- Souley : Pour toi, je ferais n'importe quoi, répondit-il, son ton à moitié sérieux, à moitié joueur. Même si ton père me regarde de travers à chaque rencontre, je tiendrai bon.
Je secouai la tête, amusée
- Moi : Tu sais que ça risque de ne pas être facile, hein ?
- Souley : Je sais. Mais rien n'est impossible avec la patience et les bonnes intentions.
Il me fit un clin d'œil, et à cet instant, je me rendis compte que malgré toutes les épreuves que nous avions traversées, ce moment-là était celui qui marquait un nouveau départ, un chemin que nous étions prêts à emprunter ensemble.
Il reprit doucement ma main dans la sienne, et nous restâmes ainsi, assis dans ce parc, à parler de notre futur, de nos rêves, de ce que pourrait être notre vie ensemble. Et malgré la douceur du moment, je sentais que nous étions prêts, prêts à affronter tout ce qui viendrait, ensemble.
36
Quelques jours après ce moment au parc, je me suis sentie prête à commencer ma vie « de travail ». C'est dans cette optique que je me rendis à un entretien d'embauche pour un service civique dans une ville voisine. C'était un petit pas, mais un pas important pour moi. Le poste était à dix minutes en train de chez moi, ce qui rendait l'opportunité parfaite.
Le directeur de l'école m'accueillit chaleureusement, et l'entretien se déroula mieux que je ne l'aurais espéré. À la fin, il me sourit en me disant : « Je pense que vous avez tout ce qu'il faut pour ce poste. Je vous rappellerai très vite pour vous donner une réponse définitive. »
En sortant de l'entretien, je sentais mon cœur léger, pleine d'espoir. Je n'en avais encore parlé à personne, préférant garder la surprise pour plus tard, peut-être une bonne nouvelle à partager avec ma mère et, bien sûr, avec Souleymane.
Je marchai tranquillement vers la gare, mes pensées encore pleines de l'entretien et de tout ce que cela pourrait signifier pour mon avenir.
Il était 17h et mon train était prévu pour 17h45. Je m'assis sur un banc en attendant, un peu fatiguée mais sereine. Quand le train arriva enfin sur le quai, je montai sans trop réfléchir. Ce n'est qu'une dizaine de minutes plus tard, en regardant par la fenêtre, que je me rendis compte que le paysage ne me disait rien. Mon estomac se serra.
Je vérifiai rapidement mon téléphone pour confirmer ce que je redoutais : j'étais dans le mauvais train.
Le train poursuivit sa route, m'emmêlant dans mes pensées de panique, jusqu'à ce qu'il s'arrête finalement dans une petite gare isolée, à environ une heure de chez moi. Il était 19h. J'avais atterri en plein milieu de nulle part, une ville inconnue, sans personne à appeler.
« Qu'est-ce que je vais faire... ? » murmurai-je, la panique commençant à m'envahir.
Je regardai le panneau des départs : il y avait un train qui partait à 19h33, en direction de la gare où j'étais censée me trouver. Un espoir.
Mais alors que les minutes passaient, 19h33 arriva sans qu'aucun train ne soit en vue. Mes jambes se mirent à trembler légèrement, mes yeux se remplissant de larmes. La fatigue, l'angoisse, tout s'accumulait.
Alors que je luttais contre les larmes, un jeune homme vêtu d'une capuche noire s'approcha de moi. Son visage était à moitié caché, et sa démarche lente et calculée fit monter un frisson le long de ma colonne vertébrale. Il avançait directement vers moi, et pendant un bref instant, j'eus l'impression qu'il allait me faire du mal.
Mon cœur s'emballa. Je ne savais plus quoi faire. C'était comme si le temps s'était arrêté, et chaque pas qu'il faisait résonnait comme une menace.
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