Le lendemain, je suis assis sur une chaise à une table dans la salle commune. Le ciel est très dégagé, permettant au soleil d'envoyer ses rayons lumineux sans gêne.
Heureusement pour moi que la climatisation est allumée, je fondrais sinon et si c'était possible.
Il est encore tôt, je peux larver encore un peu en sirotant mon lait à la fraise.
Il ne devrait pas tarder à arriv-
"Joon ? T'es là. Finit ta boisson est ramène toi dans mon bureau après. Je t'attends." me dit-il avant de disparaître du cadre de la porte. Quand on parle du loup, on y voit la queue.
Je vois quelques collègues jeter des coups d'œil vers ma direction et où Bastian était.
Ils ne sont pas surpris par ce ton froid qui fait comme parti de Bastian, cependant ça reste quand même quelque chose qui attire l'attention. Sa voix, c'est comme entendre la princesse Elsa parler. Et encore, d'après mes souvenirs, elle est gentille et douce. De plus, ce qu'il a dit laisse penser qu'il va me faire passer un savon.Après ce qui me semble être cinq minutes, je traverse le couloir de mon secteur.
Oui, parce que chaque équipe a son étage, pour vous dire à quel point l'immeuble peut être grand. Et à quel point ils sont riches ici.
Je toque avant d'ouvrir la porte et de faire un pas dans la salle.
Tiens ? Il n'est pas là. Soudainement, on se racle la gorge derrière moi.
"Hum-hum. J'aimerais entrer aussi mais avec toi devant, ça ne va pas être possible."
Je ne manque pas de sursauter. Mais je m'extirpe du chemin aussitôt, comme par réflexe.
"Excusez-moi !" m'écrié-je, peur de prendre un amer reproche.
Il entre donc dans la pièce et ferme la porte derrière lui. Je peux entendre un petit ricanement de sa part quand je me suis excusé.
"Ça ne fait rien. J'étais dans le bureau du patron. ...Pour justifier mon retard."
Je lui répond par un hochement de tête. Ensuite, je vais m'installer sur ma chaise.
Je peux me permettre de dire "ma" maintenant que je ne suis plus trop un étranger ici.
Bastian me rejoint juste après, allumant le climatiseur dans son élan.
Qu'est-ce que j'aime l'hiver. Pourquoi l'été doit être si éprouvant ?
"Comment se passe les travaux de M. Grey ? demandé-je afin que le silence se rompe.
- Bien. Il est plutôt strict mais ça fera l'affaire.
- Okay. Hum.. Qu'est-ce qu'on fait maintenant ?
- Paperasse, coups de fil, déplacements. C'est ce qui nous attend pendant que les ouvriers construisent."
Et il me tend un document accompagné d'une couche de numéros de téléphone. Je prends la fiche et la zieute.
"D'ailleurs, à moins que tu sois un extraterrestre caché, tu n'as pas chaud avec ce sweat ?
- Si mais ça va. Pourquoi ?
- C'est assez déroutant."
Je fronce les sourcils. Pourquoi il s'en soucis même ? C'est la deuxième fois qu'il fait cette remarque.
Bref, je retourne mon attention sur le bout de papier. Je déverrouille mon téléphone et compose l'un des numéros dessus afin de passer une commande de meubles.
"Pourquoi 40% ?" demande-t-il soudainement.
Mon sang se glace. Je tourne lentement mes yeux vers Bastian alors que j'allais justement appuyer sur le bouton vert pour appeler le numéro que j'ai inscrit.
"C'est rien." réponds-je sans plus de détails, voulant terminer cette discussion le plus tôt possible. Puis, j'appelle le numéro et tourne mes yeux de lui vers autre chose.
Je ne veux pas qu'on mette en place des aménagements ou qu'on fasse attention à moi. Je ne veux pas avoir des "traitements de faveur" ou encore de la pitié.
Ce serait humiliant pour moi et embêtant pour les autres. Je ne veux pas être un fardeau même si j'ai l'impression d'être déjà un poids pour beaucoup de personnes.C'est la pause déjeuner et je suis sorti dehors. Pas à la recherche de nourriture mais d'air.
Bastian a essayé d'avoir des réponses mais je ne lui ai rien dit de plus.
Je suis entré dans une bibliothèque pour l'éviter le plus possible. Déjà que je me suis mis dans une situation embarrassante avec ce rêve, il faut en plus qu'il se mêle de mes affaires.
Les gens ne savent donc pas quand s'arrêter ?
Comme je veux l'éviter et donc minimiser voir rendre impossible les chances de le croiser par hasard sur notre lieu de travail, je me suis réfugié dans la bibliothèque du coin. Avec le peu de connaissance que j'ai de Bastian, il n'est pas du genre à aller de son plein gré dans un endroit pour lire ou même juste emprunter un bouquin.
Il y a peut-être une chance que ça arrive si Hans lui force la main.

VOUS LISEZ
Mon souvenir perdu (Mein verlorenes Gedächtnis)
Teen Fiction☆ Et si je vous parlais d'un don Juan asocial, détestable, qui hait tout le monde ? Malgré son caractère de merde, il arrive quand même à montrer une autre facette de lui à un gamin qui vient sur son lieu de travail. Ils deviennent ensuite comme des...