Dimanche 2 janvier, Paris
Assise par terre sur la scène, près des coulisses, avec mon ordinateur sur les genoux, je retravaille le livre de James comme me l'a demandé M. Heraldson. En venant à la salle, James m'a donné ses consignes pour que je puisse le revoir seule dans un premier temps et on y regardera ensemble plus tard. J'aurais pu m'enfermer dans sa loge, mais être ici me permet de profiter des répétitions et, cerise sur le gâteau, de lui.
— Bonjour, Alexandrine, sourit Martin, le responsable qui gère le montage/démontage de la scène, en passant à côté de moi. Bonne année.
— Merci, à vous aussi, je souris en relevant les yeux sur lui. Comment vont vos enfants ?
— Très bien. Mais ils me manquent affreusement.
— Je vous comprends. Courage à vous.
— Merci, dit-il en sortant de la scène.
Je reporte mon regard sur James qui discute avec Paul et Greg. Dire qu'à partir de demain, on repart avec le tour bus. C'est vrai que cela va être moins fatigant, car on va pouvoir dormir durant les trajets, mais j'appréhende aussi. Avec les chambres d'hôtel, on avait, James et moi, une intimité qu'on va irrémédiablement perdre et j'ai peur des conséquences. C'est vrai qu'ils sont habitués à nous voir proches l'un de l'autre, mais on avait toujours une certaine retenue du fait qu'on n'était pas ensemble. Seulement, maintenant qu'on l'est, ça va être compliqué de ne pas franchir les frontières. Enfin, pour aujourd'hui, ça devrait le faire. Il faut juste qu'on tienne jusqu'à la fin du concert et après on rentre, tous les deux, à l'hôtel. Quand James a prévenu Ryan, il a fait une tête bizarre, mais James a rattrapé le coup en lui disant qu'on avait chacun la sienne. Ce qui est techniquement vrai puisqu'on se partage une suite. Après le fait qu'on n'en utilise qu'une, personne ne peut le savoir.
— Allô ? je dis en décrochant après que mon portable a vibré dans ma poche.
— Salut, sourit Liz. Bonne année. Bonne santé et un petit pour la fin de l'année, rigole-t-elle.
— Salut, je souris, bonne année à toi aussi. Par contre pour le petit, même pas en rêve !
— Il ne faut jamais dire jamais, Alex. Tu ne peux pas savoir comment ça va tourner avec ton beau chanteur. Quand tu te seras enfin décidée à lui avouer tes sentiments, il voudra peut-être te faire un enfant sur-le-champ. Qui sait ?
— J'ai quand même mon mot à dire.
— Alex, je sais que tu veux des enfants, et je pense que si tu es certaine que c'est le bon, tu ne devrais pas attendre trop longtemps. Tu n'es plus toute jeune, dit-elle en souriant.
— Merci, entendre qu'on est vieille fait toujours plaisir ! je grimace.
— Oh, Alex, ne te fâche pas. Je ne dis pas ça pour te faire du mal. Il faut juste être réaliste, tu sais.
— T'inquiètes, on m'a déjà fait la leçon.
— Alors entre James et toi, ça avance comment ?
— Je... Euh... Hum..., je bafouille en grimaçant, car il y a trop d'oreilles indiscrètes ici pour que je puisse parler en toute liberté. Disons que ça avance plutôt bien, je souris.
— Alex, sourit-elle, ça y est ? Vous êtes ensemble ?
— Eh oui, je confirme avec un grand sourire en reportant mon regard sur James par automatisme.
— Mais c'est génial ! Je suis super heureuse pour toi, Alex. Vraiment. J'espère que tu me le présenteras officiellement maintenant, me demande-t-elle alors que j'entends toute sa joie dans sa voix.
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Deviens ma plus belle chanson
Romance"Personne n'a peur de retomber amoureux. Mais tout le monde redoute de souffrir à nouveau." Quand Alexandrine et James se rencontrent, ils ont dix-sept ans. Elle est en couple et lui débarque de l'autre côté du pays. Quand Alexandrine et James se re...