Chapitre 15
Paloma
La fête des femmes touche à sa fin, et peu à peu, les invitées quittent la villa. Il nous faut encore deux heures pour tout nettoyer et ranger. À cette heure tardive, la fatigue pèse lourd, mais l'idée de bientôt rentrer chez moi me réconforte.
Il est environ 2 heures du matin lorsque Mme Moretti vient nous rejoindre dans la grande salle, son élégance intacte malgré la longue soirée. Elle nous adresse un sourire satisfait avant de déclarer : "
- Vous avez fait un excellent travail, mesdames. Comme promis, vous recevrez chacune une prime de 500 dollars, ainsi qu'une semaine de repos bien méritée."
La nouvelle fait l'effet d'une bombe. Une prime de 500 dollars ! Cela peut sembler dérisoire pour certains, mais pour nous, c'est une somme qui fait toute la différence. L'atmosphère devient instantanément plus légère. Les murmures de fatigue se transforment en rires joyeux, et je vois même Bella esquisser un petit saut de joie.
Ce soir, je ne rentrerai pas avec Bella, car elle dort chez son copain. Heureusement, Clara s'est gentiment proposée pour me déposer à mi-chemin, puisqu'elle habite dans une direction différente.
Nous quittons la villa et montons dans sa voiture, une Mazda 3 bleue un peu usée mais fidèle. Pendant le trajet, nous parlons de tout et de rien. Clara me raconte ses projets pour sa semaine de repos : une virée à la plage et un marathon de films. De mon côté, je reste plus discrète. Tout ce que je veux, c'est me reposer et veiller sur ma mère.
Elle me dépose à l'entrée de Liberty City. Je la remercie chaleureusement avant de descendre. La nuit est calme, et le quartier, habituellement animé à cette heure le vendredi soir, semble étrangement désert.
Alors que je marche, un frisson me parcourt l'échine. Cette sensation désagréable de ne pas être seule. Je jette un coup d'œil discret derrière moi et aperçois une silhouette encapuchonnée. Tout ce que je distingue, ce sont ses yeux. Des iris verts qui semblent briller dans l'obscurité.
Mon cœur s'accélère, et sans réfléchir, je commence à courir. La silhouette fait de même, me poursuivant.
"- Paloma, arrête-toi ! Je ne te veux aucun mal !" crie-t-il, sa voix grave résonnant dans la nuit.
Mais je ne l'écoute pas. Mon instinct me pousse à avancer, plus vite, plus loin. Lorsque j'arrive enfin devant ma maison, il cesse de me suivre, mais je sens son regard brûlant peser sur moi jusqu'à ce que je disparaisse derrière la porte.
Je referme la porte à double tour et vais directement vérifier ma mère. Elle dort paisiblement, son visage serein malgré tout. Je m'assure que ses médicaments sont à portée de main avant de rejoindre ma chambre.
Assise sur mon lit, je repense à cette silhouette et à cette voix. Ce n'est pas la première fois que je ressens cette présence oppressante. Toute la semaine, j'ai eu l'impression d'être suivie. Ça devient inquiétant.
Je finis par m'allonger, mais le sommeil tarde à venir. Quand je ferme enfin les yeux, le visage de Carlos s'impose à moi.
Dans mon rêve, je suis à Cuba, dans notre maison d'enfance. Ce lieu que je déteste, qui porte les cicatrices de tant de mauvais souvenirs. Carlos et moi sommes jeunes, 10 et 14 ans, insouciants. Nous jouons dans le jardin, mais quelque chose dans son regard me met mal à l'aise.
« Paloma, je reviens... Tu me manques... »me dit-il encore et encore, sa voix écho lointain dans ce décor que je maudis.
Je me réveille en sursaut, le souffle court, tremblante. Ce rêve... Pourquoi revient-il toujours ? Et pourquoi cette voix résonne-t-elle comme une promesse inquiétante ?
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The Moretti Legacy : Entwined in blood
RomancePaloma Dans le murmure des souvenirs perdus et des rêves égarés, Paloma porte en elle les cicatrices d'un passé tourmenté. Fuyant les ombres d'une île où le soleil ne peut réchauffer les blessures, elle arrive à Miami , une ville où les étoiles se...