Chapitre 16
Gianni
J'ouvre doucement les yeux, la lumière blanche du plafonnier m'éblouit. Je tourne la tête et vois mon bras sous perfusion, une aiguille plantée dans ma veine. Le silence de la chambre d'hôpital est interrompu par le souffle léger de ma mère, assise à mes côtés. Ses yeux mi-clos, marqués par de profondes cernes, reflètent l'inquiétude et la fatigue accumulée.
Je balaie la pièce du regard, tentant de comprendre ce qui s'est passé. La douleur vive de l'explosion revient en vagues, me rappelant cette dernière confrontation avec ce fils de pute de Cubain, Carlos. Un homme dont je n'avais jamais entendu parler jusqu'à il y a deux mois, mais qui a décidé de s'immiscer brutalement dans notre vie. Je ne sais pas à quoi il ressemble, mais je le hais déjà. Une fois sorti d'ici, je vais faire de cette affaire une affaire personnelle. Je ferai tout pour obtenir des réponses de cet homme aux yeux verts que nous avons capturé il y a deux mois, ainsi que des autres otages.
Ma mère remarque mon réveil et se précipite à mes côtés. Elle me regarde avec des yeux inquiets et murmure en italien :
« Gianni, figlio mio, come stai? »
Je tente de la rassurer :
« Je vais bien, maman, pas besoin de t'inquiéter. »
Elle appelle les médecins pour confirmer que mon état est stable. Peu après, un homme d'une cinquantaine d'années, cheveux blonds et yeux marron, entre dans la chambre en blouse blanche.
« Monsieur Moretti, vous vous en êtes sorti de peu. Vous avez contracté une lésion pulmonaire due aux gaz toxiques de l'explosion et souffrez de migraines chroniques à cause du traumatisme crânien. Votre corps a bien réagi au choc, mais vous avez quelques côtes fracturées. Nous vous garderons en observation pendant une semaine, après quoi vous pourrez rentrer chez vous pour poursuivre votre rétablissement. »
Je le remercie et il quitte la pièce. Ma mère et moi discutons brièvement avant qu'elle ne s'endorme, épuisée.
Je suis réveillé par des bruits de dispute. Mes frères et ma sœur se querellent autour de moi, aggravant ma migraine. Je les interrompt :
« Je reviens d'entre les morts et vous voulez me tuer à nouveau ? »
Ils se tournent vers moi, surpris, et Giulia me saute dans les bras avec précaution.
« Gianni, tu m'as fait peur. On pensait ne plus te revoir, » dit-elle, la voix tremblante.
« Parle pour toi. Moi, je serais heureux s'il était plus là pour me casser les couilles, » lance Matteo avec un sourire sarcastique.
Lorenzo se joint à la conversation et nous discutons tous ensemble. Seul Dante reste à l'écart, mal à l'aise après ses récentes erreurs. Je l'invite à nous rejoindre, et finalement, nous passons un moment de franche camaraderie.
Soudain, la porte s'ouvre sur notre père. Vincenzo Moretti entre dans la chambre, le visage fermé. Le silence s'installe instantanément. Sa présence imposante commande le respect. Il me jette un coup d'œil, cherchant des signes de mon rétablissement.
« Comment te sens-tu, Gianni ? » demande-t-il sobrement.
Je confirme que je vais bien, et il s'asseoit aux côtés de ma mère, sans un mot de plus. Mon père n'a jamais été un homme à exprimer ses émotions. Toute sa vie, il nous a conditionnés à ne rien laisser paraître. Montrer ses émotions, c'est montrer sa faiblesse. Même si la douleur me transperce, je ne laisse rien paraître.
Il reste assis pendant une vingtaine de minutes avant de se lever. Avant de partir, il me lance :
« J'espère te revoir opérationnel sur le terrain dans une semaine. »
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The Moretti Legacy : Entwined in blood
RomancePaloma Dans le murmure des souvenirs perdus et des rêves égarés, Paloma porte en elle les cicatrices d'un passé tourmenté. Fuyant les ombres d'une île où le soleil ne peut réchauffer les blessures, elle arrive à Miami , une ville où les étoiles se...