Chapitre 59 : L'exception ♠️

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Un rugissement me réveille alors qu'il fait nuit noire. Une petite flamme est à peine visible dans le feu mourant, dernière source de lumière avec le rayon de lune qui pénètre par l'ouverture naturelle dans la roche.

Nous sommes à l'abri, rien ne peux venir nous menacer. Non, le seul danger réside dans cette caverne. Il dort profondément à mes côtés, épuisé par notre partie de sexe enflammée quelques heures plus tôt.

Keya.

Cette fille me rend fou. Il y a cette attraction entre elle est moi que je ne peux comprendre. Ce désir qui ne me lâche pas, ce besoin viscéral de lui montrer qu'elle m'appartient, de graver sa peau de mon désir, que je déploie sur elle comme une marque au fer rouge.

Au départ elle n'était qu'une parfaite diversion à la vie ennuyeuse et trop calme de la cité. Un jouet qui me ferait patienter jusqu'à l'expédition vers la ville labyrinthe. Je l'abandonnerai alors comme tout mes autres jouets usagés, comme le déchet qu'elle serait devenue. Mais l'entendre prononcer mon nom, la sentir s'abandonner à moi m'a rendu accro et la tentation m'a complètement rongé.

Je ne me suis jamais soucié des autres, alors pourquoi suis-je suspendu aux gémissements qui s'échappent de sa bouche, aux tremblements de son corps, à sa peau aussi chaude que sensible ?

Humpf ... pourquoi je me pose cette question ... je connais pourtant la réponse. Cette fille n'est pas comme les autres, et cette journée l'a prouvée une fois de plus.

Elle ne le sent peut-être pas ou ne veut pas le voir mais son aura palpite depuis la connexion avec le dragon. Une subtile oscillation, mais suffisante pour déceler le potentiel exceptionnel si le pouvoir du dragon insufflé dans le corps de la jeune femme prenait de l'ampleur.

Et cette puissance m'attire tout comme la créature qui la possède.

Elle a beau m'agacer avec son arrogance et sa petite fierté, j'avoue que son côté doux et espiègle me plaît assez.

Ce soir encore, je n'ai pu résister à l'envie de goûter à ce fruit défendu, ne faire plus qu'un avec elle le plus longtemps possible, me menant jusqu'à commettre l'impensable. Ensemble, nous avons plongé dans un océan d'extase, je lui ai offer mes propres soupirs tandis que je me déversait au plus profond d'elle.

L'espace d'un instant, j'ai bien cru mourir. Mais, bordel, quelle mort ! Niché au fond d'elle, agrippé à son corps tandis que mon orgasme se mêlait au sien.

Mes yeux glissent jusqu'à son ventre en repensant à ce que j'ai fait.

Bon sang, mais qu'est-ce qui m'a pris ? C'est la seconde fois que je baisse la garde face à elle. Et cette fois, j'ai complètement perdu le contrôle.

J'ai l'impression d'avoir marqué mon territoire tel un animal, comme si j'avais besoin de lui faire porter une partie de moi. L'idée fugace qu'elle puisse porter mon enfant me rend instantanément nerveux.

Je ne sais toujours pas pourquoi j'ai désiré jouir en elle mais l'idée de quitter la douce chaleur de son corps n'était pas envisageable.

Mon bras se resserre instinctivement autour d'elle à l'idée de ne pas pouvoir la garder que pour moi. Je dois la posséder, la faire mienne.

Mienne. Elle m'appartient.

- Hmpf ... Hisoka ... murmure la jeune femme d'un air endormi. Tu m'écrases.

Je ris légèrement alors que je relâche mon emprise sur elle, n'ayant pas réalisé à quel point je l'a tenais si fort.

- Tu paniques à cause de ce que nous avons fait ? marmonne t-elle en gardant les yeux fermés.

- Je ne dirais pas que je panique ~

Keya enroule alors ses bras autour de mon avant-bras, se blotti contre ma poitrine, la paume de ma main posée contre son cœur.

C'est étrangement agréable de sentir son souffle chaud caresser la peau de mes pectoraux, entendre le battement de son cœur, sentir son odeur.

Je me contente de la regarder, collée tout contre moi tel un petit chaton blottit contre son maître, et m'attends presque à ce qu'elle se mette à ronronner.

- Nous ne risquons rien, je ne suis qu'au début de mon cycle explique t-elle simplement.

Je ne sais pas si je peux lui faire confiance mais cet aveu me rassure. Je ne suis pas fait pour être père. Ça ne m'intéresse pas. Les autres ne m'intéressent pas, sauf si ce sont de puissants combattants ou me permettent d'atteindre mes objectifs.

Mais elle ... elle m'obsède ... un peu trop ...

Keya se met à bâiller avant d'expirer lourdement, gagnée par la fatigue. Je sens sa jambe se glisser entre les miennes et son corps se détendre entièrement.

- Tu n'arrêtes pas de te plaindre de ma folie mais tu viens toujours me retrouver. Pourquoi ?

- J'aime être avec toi, Hisoka elle murmure contre sa main avant de bâiller.

Je me fige, perplexe par ces derniers mots qui me frappe aussi violemment qu'un coup de poing en plein dans l'estomac.

Elle ... elle aime être avec moi ? Que veut-elle dire par là ? Personne n'aime rester avec moi plus longtemps que nécessaire. Ils savent comment finissent ceux qui me fréquentent. Même Illumi ne s'y risquerait pas.

Je l'a regarde se rendormir, toujours accroché à ses paroles.

Non, ce n'est pas ce qu'elle voulait dire.

Elle a besoin de moi pour le moment, elle m'utilise pour oublier son passé, tout comme je l'utilise pour me divertir.

C'est tout ce qu'elle voulait dire par là, n'est-ce pas ?

Pourquoi diable tu te remets autant en question ? Pourquoi tu n'arrive pas à te décider, à savoir quoi faire de ce jouet ?

Je n'avais pas envisagé qu'elle serait une menace pour moi, qu'elle m'attirerait comme un fruit empoisonné. Elle menace dangereusement la façade que j'ai construite au fil des années, le masque derrière lequel je terre chacun de mes secrets. Et ça ne me plaît pas du tout.

L'anxiété envahit mon ventre en imaginant qu'elle puisse avoir un quelconque pouvoir sur moi.

Pourquoi ai-je envie de te détruire, anéantir ce que tu es ... mais éprouve aussi l'envie de te garder près de moi aussi longtemps que possible ?

Je devrais la tuer.

Cette pensée domine mon esprit, guide ma main jusqu'à sa gorge, mes doigts autour de sa peau blanche. Je n'ai jamais tué quelqu'un dans son sommeil, ce n'est pas ainsi que je fonctionne, mais l'effet qu'elle a sur moi me frustre terriblement. Sa capacité à me faire remettre en question ne me plaît pas du tout.

C'est si simple. Je n'ai qu'à serrer ma main sur sa gorge et je n'aurais plus à me tourmenter autant quant au sort qu'elle mérite.

Mais mon esprit n'est pas consentant et m'envoie un flot d'images d'elle. Les moments passés ensemble, son corps blottit contre le mien.

Merde. Fais-le.

Mais ma main ne bouge pas. Elle refuse de m'obeir et d'en terminer une bonne fois pour toute.

- Bon sang je soupire tout en retirant ma main.

À ce moment là, Keya remue, expire lourdement mais ne se réveille pas. Un petit sourire naît sur ses lèvres avant de disparaître aussi rapidement qu'il est apparu.

Je dois me débarrasser d'elle. D'une façon ou d'une autre.

Double je(u)Où les histoires vivent. Découvrez maintenant