CHAPITRE XXXII

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Vendredi 31 décembre, Paris

Georgina et Maria sont réparties pour Hudson, il y a cinq jours. À leur arrivée chez elles, on avait eu droit, de la part de la sœur de James, à un long message nous disant à quel point elle était triste d'être rentrée et qu'elle aurait voulu passer la Saint-Sylvestre avec nous à Paris. Ça ne nous aurait pas dérangés, mais M. Heraldson m'avait déjà fait une immense faveur en acceptant leur venue à Londres pour Noël.

De notre côté, en cinq jours, on est allé à Dublin le 27, à Glasgow le 28, où j'ai fait la connaissance d'un des amis anglais de James, à Anvers le 30 et on a décidé de rejoindre Paris pour la nouvelle année et être ainsi sur place pour les deux concerts prévus en France les 2 et 3 janvier.

Le nouveau rythme de la tournée est en train de m'achever. Concert, hôtel, trajet en minibus et nouveau concert le soir. Aucun moment de repos et le peu que je dors ne me repose absolument pas.

Voilà pourquoi, aujourd'hui, même s'il est plus de quinze heures, je suis encore au lit. Je veux profiter de ce day off pour rattraper tout le sommeil que j'ai en retard.

Quand je décide enfin de me lever, il va être dix-huit heures. Je passe par la salle de bain, prends une douche et m'habille avec la petite robe blanche que James m'a offerte. Je sors de ma chambre et le retrouve affalé sur le canapé, les pieds sur la table basse et sa guitare sur les genoux.

— Tu as beau me dire ce que tu veux, je ne peux pas m'arrêter de t'aimer. Non, je ne le peux pas. Je ne peux pas m'arrêter de t'aimer, chantonne-t-il en grattant les cordes de son instrument.

— C'est joli, je souris alors qu'il tourne la tête vers moi. C'est une nouvelle chanson ?

— Elle est en cours d'écriture, sourit-il. Je nous ai prévu un réveillon qui devrait te plaire, reprend-il en posant sa guitare près de lui avant de sauter sur ses pieds.

J'ai dans l'idée de lui parler. Car on n'a toujours pas eu la discussion que je lui ai promise devant la statue de Churchill à Londres et je n'ai pas non plus répondu à sa quasi-déclaration d'amour quand il est venu me rejoindre dans ma chambre le soir de son anniversaire.

On avait été dérangé par Georgina qui avait déboulé dans ma chambre comme une furie en pleurs, car son petit ami n'avait pas répondu à son SMS de Noël. James s'était éclipsé et j'avais passé ma nuit à la consoler. Elle s'était imaginé trois mille scénarii de « Il ne m'aime plus. » à « Il est en train d'agoniser dans un ravin. ». Et finalement, elle avait reçu la réponse tant attendue à huit heures trente du matin. Il s'excusait de ne pas lui avoir répondu plus tôt, mais son petit cousin lui avait caché son portable et il venait seulement d'accepter de le lui rendre, après qu'il lui a donné un billet de dix dollars. Tout était bien pour elle, mais avec son frère on venait, encore, de louper une occasion.

Et maintenant, je veux lui parler, mais je me vois mal déclarer de but en blanc : « Je t'aime et je suis prête à tenter quelque chose avec toi. ». Ça serait tellement bizarre. Il va falloir que je crée l'occasion pour qu'on puisse en discuter.

— Tu voulais me dire quelque chose ? me demande James alors que je suis plantée devant lui comme une idiote depuis trois bonnes minutes.

— Ça peut attendre, je souris. J'ai hâte de savoir ce que tu nous as préparé.

— D'accord. Je vais m'habiller et j'arrive.

Je fais demi-tour et entre dans ma chambre. Je rejoins ma salle de bains pour me maquiller et me coiffer. Je passe ensuite mes cuissardes et enfile mon manteau avant de rejoindre le salon. James apparaît deux minutes plus tard, portant la chemise bleu clair, offerte par sa mère, avec un pantalon de costume noir. Il récupère sa veste assortie à son pantalon sur l'une des chaises et me regarde en souriant alors qu'il la passe.

Deviens ma plus belle chansonOù les histoires vivent. Découvrez maintenant