Janvier (2)

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UN PAS DE DEUX

9 janvier

19h25 – studio de danse

Les graviers blancs volèrent à chacun de mes pas avant d'embrasser à nouveau le chemin. Je ne faisais pas attention où je marchai, distinguant qu'à peine l'école. Mes petits yeux traduisaient ma fatigue et pourtant mon corps allait continuer à s'épuiser.

Ou danser.

Les lampadaires reflétaient les légers flocons virevoltants dans ces douches de lumières. Mon visage en fut parsemé, rendant mes joues et le bout de mon nez rougi. L'air les balaya rapidement, se calant dans mes cheveux coiffés en chignon. Je tournai à droite, retrouvant la lumière familière du néon violet du studio. Le claquement de la porte résonna dans l'intégralité du couloir où la chaleur m'envahit. La buée teinta rapidement mes lunettes et le lilas embauma la pièce avant que je n'ouvre une nouvelle porte donnant sur l'entrée. Des bruits sourds se percutèrent sur les murs avant que je ne les enferme en entrant dans les vestiaires.

Personne.

Les bancs accueillirent simplement mes affaires. Un long jogging noir cacha les collants rose poudrés permettant d'identifier une danseuse classique et mon juste au corps noir à demi dévoilé sous mon pull se reflétait dans le miroir sur pieds de la pièce.

La poignée lâchée, je me laissais guider par le tempo classique qui se répercuta contre les parois du studio.

Mes pointes résonnèrent qu'à peine sous les directives que donnaient Sophie slalomant entre les bars où les filles s'exerçaient.

— Plié, tendu, plié, relevé récita-t-elle en chantonnant avec entrain sur le tempo.

Je me plaçai discrètement à la barre, saluant Maya concentrée à la tordre sous ses mains.

— Je croyais que tu ne venais pas ce soir. lança-t-elle entre ses dents serrées par la douleur qui lacérait son corps sur ses pointes.

Je la rejoignis, échauffant à mon tour mes chevilles et mes pieds.

— En tout cas, je suis heureuse que tu sois là, j'ai l'impression que je vais dépérir avec cet échauffement.

— 5.6.7.8. On recommence, tendu, plié et retiré. Appuyez bien sur la jambe de terre pour garder votre équilibre.

La barre fixée sur le mur, tremblait par la force qu'empoignait Maya dessus.

— Essaye de tendre ta jambe, lui conseillai-je en chuchotement avant d'entendre la voix de Sophie se rapprocher de nous. Aussitôt mon regard retrouva le mur face à moi et je m'efforçai de tenir le plus longtemps sur ma pointe gauche.

— Je suis contente que tu ais pu venir, me salua Sophie en corrigeant ma posture. Garde ton dos bien droit et rentre ton bassin.

J'appliquai ses conseils et redescendis quand elle nous l'autorisa.

— Maya, tu peux remonter sur tes pointes s'il te plait.

Mon amie acquiesça et agrippa à nouveau avec dévotion la barre.

— Ok. Elle se plaça à sa gauche. Maintenant tu vas lâcher doucement la barre. Les bras de Maya tremblèrent. Un à un ses doigts glissèrent sur le bois. Ton poids ne doit pas être soutenu par la barre. Elle est ici uniquement pour t'aider à trouver ton équilibre.

Mon amie croisa le regard de Sophie avant d'acquiescer à plusieurs reprises et de pincer sa lèvre. Elle plia ses jambes et replaça une mèche de cheveux où la peinture avait séché avant de repositionner son bras en deuxième position. Ses genoux lui donnèrent l'élan pour relever et retirer sa jambe droite gardant son équilibre sur sa pointe gauche.

SCOLIO'MEOù les histoires vivent. Découvrez maintenant