Chapitre 18

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Chapitre 18
Gianni

Je finis d'écouter le médecin expliquer que mon état de santé s'est stabilisé et qu'il peut enfin me débrancher des machines auxquelles j'étais attaché depuis une semaine. Son ton est rassurant, mais détaché. Il m'informe que je peux rentrer chez moi, tout en me rappelant que je dois encore prendre soin de moi.

Mon état n'est pas parfait, mais suffisamment stable pour me libérer de ces murs d'un blanc glacé qui m'étouffent depuis des jours.

Une légère sensation de soulagement m'envahit à l'idée de quitter cet endroit lugubre, où chaque bruit de machine m'a rappelé ma vulnérabilité. Pourtant, une pointe d'irritation reste. Dépendre des autres pour mes déplacements ou mes soins me met dans une position que je hais.

La porte de ma chambre s'ouvre brusquement, laissant entrer mes frères Lorenzo, Matteo et Dante. Comme d'habitude, ils sont bruyants, enchaînant plaisanteries et moqueries dès qu'ils me voient. Matteo, avec son éternelle arrogance, me lance un :

— Alors, grand frère, on t'a enfin libéré ? Tu vas arrêter de jouer les princes alités ?

Lorenzo, lui, se contente d'un rire en coin avant de commenter :

— Vu sa tête, il n'a pas encore récupéré son charme légendaire.

— Vous êtes insupportables, grogné-je en essayant de me redresser.

Malgré leurs sarcasmes, ils s'approchent pour m'aider à me lever. Et même si je déteste l'idée, je n'ai pas d'autre choix que d'accepter leur aide. Lorenzo passe un bras sous mon épaule, tandis que Dante se moque :

— Si tu veux, je te porte jusqu'à la voiture.
Je lui lance un regard noir.
— Essaie, et je te casse le bras, même dans cet état.

Ils éclatent de rire, mais n'insistent pas. Une fois dehors, on monte dans la Range Rover noire garée devant l'hôpital. Lorenzo conduit, Dante à ses côtés, et Matteo et moi prenons place à l'arrière.

L'ambiance est détendue, les discussions tournant autour de tout et de rien. Lorenzo mentionne une nouvelle livraison à surveiller, Dante évoque une soirée à laquelle il a prévu d'aller, malgré sa punition il trouve le temps de s'amuser et de profiter de sa jeunesse , mais moi, je reste silencieux, observant la route défiler.

À un moment, je me penche pour murmurer quelque chose à l'oreille de Matteo.

Ses sourcils se froncent, mais il hoche la tête sans un mot.

On arrive enfin à la maison, cette imposante demeure qui est à la fois un refuge et une prison dorée.

Dans le hall, ma mère et ma sœur Giulia m'attendent.

Leur joie est presque palpable. Ma mère m'enlace doucement, murmure quelques mots en italien que je n'entends pas entièrement, mais je sens l'émotion dans sa voix. Giulia, elle, se contente d'un sourire timide avant de m'étreindre à son tour.

Mon père, comme toujours, reste à l'écart, observant la scène sans un mot. Son regard est impénétrable, comme s'il pesait chaque détail de mon retour.

Lors du déjeuner, l'atmosphère est chaleureuse, bien que légèrement tendue. Mon père qui est resté muet tout le repas parle enfin ajoutant un froid glacial à la conversation:

— La semaine prochaine, Gianni, on a besoin de toi sur le terrain. Ne me fais pas croire que tu comptes jouer les malades éternels.

Mes frères se moquent silencieusement de moi.

Je lève un sourcil, mais je ne réponds pas. Ils aiment trop provoquer, et je refuse de leur donner ce plaisir. Après le repas, épuisé, je monte dans ma chambre pour me reposer.

The Moretti Legacy : Entwined in blood Où les histoires vivent. Découvrez maintenant