Chapitre 67 : Je préfère ta haine à ton indifférence

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Cela faisait deux heures que je patrouillais dans la cité, essayant de compenser le manque de visibilité dû à l'épais brouillard qui s'était abattu dans la cité.

Le mauvais temps avait poussé les habitants à rentrer plus tôt que prévu dans leur foyer, obligeant mon binôme et moi à avancer le début de notre patrouille.

Je progressais lentement, ayant la plus grande difficulté à voir ce qui se trouvait à plus de dix pas devant moi. Si un danger survenait cette nuit, il serait compliqué de l'éliminer tant la météo était mauvaise.

Haussant au maximum ma vigilance, j'arpentai alors prudemment les ruelles quand soudain, venant de l'arrière, une masse me plaqua contre le mur que je percuta avec violence.

Quelques secondes après, un claquement retentit près de ma tête où une main se tenait, appuyée contre le mur, immobile comme l'homme à qui elle appartenait. Gardant un silence qui me rendais nerveuse, il plongea ses yeux dans les miens puis expira lourdement avant de secouer la tête d'exaspération.

- Sais-tu ce qui est agaçant, Keya ?

- N... non je répondis avec difficulté, apeurée de me retrouver face à Hisoka au beau milieu de la nuit.

L'homme me regarda de haut, son regard emplit de colère et de domination me fit tout de suite perdre mon assurance habituelle et me fit sentir terriblement vulnérable.

- Ne pas savoir quoi faire d'un fruit qui a pourri prématurément.

Ses yeux se mirent soudainement à cligner avec une sombre lueur de mots non prononcés, qui me pénétrèrent et me déséquilibrèrent instantanément.

- Je n'ai pas le temps pour écouter tes inepties fis-je froidement en tentant de masquer ma peur. Pousse t...

Erreur. Je vais d'être réduite au silence lorsque son corps pressa le mien contre le mur. La panique s'empara de moi, réalisant que je ne pouvais du tout bouger, mais surtout lorsqu'il se pencha sur moi et, tel un animal, respira longuement mon cou.

- Tu empestes son odeur souffla t-il d'un ton grave.

Son odeur ? Attends ... c'est de Naveen dont il parle ? Comment peut-il sentir son odeur sur moi ?

- Tu n'as pas perdu de temps pour aller te jeter dans les bras de ton cher chasseur railla Hisoka en se reculant légèrement.

- Qui je vois ne te regarde pas, Hisoka.

- Vraiment ? En es-tu sûre ? il demanda en saisissant sans ménagement mon visage, plantant ses yeux féroces dans les miens.

- Pour qui te prends-tu ? Lâche-moi sale tordu ! jurai-je en tentant de défaire sa prise.

- Là tu me blesses, Keya fit-il d'un air faussement meurtri en me lâchant enfin le visage. Crois-moi, j'ai essayé de te faire sortir de ma tête, mais mes efforts ne semblent pas porter leurs fruits dit-il en prenant une respiration impatiente.

- C'est ton problème, pas le mien répliquai-je sèchement, feignant une assurance qui m'avait quittée depuis longtemps.

- Ça le devient si tu t'acharnes à t'imposer dans mes moments les plus ... privés.

Hisoka se mit à m'observer attentivement, évaluant ma réaction suite à sa confession qui sans surprise me déstabilisa complètement. Comme à son habitude, il tentait de me déstabiliser, me mettre mal à l'aise pour mieux m'atteindre. Mais ce soir, il était hors de l'eau de me laisser avoir aussi facilement.

Double je(u)Où les histoires vivent. Découvrez maintenant