- Déjà debout ?
Oui, et depuis un bon moment. Je m'active à réaliser les tâches qui ont motivé notre venue dans les cavernes. J'ai récolté assez d'argile pour tenir un bon moment et j'ai placé le message que m'a remis Grand-père dans le petit coffret prévu pour les échanges entre les différentes tribus.
- Oh ! Euh ... oui.
Mince. Pourquoi je me sens légèrement mal à l'aise après la nuit qui vient de se passer ? Est-ce parce que je ne sais toujours pas à quoi m'attendre avec lui ? Ou que je ne sais pas si je dois écouter ma tête ou mon cœur ?
Quand la première me crie me prendre mes jambes à mon cou et fuir le plus loin possible, le second m'implore d'arrêter de me voiler la face et d'accepter les sentiments que je ressens pour Hisoka.
- Quand est-ce qu'on lève le camp ? demande mon compagnon en s'étirant nonchalamment.
- Dès que tu auras mangé. À l'aller nous avons eu la chance de ne rencontrer aucun danger mais ça ne sera peut-être pas le cas pour notre retour.
- Aucun danger ? Que fais-tu du dragon ? il nargue en haussant un sourcil.
- Ah ... j'oubliais ...
- Tu as oublié ? Comment peut-on oublier une chose pareille ?
J'hausse les épaules et souris timidement en guise de réponse. Bien sûr que je n'ai pas oublié ce qu'il s'est passé avec Ymrot, je parle plutôt des dangers habituels que nous aurions pu croiser.
Nous quittons la caverne une fois Hisoka habillé, repu de pates de fruits préparées par Grand-mère et le camp remis en ordre.
Nous faisons preuve de vigilance sur le chemin du retour car contrairement à la veille, nous rencontrons pas mal de créatures hostiles. Nous mettons plus de temps pour parcourir la distance qui sépare les cavernes d'Oron Latta, perdant énormément de temps à dissimuler notre présence dès qu'une créature trop colossale à être affrontée croisait notre route.
Nous arrivons aux portes de la cité peu avant la tombée de la nuit, fatigués et rêvant d'un bon bain suivi d'une nuit de sommeil.
Une vraie nuit de sommeil.
Je m'apprête à siffler pour signaler notre présence aux gardes lorsqu'une main se plaque contre ma bouche.
- Pas si vite murmure Hisoka à mon oreille.
Sans rien dire, il retire sa main, me saisi par les épaules, me retourne brusquement puis me plaque contre la paroi rocheuse.
Je suis complètement abasourdie par son geste, ne comprenant pas ce qu'il cherche à faire.
Sa main glisse lentement sur ma gorge avec une lenteur obsédante et me fait basculer aussitôt dans une langueur suffocante. Ses doigts parcourent le long de mon cou et prennent leur temps pour dessiner chaque contour, chaque creux, chaque changement que mon souffle hors de contrôle créés par sa faute.
Il reste un instant figé, me dévisageant de ses yeux sombres, exprimant un mélange troublant d'exaspération et d'hésitation.
La tension entre nous est palpable, semblable à une corde qui pourrait se rompre à tout moment.
Un soupir lui échappe et sans prévenir, sa bouche m'arrache un baiser ardant, avec ferveur et détermination.
Ses bras forts viennent entourer ma taille et la serrer doucement comme s'ils pouvaient me briser à tout moment.
Sa chaleur est si réconfortante, si apaisante que je ferme les yeux et soupire d'aise. Il ne faudrait pas rester ainsi trop longtemps ou sinon je ne pourrai jamais le lâcher !
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Double je(u)
FanfictionÉtant enfant, Keya avait cent fois écouté son grand-père lui raconter comment des étrangers venus au-delà du mur des gardiens avaient tentés à plusieurs reprises de s'emparer des richesses de leur terre, ne trouvant au bout de leur quête que souffra...