Chapitre 40

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À peine installée dans la cabine, dans l’un des fauteuils de cuir brun, que je sortais mon ordinateur portable sur la table. Daniel était encore en train de s’installer, en face de moi, et il me regardait d’un drôle d’air.

_ Quoi ?

Je pris quand même un court instant pour m’enfoncer dans le cuir moelleux, les yeux fermés de plaisir. Bien mieux qu’un avion de ligne, il fallait bien l’avouer. Après un petit soupir de bien-être, je me redressais pour lancer mon logiciel, jetant un coup d’œil à l’australien en attendant sa réponse.

_ Tu vas vraiment travailler là ?

Je le regardais derrière mon écran.

_ Bah oui, tu veux que je fasse quoi d’autre ?

Ma réponse sembla le surprendre, et il se referma aussitôt sur lui-même dans son siège, avec un air boudeur. Je pouffais, haussant un sourcil.

_ Tu as besoin que je te donne de l’attention ?

_ Oui.

Sa réponse franche manqua de me faire avaler de travers. Je devais absolument bosser sur les derniers détails de la voiture, et commencer à programmer les réunions et les possibles modèles pour le grand prix suivant. Je n’avais clairement pas le temps de faire autre chose.

_ C’est important Daniel, il faut que je fasse ça avant ce soir.

_ C’est nul.

_ Alors ta voiture du weekend sera nulle et tu vas finir seizième. J’esquissais un sourire moqueur. 

_ Ah non, pas seizième. Bon d’accord, mais pas longtemps alors.

Sa moue boudeuse toujours affichée, je riais doucement et l’ignorais pour me plonger dans les derniers rapports envoyés de la soufflerie.

L’aérodynamisme semblait être au point, peut-être une très, très légère anomalie au niveau de la pointe gauche de l’aileron arrière, mais selon mes collègues c’était une donnée que nous pouvions ignorer tant elle était infime. Nous verrions lors des essais libres.

Daniel avait sorti son téléphone, et l’avion se mit en mouvement. J’agrippais mon ordinateur pour qu’il ne finisse pas par terre lors du décollage. Tout se passa sans encombre, et nous fûmes vite à vitesse de croisière, à des milliers de kilomètres du sol.

Les nuages vus à cette hauteur étaient juste sublimes, et je passais de longues minutes à observer la mer blanche et cotonneuse qui tapissait le ciel. Un sourire enfantin aux lèvres, je me perdis dans ma contemplation.

_ Si tu ne travailles pas, tu peux venir sur moi.

Cette fois-ci je m’étouffais pour de bon et me tournais vers Daniel avec un air de merlan frit.

_ Que… quoi ?

Mes joues me brûlaient. Le tact, pitié, le tact. Il avait un sourire bête aux lèvres, et je grognais.

_ Arrête de dire des conneries…

_ C’était une vraie proposition.

Je lui jetais un regard qui se voulut agacé, mais il ne fit qu’y rire. Alors, vexée, je retournais à mon ordinateur, maugréant. Seulement, impossible de me concentrer. L’homme en face de moi ne faisait que me regarder, je pouvais le sentir, et mon cerveau avait suivi mon cœur sur ce plan-là; il avait complètement décroché de la réalité et se mettait à passer des scènes obscènes dans ma tête.
 
Je sentis mon visage s’embraser, les yeux rivés sur mon clavier, alors que j’essayais de faire taire mon maudit esprit. Tout était de sa faute, pourquoi me proposer de venir sur lui ? Je soufflais un bon coup et attrapais mes écouteurs pour y lancer ma playlist. Il fallait absolument que je me concentre, j’avais encore au moins trois heures de travail devant moi, ça devait être fini avant ce soir sinon j’allais devoir y passer ma nuit.

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⏰ Dernière mise à jour : Sep 26, 2024 ⏰

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