Chapitre 4

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Au lendemain de leur repos, la villa des Al Maqdisi semblait enveloppée d'un calme trompeur. Les premières lueurs du jour perçaient à travers les vastes baies vitrées, illuminant la salle à manger où Yasser était déjà attablé, un café noir fumant devant lui. Il parcourait distraitement son téléphone, un léger froncement de sourcils trahissant son agacement. Nadjine entra peu après, son allure toujours impeccable, mais ses traits marqués par une nuit agitée.

— Nadjine : « Alors, toujours plongé dans tes messages inutiles ? »
— Yasser (sans lever les yeux) : « Mieux vaut ça que de ressasser des plans ratés toute la nuit. »
— Nadjine (sarcastique) : « Oh, je suis ravi de voir que l'humour matinal fait partie de ton arsenal. »

Le ton était piquant, mais quelque chose dans l'attitude de Nadjine trahissait une forme de nervosité. Il s'assit face à son frère, attaquant une assiette de fruits avec une méthode presque militaire.

— Yasser : « Tu comptes me dire ce qui te tracasse ou tu vas continuer à mâcher en silence ? »
— Nadjine (soupirant) : « Rien ne me tracasse. Mais... cette histoire avec Carlos. Quelque chose ne colle pas. Il savait qu'il était traqué, c'est évident. Mais par qui d'autre, à part nous ? »

Yasser haussa un sourcil, soudain plus attentif.

— Yasser : « Peut-être qu'il a d'autres ennemis. Des gens plus dangereux que toi avec ton joli costume. »
— Nadjine (sèchement) : « Je parle sérieusement. Si Carlos savait que j'étais là, c'est qu'il a des informations qu'il ne devrait pas avoir. Et si c'est le cas, cela veut dire qu'il y a une fuite quelque part. »

Le silence s'installa un instant, juste troublé par le bruit léger des ustensiles.

— Yasser (après une pause) : « Si tu veux mon avis, on devrait arrêter de jouer les chiens de garde pour papa. Il a ses raisons, mais ça commence à sentir mauvais. »
— Nadjine (avec intensité) : « On n'a pas le choix. Peu importe ce que tu en penses. »


Plus tard, dans le bureau de Salim..



Rafik observait Salim avec une curiosité non dissimulée. Le patriarche, appuyé sur le bord de son bureau, semblait plongé dans une réflexion intense.

— Rafik : « Alors, tes fils ? Tu es satisfait de leur... progression ? »
— Salim (froidement) : « Ce n'est pas une question de satisfaction. C'est une question de nécessité. Ils n'ont pas encore compris ce que je veux d'eux. »
— Rafik : « Et que veux-tu vraiment, Salim ? Les forger en leaders ou les détruire dans cette rivalité absurde ? »

Salim releva la tête, plantant son regard dans celui de Rafik.

— Salim : « Je veux qu'ils se battent. Pas seulement entre eux, mais contre tout ce qui pourrait nous menacer. S'ils survivent à ça, ils seront prêts. Sinon, ils n'auront jamais été dignes de cet empire. »

Rafik secoua légèrement la tête, un sourire cynique aux lèvres.

— Rafik : « Tu joues avec le feu, mon ami. »
— Salim : « Le feu ne m'a jamais brûlé. »

Une nouvelle convocation:

En fin d'après-midi, Salim fit appeler ses fils. Yasser arriva le premier, nonchalamment, tandis que Nadjine, plus tendu, le suivit de près. Salim les attendait dans son bureau, les bras croisés et un air grave.

— Salim : « Vous avez tous les deux rempli vos missions. Mais ce n'est qu'un début. Ce que je vous demande va au-delà de simples succès. Je veux que vous compreniez ce que signifie prendre des décisions qui impactent des vies. »

Yasser leva les yeux au ciel, mais resta silencieux. Nadjine, lui, hocha légèrement la tête, concentré.

— Salim : « Prenez le reste de la journée pour vous préparer mentalement. Demain, une nouvelle étape commence. Une étape qui demandera plus que de la ruse ou de la force. »

Les ombres de MiamiOù les histoires vivent. Découvrez maintenant