MAYA
Le salon où l'odeur de vinaigre asphyxiait en temps normal les fleurs étaient remplacés par les odeurs des peintures fraîchement séchées de la veille pour certaines. Ma génitrice faisait claquer ses talons sur le carrelage. Il était neuf de deux semaines, changé par mon géniteur lassé de l'ancienne décoration.
Tous les moyens étaient bons pour ne pas côtoyer sa femme au bord de la crise de nerf tant son futur vernissage la stressait.
Les tableaux allaient et venaient dans la grande pièce à vivre sous les indications plus qu'impératives de ma génitrice face aux employés de la galerie où elle allait exposer.
— Tu n'as pas autre chose à faire que de rester affalée devant cette émission puérile.
Elle arriva derrière moi, venant sûrement de lâcher les laisses de ses toutous. Les bras croisés, elle passa devant moi, arrachant à l'instar de mauvaises herbes mon épisode de Modern Family. L'image se coupa en deux avant que l'écran noir n'affiche son dégoût pour moi.
Elle replaça la télécommande dans son étui et me zieuta quelques instants.
— Ce n'est pas en restant à être dans cette posture que tu vas réussir à te faire connaître Maya.
Mon prénom résonnait toujours aussi laidement dans sa bouche. Mon cœur saignait un peu plus lorsque je l'entendais de celle qui me l'avait attribué.
— Puisque tu n'es pas capable de réussir à dépasser Rose Sorena en danse, améliore tes notes en classe. Ses mains manucurées où sa main gauche portait un mariage aussi mal entretenu que le laurier du voisin pinça l'arrête de son nez. Tu me fatigues tellement. Pars avant qu'une migraine ne m'empêche de travailler.
Sans un mot, les gouttes de sang du pieux qu'elle avait à nouveau enfoncé dans mon cœur marquèrent le chemin jusqu'à ma chambre.
J'ouvris le tiroir de la commande où une photo avec ma tante, la sœur de ma génitrice résidait. Mes mains récupèrent la photo.
Le soleil comme tu m'appelais rayonnait sur mon visage. J'étais partie en vacances chez elle, à la campagne.
Tous les étés j'y partais, nous peignions, faisions du jardinage.
J'imaginais même en déshabillant les pâquerettes de leurs pétales que c'était ça ma vie. Vivre au gré du soleil à perte de vue des tournesols et les peindre quand l'envie me prendrait.
Tu m'imaginerais un chapeau de paille tressé couvrant mes cheveux recouverts de peinture. Ma palette côtoyant les couleurs du crépuscule. Et les nombreuses toiles racontant chacune une histoire.
Les nuages gris me ramenèrent dans la maison où j'avais grandi. Habité par un couple ayant sûrement oublié d'acheter des protections au vu de l'amour mutuel qu'ils me portaient.
La poignée de ma fenêtre dans ma main, je récupérai mon téléphone et branchai mes écouteurs. La musique débuta, l'insouciance de la mélodie m'entraina dehors.
Là où les roses côtoyaient le dessous de ma fenêtre.
Sans un bruit, je fis le tour de la maison avant de rentrer par la porte du garage. De la poche de ma salopette je sortis la clé de mon atelier.
La petite pièce baignait dans une lumière blanche, un bel exemple du paradis, mon paradis. Plusieurs draps recouvraient mon matériel. Dans un élan l'un dévoila le projet pour lequel j'avais le plus travailler. Celui qui était l'accomplissement de beaucoup de choses. Mes yeux l'admirèrent de fierté, mon coeur fleurit en redécouvrant chaque détail. J'aurais voulu le présenter aux côtés de la fadeur des œuvres de ma génitrice. La question s'était posée dans ma tête et s'était vite fanée connaissant déjà sa réponse.
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SCOLIO'ME
RandomOn le sait tous dans l'obscurité se cache toujours un faisceau de lumière. Rose Sorena ne se doutait pas que sa vie, déjà assombrie par les brimades et les insultes qu'elle subissait quotidiennement, allait basculer dans les ténèbres à cause d'une s...