Chapitre 6

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Paloma

J'ouvre les yeux brusquement, le cœur battant à tout rompre, la poitrine serrée. Pendant quelques secondes, je reste figée, cherchant à me reconnecter à la réalité, à retrouver un semblant de calme.

La lumière du matin commence à filtrer à travers les rideaux, projetant des ombres qui dansent sur les murs, mais même cette lueur douce échoue à apaiser la boule d'angoisse qui me serre la gorge.

Encore ce rêve. Encore cette même angoisse.

Je me redresse lentement, frottant mes tempes comme si je pouvais effacer les images qui tourbillonnent encore dans ma tête.

Ce rêve... non, ce cauchemar.

La Habana, une ville que je n'ai pas visitée depuis si longtemps, mais qui semble revenir me hanter de manière récurrente.

Et chaque fois que ce cauchemar refait surface, la sensation est encore plus vive, encore plus troublante.

Pourquoi maintenant ? Pourquoi est-ce que je revois ces rues désertes, ces bâtiments que j'ai si souvent arpentés, mais toujours dans une version tordue, vide, comme une coquille délaissée ?

Je suis là, seule dans ces rues, les pavés résonnant sous mes pas pressés.

Je sais qu'il y a quelque chose, une présence, une ombre qui me suit sans jamais se montrer.

Chaque virage, chaque ruelle que je prends, il y a cette sensation, ce poids oppressant sur ma nuque, comme si quelqu'un ou quelque chose m'observait.

Et à chaque fois, juste avant de comprendre ce que c'est, je me réveille.

Tremblante, haletante, exactement comme maintenant.

Je passe une main tremblante dans mes cheveux en bataille, tentant de reprendre mes esprits.

Ce n'est rien, ce n'est qu'un rêve, je me répète en boucle.

Mais mon corps refuse de se détendre.

La Habana, pourquoi est-ce que cette ville revient maintenant dans mes cauchemars, après tant d'années ?

Et cette ombre, cette présence... je ne peux m'empêcher de ressentir qu'elle est plus réelle qu'un simple fragment de rêve.

Comme si elle m'avait suivie, même après mon réveil.

Je me lève finalement du lit, mes pieds nus frôlant le sol froid de l'appartement.

L'air du matin est lourd, presque suffocant, mais je me dirige vers la salle de bain, espérant que l'eau chaude chassera ces sensations désagréables.

Sous la douche, je laisse l'eau glisser sur ma peau, massant mes épaules tendues, mais la lourdeur persiste.

Même ici, je me sens épiée, suivie. L'idée me semble ridicule, pourtant je ne peux m'empêcher de me retourner, de jeter un coup d'œil par-dessus mon épaule.

Bien sûr, il n'y a rien. Il ne peut rien y avoir.

C'est dans ma tête... Ça doit être dans ma tête.

Je me maquille rapidement, essayant de ne pas trop prêter attention à mon reflet dans le miroir.

Mon visage me semble fatigué, tiré.

Ces nuits d'insomnie commencent à se voir, je n'arrive plus à cacher les cernes qui s'installent sous mes yeux.

La dernière fois que j'avais fait ce cauchemar, c'était il y a des années.

The Moretti Legacy : Entwined in blood Où les histoires vivent. Découvrez maintenant