Zélia
Cela faisait déjà quelques jours que je n'avais pas revu Amos depuis ce matin-là, où je m'étais réveillée dans ses bras. Son absence me laissait un sentiment étrange, presque un manque, mais aujourd'hui je n'avais pas le luxe de m'y attarder.
Je sentais la nervosité monter en moi alors que je me dirigeais vers le QG, mais une excitation sourde grondait aussi. Aujourd'hui était un jour crucial, le genre de jour qui pouvait définir ma place dans le gang, celui où j'allais prouver ce dont j'étais capable. Il s'agissait d'une transaction importante, avec un nouvel acheteur, quelqu'un qui, s'il était satisfait, deviendrait sans doute un client régulier. Mais c'était pas un client facile mais un des plus dangereux du secteur.
En arrivant au QG, je retrouvai Nathan, Karl, Tim, et Maria qui m'attendaient déjà. Deux hommes de main imposants, Karl et Tim avaient tout du stéréotype du gars dangereux : froids, pragmatiques, mais sans jamais être irrespectueux, ce que j'appréciais. Maria, avec qui j'avais passé pas mal de temps depuis deux jours, me lança un sourire complice. C'était la seule avec qui je me sentais un peu à l'aise ici, une fille du gang qui comprenait parfaitement les subtilités du milieu.
Nathan se tourna vers moi, un sourire en coin, prêt à me briefer une dernière fois avant de partir.
— T'as bien tout en tête ?" demanda-t-il, en me dévisageant avec son regard calculateur.
— Ouais, je pense. L'acheteur s'appelle Rossini, il veut la marchandise en trois lots et surtout... pas de contact visuel prolongé ni trop de questions, répondis-je en passant mentalement en revue tout ce qu'il m'avait répété la veille.
Nathan me tendit une arme, une petite mais efficace. C'était une précaution, au cas où les choses tourneraient mal.
— Juste au cas où, pas pour faire joli. Et garde ton sang-froid. Si quelque chose te paraît louche, tu recules. On n'a pas besoin de risquer des pertes ce soir, ajouta-t-il.
Un frisson de responsabilité me parcourut alors que je prenais l'arme et la glissais dans mon sac. C'était un test autant qu'une mission.
Le lieu de la transaction était parfait pour ce genre d'affaire : un vieux bâtiment à moitié en ruine, isolé, presque impossible à repérer de loin. En entrant, l'odeur de béton humide et de poussière froide m'envahit, rendant l'endroit encore plus angoissant. Mais je m'y attendais, ce n'était pas mon premier deal.
Rossini, l'acheteur, nous attendait déjà au fond d'une grande pièce délabrée. Il était accompagné de deux types costauds en costume, qui surveillaient chaque angle de la pièce avec une vigilance quasi militaire. Rossini lui-même était calme, calculateur, et son regard glacial me transperça quand il posa les yeux sur moi.
— Alors, c'est toi qui m'apportes la marchandise ? demanda-t-il, un sourire imperceptible aux lèvres.
Je m'avançai avec assurance, évitant de croiser son regard trop longtemps, comme me l'avait conseillé Nathan.
— Oui, trois lots comme convenu, répondis-je, en désignant les sacs derrière nous. À condition que tout soit en ordre de votre côté aussi.
Rossini hocha la tête et claqua des doigts. Un de ses hommes sortit une mallette, qu'il ouvrit pour révéler les liasses de billets impeccablement rangées. Je jetai un coup d'œil rapide à Karl, qui hocha la tête, confirmant d'un signe discret que tout semblait en règle. Que je m'avança pour prendre la mallette, il la referma net d'un coup sec.
— Mais d'abord, j'aimerais savoir qui j'ai en face de moi, car je ne t'ai jamais vue... lança-t-il d'un ton presque amusé. Et le nom de cette magnifique femme en particulier m'intéresserait.
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Sous les néons de l'interdit
RomanceAmos et Zélia n'étaient pas faits pour s'entendre. Entre les provocations, les regards noirs et les piques acides, leur vie de campus est vite devenue un champ de bataille. Zélia le trouve insupportable avec son arrogance de bad boy. Amos, lui, ne s...