dans le temps et il savait à quel point cette énigme me hantait.
J'étais assis, impatient de le voir arriver, tenant fermement le dossier tant convoité devant moi.- Blanc-bec, quel plaisir de te revoir, me lançe t-il, d'une voix tonitruante, dès qu'il franchi la porte.
- Salut, cloporte.
Ces petites amabilités étaient devenues une habitude entre nous et nous amusaient beaucoup.
- Comment vont les affaires depuis que nous ne nous sommes pas vus ?
Je voulais que mon annonce fasse son petit effet et préférais ne rien dire tout de suite :
- Qu'est ce que tu veux boire ?
- Houla, c'est du sérieux ! Tu as quelque chose d'important à m'annoncer.
Celui-là me connaissait mieux que quiconque, je ne pouvais rien lui cacher. Il lisait à travers moi, comme dans un livre ouvert.
Pour toute réponse, je posais le dossier rouge sur la table et le fit glisser jusqu'à lui. Je n'eus rien besoin de dire de plus. Il regarda le dossier, il me regarda et un large sourire se dessina sur son visage rayonnant :- Je ne le crois pas ! Tu l'as trouvé ! s'exclama-t-il si fort que la moitié des consommateurs présents dans le bar se retournèrent interloqués.
- Oui, c'est une longue histoire, mais pour faire court j'ai besoin de ton aide.
- Avec joie, tu imagines bien que pour moi , ce serait un honneur de pouvoir te donner un coup de main, et t'aider à savoir ce qui est arrivé à ton père.
En disant celà, il était en train de feuilleter les documents et compris tout de suite de quoi il était question.
- Ah oui, je vois, c'est du chinois. Tu veux que j'essaie d'analyser tout ça ?
Tu es le meilleur pour ça, je suis sûr que tout ce jargon n'aura aucun secret pour toi.
- Ça va me demander un peu de travail, il faut que tu me confies l'ensemble pour que je l'étudie de plus prêt.
- Bien sûr, aucun problème. J'ai hâte que tu me donnes tes résultats.
Innocent arriverait-il à décoder le langage crypté d'Isidore ? J'avais commencé à essayer de tout déchiffrer en vain. C'était un travail titanesque qui lui prendrait certainement beaucoup de temps.
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"Les Derniers" 🚀 Roman SF - En Cours- 15 Chapitres
Science Fiction🌍 Dans un monde où la nature se meurt, où l'individualisme règne en maître, Marcus et Pénélope se rencontrent. ❤️ Deux âmes passionnées, deux esprits brillants, un amour fusionnel qui les unit contre vents et marées. 🚀 Mais lorsque le destin leur...